Plunky

“African Rhythms 1970-1982″, l’anthologie de Oneness of Juju et Plunky J. Branch

Pour inaugurer un nouveau partenariat avec le label indépendant Black Fire, Strut Records publiera le 10 juillet prochain une compilation définitive consacrée au groupe Oneness of Juju, mené par Plunky J. Branch, dans une version entièrement remasterisée et agrémentée de documents inédits.

African Rhythms 1970-1982 reprend une compilation sortie sur Strut en 2001, et a été entièrement remasterisé par Frank Merritt au studio The Carvery. Le disque est accompagné d’un livret contenant des photos rares, une longue interview avec Plunky Branch et des notes de pochette signées Chris Menist.

Remontant jusqu’aux premiers travaux du groupe dans les années 1970 – aux côtés du jazzman sud-africain exilé à San Francisco Ndikho Xaba – cette compilation revient sur la période où le groupe évoluait au sein de la scène loft jazz de New-York, la formation Plunkydu groupe Juju et la publication de deux albums emblématiques de jazz percussif sur le label Strata-East. “Je me voyais comme un guerrier culturel” se souvient Plunky. “Nous avions étudié l’Afrique et essayions d’infuser notre musique de son esprit”.

De retour dans sa ville natale de Richmond, en Virginie, au milieu des années 70, Plunky réunit un superbe nouveau groupe de musiciens et chanteurs pour créer la nouvelle incarnation du groupe, Oneness of Juju, gardant l’influence africaine mais mélangeant sa musique au funk et au R&B sur l’album classique African Rhythms. “Nous avons réalisé que si nous ajoutions un beat aux rythmes afro-cubains, les gens de Richmond ou de Washington DC se sentiraient davantage concernés par la musique et que ça ne changerait rien à notre message”.

Ce virage donne lieu à une série de classiques soul-jazz parus sur le label de Jimmy Gray Black Fire, parmi lesquels “River Luv Rite”, “Plastic”, “Don’t Give Up” ainsi que leur plus gros hit international “Every Way But Loose” en 1982, remixé plus tard par Larry Levan. Le groupe bénéficie d’un regain d’intérêt au milieu des années 80 quand les innovateurs du go go de Washington le citent comme une influence majeure et que les DJ spécialisés en rare grooves inondent les dancefloors londoniens de la musique de Oneness of Juju.

African Rhythms 1970-1982 sera disponible le 10 juillet en versions CD, 3-LPs et digitale

 


Patrice Rushen une

Patrice Rushen : “Mon label n’aimait pas Forget Me Nots”

Les années groove de Patrice Rushen sont à l’honneur dans la rétrospective Remind Me – The Classic Elektra Recordings 1978-1984. À la veille d’une campagne de réédition de son catalogue et d’un futur retour sur scène en solo, la virtuose des claviers revient sur une période phare de sa carrière. 

★★★★★★★★

Funk★U : L’anthologie Remind Me - The Classic Elektra Recordings revient sur les années groove de votre discographie. Vous avez démarré votre carrière dans le jazz. Cette évolution vers le R&B et le disco-funk a-t-elle été naturelle ?
Patrice Rushen : Oui, très naturelle. Ce sont des musiques que j’entendais depuis toujours. À côté du jazz traditionnel, j’écoutais les disques de la Motown, mais aussi les Beatles et beaucoup de pop music. Il n’y avait pas de catégories, le seul critère, c’était le plaisir que ces musiques procuraient, et c’était exactement ce que je voulais retrouver dans ma propre musique.

Pensez-vous que votre signature sur le label Elektra a encouragé cette évolution ?
Oui, je le pense. Elektra m’a donné une plateforme où les budgets de production étaient plus confortables. Je pouvais développer les arrangements, écrire pour les cordes et les cuivres tout en conservant le sens de l’improvisation et, surtout, celui du groove.

Patrice, votre premier album, est paru en 1978. Vous l’avez écrit, produit, arrangé et interprété, ce qui était une chose rare pour une artiste féminine à l’époque.
C’est vrai, je ne vois pas beaucoup d’exemples similaires… Mon entourage et mes proches m’avaient beaucoup encouragé depuis le lycée. La majorité de l’industrie musicale était alors dirigée par des hommes, et la plupart des groupes étaient composés de musiciens masculins, mais tout le monde m’a traité avec respect car j’étais une musicienne sérieuse et j’avais vraiment envie de jouer avec le plus de monde possible, au plus haut niveau. Pour y arriver, j’ai quand même dû fournir des efforts supplémentaires, car certaines personnes estimaient que je n’allais pas être à la hauteur. Malgré tout, ça ne m’a pas vraiment inquiété, et je n’ai jamais eu à m’en plaindre.

Patrice Rushen x

(Photo : Bobby Holland)

Lors de cette période, vous passez également d’instrumentiste à lead singer. Cette transition a-t-elle été facile ?
Oh oui (rires) ! J’en ris aujourd’hui car ce n’était vraiment pas prévu. J’adore chanter, mais avant de signer chez Elektra, je me servais uniquement de ma voix pour souligner les mélodies et ajouter un élément supplémentaire à ma musique. Passer en lead faisait partie de mon apprentissage, car j’avais besoin d’ajouter cette couleur supplémentaire à ma palette pour compléter mon évolution… J’ai aussi eu la chance de pouvoir travailler avec ma soeur Angela Rushen. C’est une excellente songwriter et elle a signé de nombreux textes sur tous ces albums. Elle a toujours été très à l’aise avec les mots, elle est devenue journaliste par la suite, et ça rendait les choses plus simples pour moi de l’avoir à mes côtés.

Les crédits de vos albums Elektra sont assez impressionnants : James Gadson, Paul Jackson, Jr., Larry Williams, Al McKay…
J’ai grandi à Los Angeles et tous ces musiciens étaient déjà des amis. J’avais rencontré Al McKay lorsqu’il jouait avec Earth Wind and Fire. À leurs débuts, ils avaient l’habitude de répéter dans mon lycée et notre professeur de musique nous avait demandé de leur donner un coup de main pour installer leur matériel, ranger la salle etc. J’avais quinze ans et je connaissais déjà tous les membres du groupe. Nous sommes devenus amis et lorsque j’ai enregistré mes premiers albums, j’avais des sons précis dans ma tête et je voulais qu’Al soit mon guitariste, ce qui ne lui a posé aucun problème. Plus tard, j’ai croisé James Gadson lors d’une séance studio. Après l’enregistrement, il est venu me voir et m’a dit : « je connais ta musique, je suis fan. » Je n’en croyais pas mes oreilles (rires) ! Après ça, ça été très facile de l’engager…

Patrice Rshen studio 1980

En studio à Los Angeles en 1980 (photo : Bobby Holland)

Avez-vous recruté personnellement tous les musiciens présents sur ces albums ou était-ce le choix du label ?
Oui, car Elektra ne s’impliquait pas réellement dans cet aspect de l’enregistrement. Ils voulaient simplement que la musique reflète une certaine sensibilité : du jazz, de la soul et du R&B accessibles, capables de faire danser et susceptibles de passer à la radio. C’était bénéfique pour moi, car j’avais les moyens de m’exprimer comme je le souhaitais. J’avais carte blanche. En revanche, ils faisaient la promotion des albums avec beaucoup de retard au lieu d’anticiper un éventuel succès…

Quelle est la signification de Pizzazz, le titre de votre album paru en 1979 ?
C’était un nom de code en studio entre musiciens. Chaque fois qu’on enregistrait quelque chose de spécial, de différent, on se disait « oh, that’s pizzazz ! ». Il n’y a pas vraiment de sens, c’était juste une expression qui sortait lorsqu’on sentait qu’on venait de créer un moment unique. « Haven’t You Heard », le premier single de Pizzazz, en faisait partie avec son introduction de cordes qui ne ressemblait pas à quelque chose de connu. Je me souviens que lors de la séance, les membres de l’orchestre étaient ravis de pouvoir jouer une chose dont ils n’avaient pas l’habitude. Et ils ne savaient pas qu’ils allaient être samplés des années plus tard (rires) !

On trouve dans Pizzazz une des vos plus belles ballades, « Seattle For My Love ».
Comme la plupart de mes chansons, tout commence par une idée de piano. Ensuite, la grille d’accords et la mélodie orientent le feeling général de la chanson. J’avais donné des idées à ma soeur pour qu’elle écrive des paroles de « Seattle For My Love » en lui disant qu’il s’agissait d’une chanson d’amour au message très clair. Le bassiste Freddie Washington vivait chez ma famille à l’époque, et nous avions passé beaucoup de temps à travailler l’arrangement sur mon petit magnétophone quatre-pistes. On rembobinait sans cesse la bande jusqu’au moment où nous avons trouvé la structure et le tempo idéal.

« Forget Me Nots », le plus grand hit de votre carrière, figure dans l’album Straight From The Heart, sorti en 1982. Vous souvenez-vous de la genèse de sa création ?
Oui, très clairement. Je répétais chez moi avec Freddie, on était en train de jammer et j’ai fait une pause pour aller boire un verre d’eau dans la cuisine. C’est à ce moment que j’ai entendu Freddie jouer une ligne de basse. J’ai immédiatement branché le magnétophone, il l’a rejouée et elle était tellement parfaite qu’il n’y a pas eu besoin d’ajouter quoi que ce soit. Il fallait juste écrire des accords autour de cette ligne de basse pour en conserver l’énergie, et comme ça que le morceau est né. Une fois de plus, le processus était très organique : on partait juste d’une idée intéressante qu’il fallait développer… Le plus drôle dans cette histoire, c’est qu’Elektra n’a pas aimé « Forget Me Nots » lorsqu’ils l’ont entendue pour la première fois ! Ils n’aimaient pas l’album non plus, même s’il contenait aussi « Remind Me » et « Number One » qui allaient également devenir des hits. C’était aussi une leçon pour nous : on croyait en notre musique et après cette expérience, nous avons commencé à donner des titres aux DJs pour découvrir les réactions dans les clubs. C’était la meilleure manière de savoir si un titre allait marcher, sans tenir compte de l’avis de la maison de disques. Nous avions aussi décidé de payer nous-mêmes les passages en radio, et c’est comme ça que « Forget Me Nots » a décollé instantanément.

Et deux ans plus tard, vous avez quitté Elektra.
Tout à fait (rires) ! Ils ont tout de même été très généreux avec moi, car au départ, ils ignoraient comment encourager une musique qui fusionnait tous ces éléments en même temps. Il n’y avait pas de plan marketing pour une musique qui appartenait à la fois au jazz, à la pop, à la R&B et à la dance music. Au final, il n’y avait pas de problème une fois qu’on appréciait le résultat. On voulait simplement le faire découvrir à ses amis, et on ne se souciait pas de son genre. Je suis très heureuse d’avoir brouillé ces frontières musicales, et je pense que cette volonté de ne pas vouloir catégoriser la réunion de ces genres a contribué à enrichir ma musique. C’est aussi ce qui la rend intemporelle, et c’est sans doute pour cette raison qu’elle est toujours d’actualité. Aujourd’hui, on ne la catégorise plus, on l’aime simplement et c’est le plus grand des compliments.

Depuis quelques années, vous êtes enseignante en plus d’être musicienne.
J’enseigne à l’U.S.C. (University of Southern California) Thornton School of Music de Los Angeles. Je dirige le Popular Music Program. Ce programme a été crée il y a dix ans, il est destiné aux étudiants en musique qui ne souhaitent pas suivre les programmes standards de jazz ou de musique classique. Il contient néanmoins des cours de musicologie et d’histoire de la musique. Nous enseignons l’histoire la pop music et son répertoire aux étudiants afin qu’ils comprennent qu’on ne peut avoir de Bruno Mars sans Jackie Wilson, James Brown, Prince ou Michael Jackson. Ils comprennent ainsi les connexions qui relient tous ces artistes et ils peuvent construire une base théorique à partir de laquelle ils pourront créer. Dans ce programme, on apprend aussi aux musiciens à pratiquer l’apprentissage de leur instrument en groupe, ce qui peut les faire progresser plus rapidement. Ce programme se rapproche au mieux de l’apprentissage d’un musicien appelé à devenir polyvalent, une qualité très importante de nos jours. Je suis très heureuse d’y participer et sur un plan personnel, c’est un vrai plaisir de pouvoir faire profiter de mon expérience et de passer le relais à mon tour.

Signature, votre dernier album studio, est paru en 1997. Avez-vous de projets solo en marge de cette série de rééditions ?
Yeah ! Je travaille sur quelque chose en ce moment, et la sortie de cette compilation et de ces rééditions va logiquement entraîner une demande pour des concerts. J’adorerais rejouer ces titres sur scène et je pense que le timing est bon car le public est aujourd’hui prêt à m’entendre jouer mes hits, mais pas seulement… Ces titres sont également appréciés par les nouvelles générations, notamment grâce au sampling, et j’ai très envie de partager ma musique avec ce nouveau public.

Propos recueillis par Christophe Geudin. Portrait d’ouverture : Sabrina Mariez.

Patrice Rushen Remind Me – The Classic Elektra Recordings 1978-1984 (Strut Records). Disponible le 19 juillet en versions 2-CDs, triple-vinyle et digitale. Rééditions prochaines en versions remasterisées de la discographie de Patrice Rushen.

Patrice Rushen 2019


Patrice Rushen, les années Elektra en CD et vinyle

Le label londonien Strut Records présente Remind Me : The Classic Elektra Recordings 1978-1984, la première rétrospective définitive des années Elektra / Asylum de Patrice Rushen, l’icône soul/jazz/funk/disco des années 1970 et 80. Remind Me réunit pour la première fois le meilleur de la carrière de Patrice Rushen, se concentrant sur les versions 12’ et les morceaux samplés les plus populaires. Les titres ont été soigneusement remasterisés par The Carvery à partir des bandes originales.

Les formats CD et 3LP incluent une nouvelle interview exclusive de l’artiste ainsi que des photos rares issues de sa propre collection. Arrivée chez Elektra après trois albums avec le label de jazz Prestige, Patrice Rushen avait démontré très tôt un talent prodigieux, s’installant une première fois dans le paysage musical après avoir remporté un concours la propulsant au festival de jazz de Monterrey en 1972. Au moment de ces enregistrements, elle est une musicienne et arrangeuse prolifique et convoitée sur la côte ouest, apparaissant sur plus de 80 productions d’autres artistes. Elle rejoint Asylum en 1978, année de création d’une sous-division pop / jazz, et figure aux côtés de visionnaires tels que Donald Byrd et Grover Washington, Jr. « L’idée était de créer une musique qui puisse toucher les radios commerciales R&B » explique Patrice. « Nous proposions une formule dansante mais sophistiquée. »

S’appuyant sur certains des plus grands musiciens de L.A. comme le saxophoniste Gerald Albright, le batteur Leon ‘Ndugu’ Chancler et le bassiste Freddie Washington, avec une approche découlant de sa formation orientée vers le classique et le jazz, Patrice proposait une musique plus riche et complexe que la concurrence soul-funk de l’époque. « Les musiciens de L.A. n’étaient pas tellement enfermés dans la tradition. Aucun d’entre nous n’avait pour habitude de se brider, et le label nous a laissé prendre notre propre direction » se souvient Patrice.

Patrice Rushen entame l’ère Elektra avec les classiques « Music Of The Earth » et « Let’s Sing A Song Of Love », qui figurent parmi les premiers titres où elle s’affirme en tant que chanteuse. En 1979, elle livre sur l’album Pizzazz le disco « Haven’t You Heard » ainsi que l’une de ses plus grandes ballades, « Settle For My Love ». « Même si les ballades vous rendent plus vulnérable en tant qu’artiste, car souvent très personnelles, je pense que le public apprécie cette sincérité. » À mesure que sa confiance en tant qu’auteure et interprète grandissait, la production et les arrangements de ses albums se voulaient toujours plus exigeants. L’hymne des dancefloors « Never Gonna Give You Up » et l’album Posh en 1980 vont la conduire jusqu’à son album phare deux ans plus tard. Peu soutenue par son label à ce moment-là, Patrice et son équipe de production financent personnellement une campagne de promotion du premier extrait de Straight From The Heart, « Forget Me Nots ». L’album se retrouve nominé aux Grammy et le single atteint la 23èmeplace du Billboard Hot 100, devenant un tube intemporel et parvenant à un sommet de popularité lorsque Will Smith sample le morceau pour la BO du film Men In Black.

Avec des chansons plus dépouillées et synthétiques comme « Feel So Real » et « To Each His Own », le dernier album de Patrice Rushen pour Elektra, Now, maintient le niveau d’exigence des précédents. Le disque conclura un âge d’or créatif pour l’américaine, qui demeure une légende pour les amateurs de soul et de disco du monde entier.

Remind Me : The Classic Elektra Recordings 1978-1984 sera disponible en éditions 3-LPs, CD et digitales le 19 juillet.

Tracklisting

1. MUSIC OF THE EARTH

2. LET’S SING A SONG OF LOVE

3. WHEN I FOUND YOU

4. HAVEN’T YOU HEARD (12” version)Patrice Rushen 2019

5. GIVIN’ IT UP IS GIVIN’ UP with DJ Rogers

6. FORGET ME NOTS (12” version)

7. LOOK UP! (Long version)

8. WHERE THERE IS LOVE

9. NEVER GONNA GIVE YOU UP (WON’T LET YOU BE) (Long version)

10. NUMBER ONE (12” version)

11. ALL WE NEED

12. REMIND ME

13. SETTLE FOR MY LOVE

14. FEELS SO REAL (WON’T LET GO) (12” version)

15. TO EACH HIS OWN


Sun Ra une

Sun Ra “Singles : The Definitive 45′s Collection” le 25 novembre

Un an après la compilation To Those of Earth… And Other Worlds réalisée par Gilles Peterson, Strut Records remettra Sun Ra à l’honneur le 25 novembre avec Singles : The Definitive 45′s Collection, un triple-CD réunissant tous les singles du jazzman cosmique enregistrés entre 1952 et 1991. Les amateurs de vinyles pourront également se procurer une première anthologie basé sur les années 1952-1961 (volume 2 à paraître en 2017), mais aussi un coffret 45-tours comprenant 10 singles dans une édition limitée à 500 exemplaires. Informations et tracklistings

Communiqué de presse : sun-ra-singles_WEB

La discographie ébouriffante de Sun Ra ne cesse de mettre au défi les collectionneurs les plus dévoués. Parallèlement à une très longue liste d’albums, le jazzman américain a publié de nombreux 45s tout au long de son voyage cosmique. En étroite collaboration avec ses ayants droit et grâce aux archives de ces derniers, c’est avec fierté que Strut présente aujourd’hui une collection définitive des singles les plus rares de Sun Ra, couvrant la période 1952-1991.

Sortis de façon prolifique durant les années 1950 et plus sporadiquement par la suite, principalement sous le label Saturn, ces 45-tours reflètent son univers « Space-Bop », cette vision avant-gardiste qui marquera l’histoire du jazz et lui vaudra ce statut de légende mystique. À l’instar de ses albums, la plupart de ces singles furent pressés en petites quantités et sont depuis devenus extrêmement convoités. Singles : The Definitive 45′s Collection réunit des titres réédités et remasterisés pour la première fois, ainsi que des photos rares, les liner notes signées Francis Gooding, une interview d’Alton Abraham (fondateur du label Saturn) par John Corbett et un piste par piste détaillé du critique Paul Griffiths.

Sun-Ra-Singles-LP-product-shot

Édition triple-vinyle

 


Capture d’écran 2015-11-07 à 09.19.03

Gilles Peterson présente Sun Ra and his Arkestra

” J’ai rêvé que je devais jouer “Love In Outer Space” déguisé en Sun Ra dans une version futuriste de X-Factor”, explique Gilles Peterson dans le généreux livret de la compilation To Those of Earth… And Other Worlds. Disponible en versions 2-CDs et double-vinyle+CD, cette anthologie personnalisée de Sun Ra and his Arkestra aligne 34 titres puisés parmi les 125 (!) albums du Flash Gordon du cosmic jazz à côté duquel les délires afronautes de George Clinton passeraient pour des trajets en TER.

GP-Sun-Ra-final-hi-res-cover-300x300Comme c’est le cas dans toutes les compilations de choix de Gilles Peterson, l’intégrité des titres est respectée et To Those of Earth… And Other Worlds s’écoute comme une mixtape de près de deux heures alternants jazz progressif (“Sleeping Beauty, 1979″), instrumentaux proto-Floydiens (“India”), chansons doo-wop (‘”Dreaming”, 1955) et extraits live, dont un “Space is the Place” capturé à Zurich en 1987. La présence de titres rares disponibles pour la première fois en CD et plusieurs inédits capturés sur les scènes françaises en 1980 agrémentent également une anthologie susceptible de fournir une excellente porte d’entrée dans l’univers parallèle de Sun Ra.

 

Gilles Peterson Presents Sun Ra and His Arkestra To Those of Earth… And Other Worlds (Strut Records/Universal). Disponible.

Tracklisting:

CD 1
1. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – CALLING PLANET EARTH
2. SUN RA – SUN SONG
3. THE COSMIC RAYS WITH SUN RA AND THE ARKESTRA – DREAMING
4. SUN RA AND HIS ARKESTRA – INDIA
5. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – SPACE LONELINESS
6. SUN RA AND HIS INTERGALACTIC INFINITY ARKESTRA – LOVE IN OUTER SPACE (Vocal)
7. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – ADVENTURE-EQUATION
8. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – SPONTANEOUS SIMPLICITY (Stereo version)*
9. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – BRAZILIAN SUN
10. SUN RA QUARTET FEATURING JOHN GILMORE – WHEN THERE IS NO SUN
11. SUN RA AND HIS ASTRO INFINITY ARKESTRA – MY BROTHER THE WIND
12. SUN RA AND HIS ARKESTRA – MYSTERY, MR. RA*
13. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – BLACK SKY AND BLUE MOON
14. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – WATUSA
15. THE SUN RA ARKESTRA – THE WORLD OF AFRICA
16. SUN RA AND HIS SOLAR ARKESTRA – CLUSTER OF GALAXIES
17. SUN RA AND HIS ARKESTRA – STRANGE WORLDS (Live In France)**
18. SUN RA AND HIS BLUE UNIVERSE ARKESTRA – BLACKMAN

CD 2

1. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – TWILIGHT
2. SUN RA AND HIS INTERGALACTIC MYTH SCIENCE SOLAR ARKESTRA – SLEEPING BEAUTY
3. SUN RA – MOOG SOLO (Live In France)**
4. SUN RA AND HIS ARKESTRA – THEY PLAN TO LEAVE
5. SUN RA AND HIS SOLAR ARKESTRA – REFLECTS MOTION (Part 1)
6. SUN RA AND HIS ARKESTRA – CHILDREN OF THE SUN
7. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – WE TRAVEL THE SPACEWAYS
8. SUN RA AND HIS ARKESTRA – ASTRO BLACK (Live In Zurich)**
9. SUN RA AND HIS MYTHIC SCIENCE ARKESTRA – SOMEBODY ELSE’S IDEA (Live In Paris)
10. SUN RA AND HIS ARKESTRA – I ROAM THE COSMOS
11. SUN RA AND HIS SOLAR ARKESTRA – ON JUPITER
12. SUN RA – THERE ARE OTHER WORLDS (THEY HAVE NOT TOLD YOU OF)
13. SUN RA AND HIS INTERGALACTIC INFINITY ARKESTRA – THE ALL OF EVERYTHING
14. SUN RA – ENLIGHTENMENT
15. SUN RA AND HIS ARKESTRA – MAKE ANOTHER MISTAKE
16. SUN RA AND HIS ARKESTRA – SPACE IS THE PLACE (Live In France)**

* Previously unreleased on CD
** Previously unreleased


Desert vuolo strut cover - vignette

Réédition Music Library : A. Vuolo E. Grande – Desert (1979)


Publiée le 20 avril 2013 par le label anglais Strut Records pour le Record Store Day, cette compilation de Library Music sortie à l’origine en 1979 chez Radium est passée inaperçue. Pourtant, ce disque écrit et arrangé par Antonio Vuolo & Elio Grande est sans doute le plus funky de l’édition 2013 avec avec le 10 pouces inédits de la smala Sly Stone. Un concentré de neufs pépites instrumentales de rock progressif où les claviers vintage se bousculent aux portillons. Cette réédition réalisé d’après les masters analogiques originaux n’est disponible qu’en vinyle ou au format digital.

Musicians
Antonio Vuolo : Mini Moog, Fender Rhodes, Piano Steinway, Clavinet, Vibraphone, Hammond B3
Rino Diafero : Fender Stratocaster, Martin, Ramirez, Fender Precision Bass
Elio Grande : Jazz Fender Bass, Guild Ramirez
Gege’ Munari : Percussion

Side 1
1 Take Flight 5:00
2 Drops In The Wind 4:22
3 Leaving 4:23
4 Soft Melody 2:09

Side 2
1 Desert 4:50
2 Blow Bubbles 3:31
3 Transvesuvian 3:42
4 Creation 2:26
5 The End 1:28

 




KPM

Chronique : Music For Dancefloors/The KPM Music Library (Strut, 2013)

Plus obscur que le deep-funk où l’on traque le 45-tours pressé à moins de cinquante exemplaires : la Music Library. Typiquement européenne, la pratique consiste pour les labels spécialisés sur le créneau, à faire composer et enregistrer par des musiciens maison des titres destinés à illustrer films, documentaires, jeux télé, séries ou, pour les plus déviants, animations powerpoint de mariage. Puis à presser tout ça en regroupant les morceaux par ambiances ou genre. Ou les deux. Un disque de music library s’écoute souvent dépourvu de tout aspect ludique : le réalisateur y cherchera la bande son de son œuvre quand le digger acharné s’épuisera les oreilles à débusquer le « killer track » enfoui. KPM est l’un de ces labels. Pochette verte, logo en haut à droite et titre en bas, esthétique visuelle immuable. Entrer dans le monde de KPM est une expédition difficile à mener seul tant l’ésotérisme des titres de certains albums ne laisse rien entrevoir quant au contenu. Même expert, qui peut clairement identifier ce qui se cache derrière la référence 1098 « Progress & Prestige » ou  derrière la 1109 « Magic Of Bouchety » ?

Strut a donc eu la bonne initiative de trier une partie des titres du catalogue pour les répertorier sous la dénomination audible par tous de Music For Dancefloors. Pour tous les dancefloors. Celui où l’on sue de grosses gouttes funk comme celui où les ondulations sud-américaines prennent possession des bassins. Celui où, noyé dans les cordes, on est ébloui par les facettes lumineuses de la boule au plafond comme celui où l’on reste en retrait, coupe à la main à la recherche d’une proie féminine sur laquelle fondre. Souvent sous perfusion d’une ambiance cinématique (« Assault Course »), la sélection qui visite virtuellement le Brésil (« Brazil Express »), la Jamaïque (« Reggae Train ») ou le Japon (« Expo In Tokyo »), sait s’insinuer dans des grooves profonds et denses comme rester légère et en surface. Et entrebâille une porte sur un univers que les plus courageux tenteront peut-être de découvrir plus en détails. D’autant qu’un live complètement inédit et résolument axé soul-funk enregistré en 2000, avec aux manettes Keith Mansfield et Alan Hawkshaw, les deux stakhanovistes de KPM, complète la sélection éclectique.

Frank Cochon

Music For Dancefloors/The KPM Music Library (Strut Records). Disponible depuis le 2 avril en CD, LP et digital.`

CD 1 – KPM LIBRARY CLASSICS

1. That’s What Friends Are For – Composed by Alan Parker. Vocals by Madeline Bell
2. Unlimited Love – Composed by Alan Parker
3. Funky Express – Composed by Duncan Lamont
4. Assault Course – Composed by Johnny Pearson
5. Samba Street – Composed by Barry Morgan and Ray Cooper
6. Second Cut – Composed by James Clarke
7. Swamp Fever – Composed by John Cameron
8. Reggae Train – Composed by William Farley and Dennis Bovell
9. Incidental Backcloth No. 9 – Composed by Keith Mansfield
10. Cross Talk – Composed by Francis Coppieters
11. In Advance – Composed by P. Xanten. Performed by Pierre Lavin Pop Band
12. Senior Thump – Composed by Alan Hawkshaw
13. Expo In Tokyo – Composed by Alan Moorhouse
14. Nascimbene – Interlude: Witchdoctor
15. Jungle Baby – Composed by H. Ehrlinger. Performed by Juan Erlando & His Latin Band
16. Morning 1 / Morning 2 – Composed by Klaus Weiss
17. Freeway To Rio – Composed by Les Baxter
18. Brazil Express – Composed by G. Callert. Performed by Juan Erlando & His Latin Band
19. Piano In Transit – Composed by Francis Coppieters
20. Crash Course – Composed by Keith Mansfield

CD 2 – KPM ALL-STARS LIVE AT JAZZ CAFÉ, LONDON. 27th April 2000

1. Keith Mansfield with KPM All Stars – Soul Thing
2. Alan Hawkshaw & Keith Mansfield with KPM All Stars – Theme from ‘Dave Allen At Large’
3. Alan Hawkshaw & Keith Mansfield with KPM All Stars – Beat Boutique
4. KPM All Stars – Swamp Fever
5. KPM All Stars – Unlimited Love
6. KPM All Stars feat. Emma Kershaw – That’s What Friends Are For
7. James Clarke with Steve Grey and KPM All Stars – Second Cut
8. Duncan Lamont with KPM All Stars – Funky Express
9. Alan Hawkshaw with KPM All Stars – Girl In A Sportscar
10. Alan Hawkshaw with KPM All Stars – Senior Thump
11. Alan Hawkshaw with KPM All Stars – Landscape
12. Alan Hawkshaw with Kirsty Hawkshaw and KPM All Stars – The Champ
13. Keith Mansfield with KPM All Stars – Crash Course
14. Keith Mansfield with KPM All Stars – UK Sports Theme Medley: Theme from ‘The Big Match’ / Theme from BBC Wimbledon Tennis / Theme from BBC Athletics / Theme from ‘Grandstand’.



 

 


ARAWAK _ accadde_strut records - RSD2013

Music Library : Arawak “Accadde A…” réédité en LP chez Strut le 20 avril

Disque culte pour les collectionneurs de musique au mètre, cet album du pianiste Luciano Simoncini fut enregistré chez Squirrel en 1970 sous le pseudonyme d’Arawak pour servir de bande son à plusieurs productions cinématographiques et télévisuelles. Oublié et réhabilité par certains DJ comme Madlib, ce vinyle très rare s’arrache désormais sur Ebay contre une grosse poignée de billets verts mais il sera bientôt accessible à tous les amateurs de Music Library. A l’occasion du Record Store Day, Strut Records réédite ce disque en 33 tours. Le label fondé par Quinton Scott est reparti des masters analogiques et des lithographies originales pour concocter cette nouvelle édition. Une gourmandise à déguster à partir du 20 avril 2013.

Tracklist
A1. ACCADDE A HARLEM
A2. ACCADDE A CUZCO
A3. ACCADDE A BALI
A4. ACCADDE A BAHIA
A5. ACCADDE A BELFAST
A6. ACCADDE A TUTTI NOI
B1. ACCADDE A LAS VEGAS
B2. ACCADDE IN BIAFRA
B3. ACCADDE A YELLOW PARK
B4. ACCADDE A LIMA
B5. ACCADDE A ATENE
B6. ACCADDE A BOSTON


ARAWAK _ accadde_strut records - RSD2013

Music Library : Arawak “Accadde A…” réédité en LP chez Strut le 7 octobre

Disque culte pour les collectionneurs de musique au mètre, cet album du pianiste Luciano Simoncini fut enregistré chez Squirrel en 1970 sous le pseudonyme d’Arawak pour servir de bande son à plusieurs productions cinématographiques et télévisuelles. Oublié et réhabilité par certains DJ comme Madlib, ce vinyle très rare s’arrache désormais sur Ebay contre une grosse poignée de billets verts mais il sera bientôt accessible à tous les amateurs de Music Library. A l’occasion du Record Store Day, Strut Records réédite ce disque en 33 tours. Le label fondé par Quinton Scott est reparti des masters analogiques et des lithographies originales pour concocter cette nouvelle édition. Une gourmandise à déguster à partir du 7 octobre 2013.

Tracklist
A1. ACCADDE A HARLEM
A2. ACCADDE A CUZCO
A3. ACCADDE A BALI
A4. ACCADDE A BAHIA
A5. ACCADDE A BELFAST
A6. ACCADDE A TUTTI NOI
B1. ACCADDE A LAS VEGAS
B2. ACCADDE IN BIAFRA
B3. ACCADDE A YELLOW PARK
B4. ACCADDE A LIMA
B5. ACCADDE A ATENE
B6. ACCADDE A BOSTON


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