Interview

Sananda Maitreya : « Je veux donner le meilleur de moi-même chaque fois que je viens jouer en France »

De retour sur les scènes françaises, Sananda Maitreya (l’artiste anciennement connu sous le nom de Terence Trent d’Arby) accompagné de son groupe The Sugar Plum Pharaohs célèbre 40 ans de carrière en renouant avec l’intégralité de son catalogue.

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Funk★U : Vous n’avez pas joué à Paris depuis votre concert à La Maroquinerie, en novembre 2007… 

Sananda Maitreya : En réalité, j’ai dû attendre que toutes les conditions soient réunies pour revenir à Paris, car c’est une ville très importante psychologiquement et émotionnellement pour moi en tant qu’artiste. Toutes les étoiles devaient être alignées avant d’effectuer mon retour dans un environnement totalement clair. La dernière fois que je suis venu, certains médias étaient amers, voire même en colère, de découvrir que j’avais repris ma vie en main en assumant ma nouvelle identité. Je voulais être certain qu’il n’y ait plus aucune confusion avant de revenir à Paris, comme un amant à qui tout est pardonné et qui est prêt à reprendre un relation avec l’être aimé.

Sananda Maitreya live in Paris 2007 (crédit : Joachim Bertrand)

À quoi pouvons-nous nous attendre pour cette nouvelle tournée ?  

Nous allons raconter l’histoire complète de mes 40 ans de carrière, de là où j’ai commencé jusqu’à l’endroit où je suis arrivé aujourd’hui. Bien sûr, nous ne pourrons pas inclure toutes les chansons que j’ai enregistrées, mais nous avons fait de notre mieux pour résumer chaque période de ces quatre décennies et donner la meilleure expérience live possible. 

Pouvez-vous nous parler de votre groupe, The Sugar Plum Pharaohs ?

Il s’agit d’un groupe de musiciens originaire de Milan, où j’habite. Marco Mengoni est à la batterie et aux chœurs. On le surnomme « The Real Marco Mengoni » car un autre chanteur italien très connu porte le même nom. Fabio Longo est à la basse, Alessandro Spoldi aux claviers et Luca Pedroni joue de la guitare. Quant à moi, je suis aux claviers, à la guitare, je chante et il m’arrive de raconter des blagues… Dans la vie, certains membres des Sugar Plum Pharaohs enseignent la musique, et leurs rapports avec leurs étudiants me touchent beaucoup, car je n’ai pas eu la chance d’avoir accès à la théorie musicale lorsque j’étais plus jeune. 

Comment avez-vous sélectionné les titres que vous aller jouer sur scène ?

Pour être honnête, la partie la plus difficile des répétitions a été de choisir ces titres, car j’ai enregistré près de 330 chansons au cours de ma carrière. Elles sont des entités vivantes, un peu comme des enfants, et lorsque j’effectue cette sélection, il y a en a peut-être un cinquantaine qui me supplient en hurlant  : « Moi ! Moi ! Moi ! ». Le choix est compliqué, mais je préfère disposer de trop de chansons que de ne pas en avoir assez. 

Les deux concerts français à Paris, au Café de la danse et au Rockstore de Montpellier, auront lieu en configuration club. Pourquoi ?

Quand j’ai démarré ma carrière dans les années 1980, on m’a poussé à jouer très vite dans des grandes salles pour engranger plus de recettes. Du coup, je n’ai pas passé beaucoup de temps dans les clubs et c’est un grand regret. L’an dernier, je me suis rattrapé en jouant dans des clubs en Angleterre. J’adore regarder le public dans les yeux et suer avec lui. Cette nouvelle tournée des clubs a également pour but de replanter la graine, avant de revenir jouer dans des salles plus grandes dès l’année prochaine.

Un dernier message pour vos fans français ?

Depuis le début de ma carrière, je chéris tout particulièrement ma relation avec le public français. Je suis né en Angleterre, et le public français est le seul qui se rapproche du public anglais dans son exigeance. Leurs standards sont élevés, ils savent apprécier la qualité. De plus, la France a toujours su accueillir la culture à laquelle j’appartiens, contrairement à l’Amérique. De nombreux artistes qui n’étaient pas acceptés ailleurs sont venus en France, où ils ont obtenu la reconnaissance, les honneurs et même de l’amour. C’est pour cette raison que je veux absolument donner le meilleur de moi-même chaque fois que je viens jouer en France. J’espère aussi que mes anciennes petites copines et actrices parisiennes viendront apporter une touche de glamour aux shows (rires) !   

Propos recueillis par Christophe Geudin 

Sananda Maitreya en concert à Paris (Café de la danse) le 20 octobre et à Montpellier (Rockstore) le 29 octobre. Album live SMNUK’25 ! Shepherd’s Pie disponible.