georgeclintonpp

George Clinton abandonne la scène

Dans un communiqué daté du 27 avril, George Clinton a annoncé son retrait officiel de la scène au cours des prochains mois. “C’est une décision qui courait depuis un certain temps”, précise le fondateur de Parliament-Funkadelic âgé de 77 ans. “Ceux qui viennent à mes shows depuis ces deux dernières années ont pu constater que je me trouvais de moins en moins sur le devant de la scène.”

Récemment opéré en raison de problèmes cardiaques et devant désormais avoir recours à un pacemaker, George Clinton donnera ses derniers shows aux États-Unis en mai 2019. Selon toute vraisemblances, le concert en compagnie de la Malka Family prévu le 3 juillet prochain au Casino de Paris sera la dernière performance du parrain du P-Funk sur le territoire français.

“En vérité, la chose la plus importante n’est pas moi, mais le groupe et la musique”, ajoute George Clinton. “L’héritage du P-Funk est bien réel et le groupe et la musique continueront à faire résonner le funk bien après moi.”

Source


Parliament-Newburg une

Parliament “The Newburgh Session” en vinyle avec Funk★U

le 26 septembre 1976, Parliament-Funkadelic répète les titres du mythique tournée Earth Tour dans un hangar de l’aéroport de Newburgh, dans l’état de New York. Autour de George Clinton, un casting stellaire réunit Bernie Worrell, Garry Shider, Glenn Goins, Fuzzy Haskins, Grady Thomas, Ray Davis, Cordell “Boogie” Mosson, Jeannette Washington le batteur Jerome “Bigfoot” Brailey et les Horny Horns de Maceo Parker et Fred Wesley dans une armada P-Funk de 20 musiciens.

Après avoir fait l’objet de rééditions CD aujourd’hui épuisées, The Newburgh Session est aujourd’hui disponible en vinyle collector blanc remasterisé 180-grammes.

En partenariat avec le label Funk To The Max et en exclusivité pour la France, Funk★U vous propose ce vinyle collector pour la somme de 35€ (port compris).

  • Commandes France (prix : 35 €) à envoyer sur PayPal à l’adresse suivante : arno_konings@hotmail.com

Tracklisting :

Face-A

  • 1 Mothership Connection (Starchild)Newburgh LP voorzijde1
  • 2 Dr. Funkenstein
  • 3 Do That Stuff

Face-B

  • 1 Standing on the Verge ogf Getting it On
  • 2 Undisco Kidd
  • 3 Gettin’ To Know You
  • 4 Comin’ Round the Mountain

 

Également disponible : A Night for Jimi Hendrix d’Eddie Hazel. Lors de ce show explosif enregistré le 27 novembre 1990 au Club Lingerie d’Hollywood, le légendaire guitariste de Parliament-Funkadelic rend hommage à Jimi Hendrix en compagnie de Bernie Worrell et de Tracy Spacey T. Singleton (Fishbone). The Maggot Brain meets the Voodoo Child !

A Night for Jimi Hendrix est disponible en vinyle 180-grammes jaune remasterisé et en CD.

  • Commandes Vinyle France (prix : 30 €) à envoyer sur PayPal à l’adresse suivante : arno_konings@hotmail.com
  • Commandes CD France (prix : 20 €) à envoyer sur PayPal à l’adresse suivante : arno_konings@hotmail.com

Tracklisting :

Face-A :

  • 1 John Connely’s Theory (Jimi Hazel) Eddie HazelNaamloos
  • 2 Are You Experienced
  • 3 Voodoo Child

Face-B

  • 1 Manic Depression
  • 2 I Don’t Live Today
  • 3 Power of Soul
  • 4 Maggot Brain

 


Ishan single

Vidéo : Ishan Cooper “Science of Pants feat. Angelo Moore”

En octobre 2015, Funk★U vous présentait le délirant album P-Funk d’Ishan Cooper Coop DeVille presents Bat Funk Crazy … In 3D!!!

Dans son nouveau single “Science of Pants”, le guitariste australien est accompagné par Angelo Moore, le chanteur de Fishbone, et une large partie du Parliament/Funkadelic actuel avec Danny Bedrosian (claviers), Lige Curry (basse), Benzel Cowan (batterie), Greg Thomas (saxophone), Bennie Cowan (trompette) et Greg Boyer au trombone.

Découvrez ci-dessus le clip de “Science of Pants ft. Angelo Moore”.


Junie Morrison

Disparition de Walter “Junie” Morrison

Éminence grise des Ohio Players, joker de luxe dans Parliament-Funkadelic et comparse de DâM-FUNK, Walter “Junie” Morrison est décédé ce 16 février à l’âge de 62 ans.

Producteur, arrangeur, compositeur, multi-instrumentiste et chanteur, “Junie” avait apporté sa contribution décisive au début des années 1970 à la série d’albums cultes de ses homologues de Dayton, les Ohio Players. Ses talents multiples avaient donné au groupe de Leroy “Sugarfoot” Bonner son premier hit national en 1972 avec “Funky Worm” et sa partie de claviers insensée, mais Junie Morrison quittera le groupe deux ans plus tard suite à des conflits internes.

Transféré chez George Clinton en 1977, il avait participé à l’écriture et à la production de plusieurs titres de One Nation Under a Groove de Funkadelic (dont son single-titre) et de quelques albums de Parliament en ayant parfois recours au pseudonyme J.S. Theracon. Walter “Junie” Morrison, qu’on retrouve aussi sur Computer Games du Dr. Funkenstein, est également l’auteur d’une demi-douzaine albums solos, dont le culte When We do, son premier essai paru en 1975 chez Westbound et crédité sous le nom de Junie.

Après de longues années de semi-retraite, ce dernier avait publié en 2014 des titres sous l’entité Tekadelic, un projet solo entièrement réalisé sur iPad reliant les beats électroniques aux grooves funky. On peut également entendre une des ultimes apparitions de cet architecte méconnu du groove sur We Continue, le dernier album en date de DâM-FUNK paru en 2015.

Rest in power, Walter “Junie” Morrison.




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Audio : The Big Ol’ Nasty Getdown “Mantra (feat. Kendra Foster & Speech)” Teaser

Enfin ! The Big Ol’ Nasty Getdown publiera cet automne Volume 2, la suite de son excellent premier album all-stars paru en 2012. “Mantra”, son premier extrait, comprend les participations de Kendra Foster (D’Angelo’s Vanguard/Parliament-Funkadelic) et Speech, le chanteur/rappeur d’Arrested Development.

De nombreux invités, dont certains membres de Fishbone, The Time et Yo Mama’s Big Fat Booty Band, ont également participé à ce mi-tempo P. Funk dont le teaser exclusif est à découvrir ci-dessous. Produit et mixé par John Heintz et Frank Mapstone, “Mantra” est disponible en single depuis le 10 mai.

Site officiel.

“Mantra” line-up

Vocals: Kendra Foster (D’Angelo’s Vanguard/Parliament-Funkadelic)
Vocals: “Speech” (Arrested Development)
Lead Guitar: Tori Ruffin (The Time)
Rhythm Guitar: John-Paul Miller (Yo Mama’s Big Fat Booty Band)
Bass: Norwood Fisher (Fishbone)
Keys: Mary “Mama Funk” Allen (Yo Mama’s Big Fat Booty Band)
Drums: Jeffrey Suttles (Taylor Dayne Band)
Alto Saxophone: Greg Thomas (Parliament Funkadelic)
Tenor Sax: Greg Hollowell (Yo Mama’s Big Fat Booty Band)
Tenor Sax: Debrissa McKinney (Empire Strikes Brass)
Trumpet: Ben Hovey (Spam Allstars)
Trombone: Derrick Johnson (Yo Mama’s Big Fat Booty Band)


Kendra-Foster-press-2016-billboard-650-b

Audio : Kendra Foster “Promise to Stay Here”

Bien connue des amateurs de P-Funk pour sa participation à Parliament/Funkadelic en tant que choriste dans les années 2000, Kendra Foster accompagne D’Angelo sur scène depuis 2012 et a également participé à son album Black Messiah, sur lequel elle a co-composé plusieurs titres.

Kendra Foster publie aujourd’hui “Promise to Stay Here”, le premier extrait d’un album à venir. Cette somptueuse ballade soul/funk (qu’elle interprète sur scène depuis 2009) a été écrite et produite par Kelvin Wooten (collaborateur de Jill Scott, Mary J. Blige et Anthony Hamilton).

Écoute disponible ci-dessous.


Bernie-Worrell

Vidéo : George Clinton, Bootsy Collins & Bernie Worrell “Flash Light” (Late Night With Stephen Colbert)

A quelques heures d’un grand concert de charité organisé pour Bernie Worrell (atteint d’un cancer des poumons) à New York lundi soir, George ClintonBootsy Collins (à la batterie!), Parliament-Funkadelic et la légende des claviers p-funk se sont retrouvés sur le plateau de Stephen Colbert pour reprendre le tube qu’ils ont composé ensemble « Flash Light ». Une réunion festive à revoir dans la vidéo ci-dessus.

Les internautes qui souhaitent aider Bernie dans son combat contre le cancer peuvent faire un don sur le site  sweet relief.


Un nouveau documentaire sur Parliament-Funkadelic

Réalisé par Bobby J. Brown, Tear the Roof Off, The Untold Story of Parliament-Funkadelic, promet de raconter les dessous de l’empire P-Funk. Basé sur des interviews d’anciens membres du groupe – dont Jerome “Bigfoot” Brailey et Dawn Silva -, ce documentaire relate les excès psychotropes et les arnaques financières de George Clinton, apparemment absent de la liste des invités.

Tear the Roof Off, The Untold Story of Parliament-Funkadelic sera projeté au Big Sky Film Festival de Missoula (Montana) en février. Pas de date de sortie pour ce qui s’annonce comme un document à charge contre le Dr. Funkenstein.

Découvrez la bande-annonce de Tear the Roof Off, The Untold Story of Parliament-Funkadelic ci-dessous. Site officiel.

Tear the Roof Off TRAILER from Shane Ross on Vimeo.


Bernie 2

“Bernie Worrell : Retrospectives” en financement participatif

Bernie Worrell, le légendaire magicien des claviers P-Funk et participant à d’innombrables sessions d’enregistrement (des Talking Heads à Praxis en passant par Fela, Mos Def et Keith Richards), a révélé en fin de semaine qu’il était atteint d’un cancer des poumons. Âgé de 71 ans, le leader des Woo Warriors ne se retire pas des studios pour autant en proposant aux internautes de contribuer à la sortie de Retrospectives, un album composé, entre autres, de reprises instrumentales des grands classiques de Parliament-Funkadelic, dont “Flashlight”, “Aquaboogie” et “You Hit The Nail On the Head”, extrait du cultissime American Eats Its Youngs de Funkadelic paru en 1972 (vidéo ci-dessous).

Une liste de contreparties disponibles entre 10 et 250 $ -pour un album dédicacé et un pass backstage- est disponible dès maintenant sur la plateforme de financement participatif INDIEGOGO.

(Photo d’ouverture : Noé Termine)


Andre Foxxe-1

Interview : Andre Foxxe “Je suis tombé du Mothership”

Andre Foxxe est l’un des membres historiques de Parliament-Funkadelic, qu’il rejoint à la fin des années 1970, alors qu’il est encore adolescent. Il deviendra dès lors un collaborateur fidèle de George Clinton, en studio comme sur scène, où le guitariste ne passe jamais inaperçu, avec sa robe de mariée ou sa tenue de nonne… Après un long silence, il sort cette année un nouvel album, Andre Foxxe & The Psychedelic Ghetto Pimpz. L’occasion pour Funk★U Magazine de revenir avec lui sur plus de 30 ans de P-Funk.

 ★★★★★★★★★★★★

Funk★U : Quand et comment a débuté ton histoire avec George Clinton et Parliament-Funkadelic ?

Andre Foxxe : C’était il y a une éternité ! En 1978 ou 1979, j’avais 16 ans… L’un de mes amis m’a dit qu’il connaissait les membres du groupe Parlet, qui répétait alors à Détroit. Lorsque j’ai su ça, j’ai volé la voiture de ma mère et on a filé pour aller les voir ! On a rencontré Ray Davis, Jeanette Washington, Jessica Cleaves… Ce jour-là, il y avait le Funk Festival au Pontiac Silverdome, le stade de Détroit. On décide donc d’y aller tous ensemble. Une fois arrivés, tout le monde se disperse, et je me retrouve seul en backstage. J’entends une musique vraiment cool venant de l’extérieur… Je pousse une porte, je regarde vers la scène et je suis sous le choc en découvrant Dr Funkenstein – monsieur George Clinton lui-même !-, Bootsy Collins et Michael Hampton, en train d’envoyer la sauce sur leur dernier morceau de l’époque, « Knee Deep » ! Avec moi, dans la pièce, se trouvait un jeune garçon – je découvrirai plus tard que c’était le fils de George Clinton, Tracey Lewis. A un moment, il me dit : « Hey, ça te dis de venir sur scène avec moi ? ». Je lui réponds : « Mais tu plaisantes, mec ! ». Et on se retrouve sur scène, à faire les chœurs de « Flashlight »… A l’époque, j’ai vécu ça comme le plus grand moment de ma vie. On est alors devenus très proches Tracey et moi. J’ai donc rejoint son groupe, Trey Lewd.

Tu mettras quelques années avant de travailler directement avec George…

Un jour, Ron Dunbar – qui était très proche de George Clinton – me voit sortir de ma voiture et me dit : « Hey gamin, j’ai un job pour toi ! C’est simple, il suffit de promener George, l’amener à l’aéroport, revenir le chercher, etc. Tu vas voir, c’est assez cool de bosser pour lui. » Ce fut donc ça, mon premier job officiel pour George Clinton : j’étais son chauffeur, son coursier, son « vas faire-ci, vas faire-ça, vas chercher ce gars, vas poser ce chèque à la banque », etc. J’ai ainsi pu observer de très près sa manière de gérer ses affaires… Et aussi d’autres petites choses dont vous êtes certainement au courant (rires) !

Andre Foxxe 2Comment s’est passée ta collaboration avec Tracey Lewis dans le groupe Trey Lewd ?

On était tous les deux très jeunes… Il avait deux ans de moins que moi, je le considérais comme mon petit frère. Quand ma mère a su que je trainais avec Funkadelic, elle m’a viré de chez moi, et George avait accepté de m’héberger quelques temps. Ça nous a encore plus rapprochés, Tracey et moi. On composait beaucoup, ça devenait vraiment intéressant… Le groupe était au complet et on avait de très bons morceaux. Mais Tracey a commencé à faire des choses complètement dingues… Littéralement ! Ce gosse était incontrôlable, et ça causait des problèmes à tout le groupe. Au bout d’un moment, j’ai pensé qu’il fallait que je prenne mes distances…

C’est aussi à cette époque que tu deviens guitariste…

Au départ, je faisais de la basse. Mais Tracey avait besoin d’un guitariste car il y avait déjà deux bassistes dans Trey Lewd. Moi, je ne savais pas vraiment jouer de la guitare… Alors un soir, j’ai posé ma basse, pris un peu d’acide et je me suis assis dans une pièce avec Garry Shider… Le lendemain matin, j’étais guitariste ! Histoire vraie (rires) !

Dans la compilation George Clinton’s Family Series Part II, il y a ce morceau de 1981, « I Can’t Stand It », crédité Tracey Lewis & Andre Foxxe. Est-ce le premier morceau que tu as enregistré ?

Non, le tout premier s’appelait « Make me Dance », mais je crois que George ne l’a jamais sorti… J’ai écrit “I Can’t Stand It “pour Trey Lewd. A l’époque, je voyais Tracey enregistrer avec son père, avec d’autres mecs du groupe… Je leur disais : « Mais pourquoi vous me laissez pas jouer sur ces morceaux ?! » J’avais progressé à la guitare, je bossais beaucoup, j’avais acheté une Les Paul… Un jour, j’en avais vraiment assez, je suis allé voir Garry Shider et lui ai dit  : « Laissez moi enregistrer, j’en peux plus ! (« I can’t stand it »). Puis George m’a répondu : « Ok gamin, vas-y, on verra bien ce que ça donne ». Et c’est comme ça qu’est né “I Can’t Stand It”, signé Andre Foxxe.

À partir de là, tu apparais sur tous les albums produits par George Clinton dans les années 1980 et 1990…

C’était une période dingue ! Et très instructive. George Clinton est un super pédagogue. Il m’a donné la chance de grandir, de m’améliorer, il le voulait vraiment. Quand j’avais 19 ans, il m’a dit : « Je vais m’occuper de toi et tu vas réussir ». Regarde George, on y est arrivés ! J’ai réussi (rires) !

De quel morceau es tu le plus fier ?

« Quickie ». Un très bon morceau, avec un des riff les plus funky que j’ai pu jouer…

Mais ce n’est pas Garry Shider, à la guitare sur « Quickie » ?

Non, c’est moi ! Ce riff incroyable, c’est moi ! Garry n’était pas là… L’autre morceau dont je suis assez fier est « Do Fries Go With That Shake », que j’ai aussi coécrit, même si je ne suis pas crédité. En réalité, il y a un paquet de morceaux pour lesquels je n’ai pas été crédité ! Mais ça, c’est une autre histoire…

Durant cette période, tu participes aussi à l’album de Jimmy G and The Tackheads…

À l’époque est apparu le frère de George Clinton, Jimmy Giles. On a monté un groupe autour de lui, Jimmy G and The Tackheads avec un album sorti en 1985 chez Capitol Records, dans lequel j’avais coécrit quelques morceaux comme « Break My Heart »… Jimmy avait beaucoup de talent, mais tout de suite après la sortie de l’album, il a décidé de disparaître, de ne plus faire de musique. Je ne sais vraiment pas ce qu’il s’est passé.

C’est là que tu décides de monter ton propre groupe ?

Je n’avais aucune assurance sur mon avenir. J’avais été dans Trey Lewd, et ça n’avait pas très bien marché malgré le fait qu’on ait enregistré une musique absolument monumentale et maintenant, j’étais membre de Jimmy G and The Tackheads, et ça ne marchait toujours pas. J’ai donc décidé de signer un contrat de production et de développement avec Don Davis et Willie Davis, les propriétaires des studios United Sounds Recordings. À Detroit, tout le monde enregistrait là-bas : Parliament-Funkadelic, Bootsy, Roger Troutman… Une fois le deal signé, j’ai recruté des mecs pour monter mon propre groupe, The A Foxxe Jam, avec qui j’ai enregistré énormément de morceaux. Mais ils ne sont sortis que beaucoup plus tard…

Pourquoi ?

Parce qu’au même moment, George vient me voir et m’apprend que Warner Bros. Records veut un deuxième album de Jimmy G and The Tackheads, mais que Jimmy G refuse de le faire. Il me propose donc de m’en charger à sa place. Je me dis : « Enfin ! C’est ma chance ! ». Je n’avais plus de bassiste, car mon cousin, que j’avais recruté pour The A Foxxe Jam venait de quitter le groupe. C’est donc Lige Curry qui l’a remplacé. Le groupe ne pouvait plus s’appeler A Foxxe Jam, il nous fallait un nouveau nom. La société d’édition de George s’appelait Parliafunkadelicment Thang Inc. ; c’est comme ça qu’on a pensé à Incorporated Thang Band, tout le monde trouvait ça cool dans le groupe. Alors George a dit : « Parfait, le nom du groupe sera Incorporated Thang Band ». Ce fut une expérience très intéressante… Car à ce moment, je ne réalisais pas que ce n’était plus mon groupe (rires) ! C’était le groupe de George ! Mais tout est le groupe de George…

Incorporated Thang Band fut un nouvel échec…

Le disque était pourtant très bon, mais n’a pas vraiment marché… J’étais complètement coincé. Je ne me voyais pas retourner voir Warner Bros. et leur dire : « Hey, j’ai un nouvel album pour vous ! », et de toute façon j’étais si démoralisé que je n’y avais même pas pensé.

En 1993, tu sors ton premier album solo I’m Funk And I’m Proud, sur un label japonais (réédité plus tard aux USA sous le nom The Foxxe Files)… Aujourd’hui, c’est un classique.

Andre foxxe funkAprès l’aventure Incorporated Thang Band, je reprends la petite routine des tournées avec les P-Funk All Stars… Au Japon, on est approchés par un label, qui voulait sortir des vieux morceaux de George (le label P-Vine, qui sortira la série de compilations George Clinton Family Series en 1992 et 1993, ndlr). J’en profite donc pour leur proposer les morceaux que j’avais enregistrés pour Don et Willie Davis. C’est comme ça qu’est né I’m Funk And I’m Proud. Un classique, en effet ! La plupart des morceaux ont été enregistrés au début des années 1980, quand j’étais avec Jimmy G and The Tackheads, ou quand je bossais sur les albums de Parliament-Funkadelic et de George Clinton.

Sur ce disque, il y a notamment un morceau enregistré avec les Red Hot Chili Peppers à l’époque où ils étaient en studio avec George Clinton pour Freaky Styley !

George travaillait sur le deuxième album de ce jeune groupe, les Red Hot Chili Peppers. Michael Clip Payne et moi, on leur donnait un coup de main, c’était assez cool : on avait à peu près le même âge, on était tous jeunes et sauvages ! En réalité, Clip et moi, on a été les premiers Chili Peppers noirs ! The Brothers Cup ! Un jour, j’étais seul avec ma guitare au studio de George. Les mecs de mon groupe étaient en retard, certainement bourrés quelque part… Je suis donc allé voir les Chili Peppers qui étaient juste à côté, pour leur proposer de jouer un morceau que je venais d’écrire, « Reputation ». C’est comme ça que j’ai eu l’honneur d’enregistrer avec Flea, Hillel Slovak, Anthony Kiedis et Cliff Martinez… On avait une énergie folle, et je crois que ça se sent sur le morceau ! J’ai vu qu’ils avaient récemment sorti une réédition de “Reputation” sous le nom Red Hot Chili Peppers… Il va falloir qu’on discute, Flea et Anthony (rires) !

Pour quelle raison as-tu brusquement cessé ta collaboration avec George Clinton au milieu des années 1990 ?

Je suis tombé du Mothership ! Croyez-le ou pas, mais c’est vrai : j’ai eu un accident lors d’un concert et je me suis cassé la jambe. Ça s’est terminé aux tribunaux car George Clinton n’avait pas prévu d’assurance pour les accidents du travail… J’ai arrêté de bosser avec lui pendant un moment. Ce fut une période difficile… Il fallait que je m’éloigne un peu de lui. Puis plus tard, on s’est rabibochés, et je suis revenu dans le groupe de 2009 à 2012. Je l’adore, tout est cool. Après la sortie d’I’m Funk and I’m Proud, j’ai continué à collaborer avec P-Vine, et je suis devenu directeur artistique du label. On a fait des Tribute to Jimi Hendrix, une compilation de bassistes, et plein d’autres choses… Ça marchait bien, je faisais mon propre funk, et j’en étais très fier !

Andre Foxxe Live

Andre Foxxe sur scène en 2009 (photos : Kbevphoto.com)

Tu as écouté le nouvel album de Funkadelic Shake The Gate ? Qu’en penses tu ?

Waouh ! Énormément de morceaux, c’est une drôle de bête ! Un disque intéressant… Je ne dirais pas que c’est un album de Funkadelic mais si George le dit, alors c’est un album de Funkadelic !

Tu es de retour cette année avec un nouvel album, Andre Foxxe & The Psychedelic Ghetto Pimpz. Parle-nous de ce projet…

C’est une tuerie ! Cela m’a pris quelques années pour faire aboutir ce projet car je ne savais pas vraiment dans quelle direction aller… Et puis je me suis dit : « Funk it ! Fais moi un bel album de funk ! » C’est donc du pur funk, réalisé avec des mecs de New York et de Detroit, mes Psychedelic Ghetto Pimpz. Mais je vais bientôt organiser des auditions en Europe car j’ai envie de monter un tout nouveau groupe : à tous ceux qui lisent ça, ramenez-vous à mon audition, vous décrocherez peut-être un cachet !

Propos recueillis par Sandro Piscopo-Reguieg

Andre Foxxe Andre Foxxe & The Psychedelic Ghetto Pimpz. Disponible sur Bandcamp.


Ishan Cooper

Ishan Cooper “Coop Deville presents Bat Funk Crazy… In 3D !!!”

K.O. ! Il faut dire qu’on n’avait pas vu le coup venir quand, le 7 septembre, Coop Deville presents Bat Funk Crazy… In 3D !!! est arrivé sur Bandcamp, sans prévenir, comme sorti de nulle part. Groove imparable, guitares facétieuses, créativité débordante… Une vraie claque  P-Funk ! Le coupable ? Un certain Ishan Cooper, né en 1978, guitariste australien tout à fait inconnu qui, pour enregistrer cet album (autoproduit), a tenu à s’entourer de ses idoles, à savoir une bonne partie du line-up actuel de Parliament-Funkadelic : Danny Bedrosian (claviers), Lige Curry et Rodney « Skeet » Curtis (basse), Benzel Baltimore Cowan (batterie), Greg Thomas (saxo), Greg Boyer (trombone), Bennie Cowan (trompette)… Plus qu’un cachet « P-Funk », ils apportent une vraie cohérence à l’ensemble, soit 11 pistes d’une richesse incroyable. L’arrière garde de George Clinton s’y voit rejoint, selon les morceaux, par quelques autres invités de marque qui se relaient pour assurer les parties chant : Angelo Moore (Fishbone), Steve Boyd (Five Special, Parliament-Funkadelic), le rappeur Kokane (connu pour ses collaborations avec Snoop Dogg), et la chanteuse Sue Ann Carwell. Enfin, George Clinton himself joue les maîtres de cérémonie, via une série de spoken words en intro et outro, résonnant comme un adoubement.

Ishan Cooper n’était pas né quand est sorti The Clones of Dr Funkenstein, un des nombreux chefs d’œuvre de Parliament. L’artwork du LP (tiré en édition limité à 100 Ishan Cooperexemplaires) y fait directement référence. Ce n’est pas un hasard, tant l’ensemble évoque l’ère « classique » du P-Funk, celle de la seconde moitié des années 1970, ici magnifiée par une production contemporaine. Ishan Cooper assume tout autant l’héritage de la fusion funk rock des années 1990 (Fishbone, Weapon of Choice), à coup de rythmiques puissantes, murs de cuivres et guitares heavy. Le son est lourd ; l’énergie, débordante. Une sorte de Clones du 21ème siècle en somme. Ishan Cooper l’apprenti sorcier a trouvé la formule. Celle que le Dr Funkenstein lui même, a égaré, car en comparaison, les dernières sorties de Clinton paraissent bien fades… Et s’il était là, finalement, le “vrai” nouvel album de Funkadelic ?

Sandro Piscopo-Reguieg

Ishan Cooper Coop Deville presents Bat Funk Crazy… In 3D !! ****. Disponible en version digitale, CD et vinyle collector sur Bandcamp.


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Audio “The P-Funk B-Sides & Ballads Mixtape”

A l’initiative du magazine Billboard, le duo de producteurs Bostoniens Soul Clap, invités sur le récent First Ya Gotta Shake the Gate de Funkadelic, a concocté une playlist 100% P-Funk alternant classiques (“Maggot Brain”), faces-B (“Presence of a Brain”), extraits d’albums (“I’ll Stay”, “Music for My Mother”) et bribes d’interviews de George Clinton.

72 minutes de PPFP (Pure P-Funk Power) à savourer ci-dessous !


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