En 1976, Michael Lang, créateur du mythique Woodstock en 1969, débarque sur la Côte d’Azur avec une idée folle : recréer le légendaire festival en Provence, au Castellet : Riviera 76’.
Pendant trois jours, hippies, rock stars et figures troubles de la mafia se croisent dans un décor hallucinant : une affiche vertigineuse — Joe Cocker, Gil Scott-Heron, The Crusaders, Jimmy Cliff, John McLaughlin & Shakti, Magma, Betty Davis — portée par un arsenal technique importé des États-Unis et d’Angleterre. Les organisateurs misent sur la venue de 100.000 festivaliers, la production d’un film et d’un album live pour inscrire l’événement dans la grande histoire de la Pop Culture.
Mais la légende annoncée se transforme en mirage. Entre organisation chaotique, tensions en coulisses et mafieux en embuscade, Riviera 76′ disparaît aussitôt qu’il a existé. Un échec… mais pour ceux qui y étaient, un moment gravé dans leur mémoire à jamais. Cinquante ans plus tard, des centaines de bobines 16 mm et des dizaines d’heures de sons, exhumées d’une cave, refont surface. Pourquoi le film n’a-t-il jamais vu le jour ? Que sont devenus les acteurs de cet événement qui a tourné à l’échec ? Quelles performances scéniques pendant ces deux jours de rassemblement ?
Réalisé par Christophe Duchiron, le documentaire Riviera 76′ offre ces archives inédites, croisées aux témoignages des artistes, techniciens et festivaliers, et incluant pour la première fois des images filmées de la performance de Gil Scott-Heron (qui lui inspirera la chanson “Racetrack in France“) et de l’unique concert français de Betty Davis, interprétant “Steppin in Her I. Miller Shoes” (en 2017, le documentaire Betty: They Say I’m Different n’offrait que des séquences au ralenti).
“J’avoue avoir été totalement scotché par la moindre image de Betty Davis (présentée dans le documentaire comme l’égérie d’un certain Jimi Hendrix)”, rapporte l’Hendrixologue Yazid Manou, un des premiers spectateurs enthousiastes de Riviera 76′. “Sachant que ce serait forcément court, je m’apprêtais même à compter dans ma tête les secondes de ses apparitions !! J’ai vite abandonné l’idée tellement j’ai été absorbé par ces archives totalement inédites qui défilaient devant mes yeux. Au final, on l’a voit sur scène pendant environ 5 minutes miraculeuses (sur les 50 de sa prestation). C’est sans conteste la “star” du film : on l’entend chanter, on la voit danser et s’éclater sur scène. Sans offense pour les autres artistes, le réalisateur savait qu’il tenait quelque chose de miraculeux et unique ! Ces quelques minutes confirment tout ce l’on a pu lire sur l’érotisation de ses déhanchements. On comprend qu’elle ait pu affoler l’industrie musicale à l’époque ! Au final, on ressent un étrange mélange de grande satisfaction, mais aussi de frustration parce que ces quelques minutes sont bien trop courtes. Le documentaire va forcément susciter de l’intérêt hors de France parmi tous les amateurs de black music quand l’info va commencer à circuler…D’après les discussions que je n’ai pas manqué d’avoir avec les responsables après la projection, nous n’allons certainement pas en rester là à propos de madame Betty Davis au Castellet. Mais en attendant, réjouissons-nous de la diffusion prochaine de ce film à la télévision française.”
Riviera 76, le Woodstock oublié disponible sur la plateforme France TV à partir du 24 juillet. Diffusion sur France 5 en septembre.
