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Bootsy Collins “World Wide Funk”

Dans World Wide Funk, Bootsy Collins ne déroge pas à la formule initiée il y vingt ans déjà sur Fresh Outta P University. À savoir une liste d’invité longue comme le tarin de Sir Nose et un son à mi-chemin entre tradition P-Funk et tonalités contemporaines. Les vétérans Big Daddy Kane et Doug E. Fresh côtoient ainsi la nouvelle garde représentée notamment par la chanteuse colombienne Kali Uchis ou encore le collectif rap féminin BlvckSeeds.

Bootsy 2017“Bootsy Collins was born a long, long time ago in a subterranean cavern full of shining dinosaurs deep below the Ohio River….”. Après un monologue introductif signé Iggy Pop, l’album s’ouvre sur un funk explosif dont le groove polyrythmique n’est pas sans rappeler celui du “Stretchin’ Out” du Bootsy’s Rubber Band. Placé directement à sa suite, “Bass-Rigged System” nous offre un véritable choc des titans de la quatre-cordes qui voit le bassiste étoilé croiser le manche avec Stanley Clarke et Victor Wooten.  Cette double salve introductive bénéficie de la présence de la jeune bassiste Alissia Benvetiste, qui, à grands coups de slaps, apparaît comme la caution funk d’un album souvent tiraillé par la tentation mainstream.
Passé le G-Funk matelassé de “Pusherman” et le bien nommé “Thera-P”, le funkateer cherchera en vain son latin sur des morceaux orientés club comme “Snow Bunny”, “Ladies Night” et “Hot Saucer”. Les slow tempos R’n'B “Heaven Yes” et “Hi-On-Heels” ou le plus enlevé “Candy Coated Lover” peinent également à susciter l’enthousiasme sur la partie centrale de l’album. Bootsy, dont la présence sonore se limite souvent à des interventions vocales parsemées ça et là,  réussit même l’exploit de passer pour un invité sur son propre disque.

Parenthèse bienvenue, l’émouvant hommage “A Salute To Bernie” nous offre l’occasion d’écouter une dernière fois les sonorités extraterrestres du regretté Bernie Worrell. “Hey Bernie, please don’t go”, chante Bootsy sur ce morceau bricolé à partie d’une chute enregistrée au Bootzilla Re-Hab Studio par le magicien des claviers. Une fois passé l’anecdotique country funk “Boomerang”, la ballade “Worth My While” poursuit dans cette veine nostalgique en proposant une énième variation sur le thème quelque peu réchauffé de la séminale ballade “I’d Rather Be With You” (1976). Ponctué d’emprunts cuivrés au “Standing On The Verge Of Getting It On” de Funkadelic, “Come Back Bootsy” est un jam réunissant le guitariste Eric Gales et le batteur Dennis Chambers sur un groove fiévreux rappelant l’époque où le jeune William Collins officiait chez James Brown . Efficace!  “Illusions” clôt ensuite l’album sur un funk-metal éruptif en compagnie de Chuck D. et du shredder masqué Buckethead.

Un retour en demi-teinte donc pour le bassiste emblématique du P-Funk. Si la démarche est louable, on peut regretter que Bootsy Collins s’entête dans sa course à la modernité, quitte à y perdre une partie de son public. A croire que celui auquel Iggy Pop prête des origines préhistoriques serait prêt à tout pour ne pas passer pour un dinosaure. A une époque où cette espèce de musiciens semble justement en voie de disparition avancée, il n’y a pourtant aucun problème à être Bootzilla…

Adrien Kras

Bootsy Collins World Wide Funk (Mascot Records). Disponible le 27 octobre en CD, double-vinyle et version digitale. Interview exclusive de Bootsy Collins à lire ICI.




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Interview : Bootsy Collins “Je n’ai plus besoin d’être une star”

World Wide Funk, le nouvel album de Bootsy Collins, paraît au lendemain d’une longue tournée et d’une importante intervention chirurgicale. How’s Bootsy doin’ ? Réponses du légendaire bassiste P-Funk reconverti en découvreur de talents.

★★★★★★

Funk★U : Comment va Bootsy ?
Bootsy Collins : Bootsy va très bien. L’album est terminé et c’est toujours une source de stress car malheureusement, il n’y a pas que la musique qui intervient dans ce genre de projet. J’adore enregistrer des albums, mais j’ai beaucoup tourné ces dernières années et j’en ai subi le contrecoup. J’ai été sur la route pendant quatre ou cinq ans sans m’arrêter et j’ai tout de suite enchaîné avec l’enregistrement de World Wide Funk, qui a été un sacré réveil pour moi.

Dans World Wide Funk, vous prolongez le mode opératoire de vos derniers albums en essayant de contenter à la fois les fans de P-Funk et un public plus jeune.
Oui, tout à fait. Il y a d’un côté les funkateers et de l’autre ceux qui ne le sont pas encore. En réalité, ils le sont déjà, mais ils ne savent pas encore (rires) ! Pour moi, c’est ça le vrai challenge. Bien sûr, je pourrais enregistrer un album comment on le faisait à l’époque, mais ce n’est plus tellement un défi pour moi. Mon but, c’est de rassembler l’analogue avec le digital, le P-Funk avec le hip-hop et la musique électronique. Mon autre but, c’est d’impliquer de nouvelles personnes dans mon projet, et surtout des jeunes musiciens. C’est ce qui m’inspire et me fait progresser.

Parlez-nous de ces jeunes musiciens présents sur World Wide Funk.
Bootsy 2017Il y a beaucoup d’artistes locaux originaires de Cincinnati sur cet album : les chanteurs X-Zact, Kali Uchis, Tyshawn Colquitt,  BlvckSeeds et le bassiste Alissia Benveniste que j’ai découvert en ligne. Tous ces musiciens ne bénéficient malheureusement pas d’une réelle exposition. Aujourd’hui, tout passe par les réseaux sociaux. Pour nous, c’était différent, car il fallait d’abord qu’on joue dans les clubs et tourner sans arrêt avant d’avoir une chance de passer à la radio. Il fallait aussi qu’on soit présents physiquement. Aujourd’hui, tout est complètement différent et j’ai la chance de posséder une plate-forme pour exposer ces nouveaux talents. Je n’ai plus besoin d’être une star ou d’avoir envie de le devenir. Quand j’étais adolescent, les vrais stars étaient les musiciens qui jouaient au coin de la rue, pas ceux qui enregistraient des albums. Aujourd’hui, j’utilise cette plate-forme pour passer le flambeau et je m’éclate on faisant ça.

Iggy Pop récite un texte en introduction de l’album. Comment avez-vous eu cette idée ?
Je connais Iggy depuis les années 1990, à l’époque où on faisait des festivals avec Dee-Lite. Récemment, j’ai enregistré une reprise de « Purple Haze » avec lui et sur laquelle je joue de la basse. J’étais en train d’enregistrer World Wide Funk en même temps et j’ai eu l’idée de lui proposer un échange en l’invitant sur mon disque. Le problème c’est que je ne savais pas ce que j’allais lui demander, mais Iggy m’a envoyé ce spoken-word génial qu’on a placé au début du disque. Il s’agit juste d’un extrait, son texte était beaucoup plus long à l’origine…

« Bass-Rigged-System » avec Victor Wooten et Stanley Clarke est incontestablement le sommet funky de l’album.
Yeah, the bass-player special (rires) ! Pour ce titre, j’ai commencé par enregistrer un instrumental avant de l’envoyer à Stanley et Victor. J’aurais adoré ajouter d’autres bassistes sur ce titre, mais pouvoir jammer avec Stanley et Victor, c’est déjà énorme ! Il y a aussi Manou Gallo, une bassiste d’origine ouest-africaine, sur ce morceau. Elle est extrêmement douée et je suis en train de travailler sur son propre disque.

Bootsy Bernie

Bootdy et Bernie Worrell (1995)

World Wide Funk comprend également « A Salute To Bernie », un hommage à votre partenaire de longue date Bernie Worrell, disparu l’an dernier.
« A Salute To Bernie » a été enregistré il y a plusieurs années, vers 2011 ou 2012. Bernie avait toujours son clavier installé dans le Bootzilla Re-Hab Studio et on a enregistré beaucoup de titres qui ne sont jamais sortis. Lorsque Bernie est décédé, je suis retourné vers ces morceaux car il fallait qu’il soit présent sur ce disque. J’ai retrouvé un titre où Bernie est pratiquement seul aux claviers et j’ai juste eu à ajouter une partie de basse et ma voix pour le terminer…

Beaucoup de grands artistes soul/funk ont disparu ces dernières années. Avec George Clinton, vous faites partie des légendes du funk encore actives. Pourquoi ne pas collaborer ensemble à nouveau ?
Pour pouvoir le faire, il faudrait que toutes les conditions soient réunies. Refaire le truc comme à l’époque, c’est bien, mais essayer de le faire encore mieux serait plus juste. Chaque fois que les Rolling Stones se réunissent, ça  donne un truc énorme et ils se donnent les moyens de faire un grand show pour le plus grand plaisir des fans. C’est ce qu’il faudrait faire, car on aurait besoin d’un plus grand Mothership (rires) ! Ça serait super, mais c’est surtout une question de budget pour que tout le monde soit payé correctement et qu’il n’y ait pas d’embrouilles à l’arrivée. Ça ne s’est jamais passé, car ces choses sont toujours compliquées. Et pourquoi rejouer les mêmes titres ? Jimi Hendrix en avait marre aussi de jouer toujours ses vieilles chansons sur scène car les gens ne voulaient pas entendre ses nouveaux titres. Le seul moyen de sortir de ça, c’est de faire ce que je fais en ce moment.

Vous avez annulé un concert à Paris l’été dernier. Aura-ton la chance vous revoir sur scène prochainement ?
Je ne suis pas en mesure de partir en tournée actuellement. Je suis en train de récupérer de mon opération chirurgicale et j’ai encore du mal à conserver mon équilibre car je n’ai pas encore tout à fait retrouvé mon oreille interne. À cause de ce problème d’oreille interne, je ne suis pas autorisé à prendre l’avion pour des questions de décompression. On m’a conseillé d’attendre jusqu’à l’année prochaine, mais une fois que j’aurai récupéré mon équilibre, je serai prêt à remonter sur scène. J’espère pouvoir revenir vous voir bientôt pour vous donner une nouvelle dose de P-Funk. Je sais que vous en avez envie, et vous savez que j’ai envie de vous la donner. Keep that funk alive, baby. We will be there funkin’ in your ass and dig in your earhole. WIND ME UP ! HIT ME !

Propos recueillis par Christophe Geudin. Remerciements à Olivier Garnier et Adrien Kras.

Bootsy Collins World Wide Funk (Mascot Records). Disponible le 27 octobre en CD, double-vinyle et version digitale.




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Audio : Bootsy Collins “Hot Saucer (feat. Musiq Soulchild & Big Daddy Kane)”

J-13 avant la sortie de World Wide Funk, le nouvel album de Bootsy Collins attendu le 27 octobre.

À mi-chemin entre les racines P-Funk du bassiste vedette de la galaxie Clintonienne, ce nouveau recueil vise également le dancefloor, comme l’atteste ce “Hot Saucer” comprenant les participations de Musiq Soulchild et du rappeur Big Daddy Kane.

Découvrez ci-dessus “Hot Saucer” featuring Musiq Soulchild & Big Daddy Kane.


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Vidéo : Bootsy Collins “Ladies Nite”

Dans un petit plus d’un mois, World Wide Funk, le nouvel album de Bootsy Collins, atterrira dans les bacs. Partagé entre extravagances P-Funk et tentations dancefloor, cet opus réalisé en compagnie d’invités multiples et attendu le 27 octobre dévoile aujourd’hui un nouvel extrait accompagné de son vidéo-clip animé.

Découvrez ci-dessus la vidéo de “Ladies Nite” feat. MC Eiht & BlvckSeeds.


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“World Wide Funk”, le nouvel album de Bootsy Collins en octobre

Le nouvel album de Bootsy Collins World Wide Funk est annoncé pour le 27 octobre prochain sur le label Mascot Records. Comme il est désormais de coutume avec Bootzilla, la tracklist fait la part belle aux invités.

“Bootsy Collins was born a long, long time ago in a subterranean cavern full of shining dinosaurs deep below the Ohio River…”. Parmi les titres marquants de ce nouveau cru introduit par un spoken-word d’Iggy Pop, “Bass-Rigged-System” offre un délirant festival de quatre-cordes en compagnie de Victor Wooten, Stanley Clarke, Manou Gallo et Alissia Benveniste. Dans le mid-tempo “A Salute To Bernie” rend hommage au regretté Bernie Worrell, salué comme “la clé du P-Funk” et l’album s’achève par le redoutable double assaut des sept minutes 21 de “Come Back Bootsy”, où l’on retrouve l’über-batteur Dennis Chambers et le guitariste Eric Gales, puis du final “Illusions”, où Chuck D. rappe sur les solos insensés de Buckethead. On trouve également dans World Wide Funk une tentation Daft Punkienne avec Musiq Soulchild “Hot Saucer” et un “Snow Bunny” taillé pour le dancefloor featuring Tyshawn Colquitt. Les défunts John Blackwell, Jabo Starks et Clyde Stubblefield font également partie des crédits du premier album solo de Bootsy Collins depuis The Funk Capital of the World, en 2011.

Le single « Worth My While », une ballade dans la plus -P-ure tradition du Bootsy’s Rubber Band, est d’ores et déjà disponible en ligne et visible ci-dessous. De quoi consoler les funkateers déçu par l’annulation de la dernière tournée européenne du bassiste étoilé…

Adrien Kras

Tracklisting :
1. World Wide Funk (feat. Doug E. Fresh, Buckethead & Alissia Benveniste)
2. Bass-Rigged-System (feat. Victor Wooten, Stanley Clarke, Manou Gallo, Alissia Benveniste & World-Wide-Funkdrive)
3. Pusherman (feat. Dru Down, BlvckSeeds , Mr. Talkbox)Bootsy 2017
4. Thera-P (feat. Tyshawn Colquitt & Alissia Benveniste)
5. Hot Saucer (feat. Musiq Soulchild & Big Daddy Kane)
6. Heaven Yes
7. Ladies Nite (feat. MC Eiht & BlvckSeeds)
8. Candy Coated Lover (feat. X-Zact, Kali Uchis & World-Wide-Funkdrive)
9. Snow Bunny (feat. Tyshawn Colquitt, Snowbunny & World-Wide-Funkdrive)
10. Hi-On-Heels (feat. October London)
11. A Salute To Bernie (feat. Dr. G. Bernie Worrell)
12. Boomerang (feat. Justin Johnson)
13. Worth My While (feat. Kali Uchis)
14. Come Back Bootsy (feat. Eric Gales, Dennis Chambers & World-Wide-Funkdrive)
15. Illusions (feat. Chuck D, Buckethead & BlvckSeeds)

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