Tony Allen 2021

“There Is No End“, l’album posthume de Tony Allen

Disparu le 30 avril 2020, Tony Allen, le légendaire batteur afrobeat, effectuera son retour posthume avec l’album There Is No End.

Un an après jour pour jour, cet album inédit respecte une des dernières volontés de Tony Allen : collaborer avec une nouvelle génération de rappeurs afin de leur donner une voix dans une période de turbulence globale où la musique n’a jamais été aussi importante.

Co-produit par Damon Alban, “Cosmosis“ le premier extrait de l’album, comprend ainsi la participation du rappeur Skepta sur un texte du romancier Nigérien Ben Okri.

Découvrez ci-dessous “Cosmosis“ feat. Skepta. There Is No End sera disponible le 30 avril 2021 (distribution Decca/Universal)


Kandace Springs © Sabrina Mariez

Kandace Springs dévoile sa playlist soul-funk

Erykah Badu, Stevie Wonder, Lauryn Hill, War… Kandace Springs, la nouvelle signature du label Blue Note et auteur d’un premier album intitulé Soul Eyes, dévoile sa playlist 100% groove et raconte à Funk★U comment elle a fait pleurer Prince.

                                                                         

War « The World is a Ghetto »

“C’est Larry Klein, le producteur de mon album, qui m’a suggéré de reprendre ce titre de War dans Soul Eyes. Je n’étais pas familière avec cette chanson et personne ne l’avait jamais aussi bien reprise que War. Je me suis assise devant le piano à queue de Larry Klein et j’ai eu l’idée de la réinterpréter d’un point de vue féminin avec ma voix pour point d’ancrage à la place des harmonies masculines de la version originale. Je pense que je m’en suis bien sortie, et c’est un titre très apprécié lors de mes concerts.”

Lauryn Hill « Doo Wop (That Thing) »

Lauryn Hill est une de mes plus grandes influences. J’adore le timbre de sa voix. Parfois, on me dit que mon timbre est proche du sien et je prends ça comme un énorme compliment. Je l’ai vu sur scène il a quelques années à Port Chester, près de New York, et ce soir-là, elle a mis tout le monde à genoux. À la fin du concert, elle a fait monter ses enfants sur scène. Elle doit en avoir quatre ou cinq il me semble, mais j’ai arrêté de les compter il y a bien longtemps (rires) !”.

Erykah Badu « On & On »

(Elle chante le premier couplet). J’adore ce groove, impossible de s’en lasser. Lorsque je conduis et qu’ « On & On » passe le radio, je hurle « that’s my jam ! » (rires). « Afro Blue », son titre avec Robert Glasper, fait aussi partie de mes chansons préférées. Pour moi, Erykah Badu est la définition ultime du swag. Je dois même vous avouer que j’ai essayé d’imiter son afro sur la photo du verso de la pochette de mon album. Que voulez-vous, c’est la Reine…”.

Stevie Wonder « Superstition »

“Mon père, qui lui aussi est originaire de Nashville, est un choriste qui a accompagné un grand nombre de groupes et d’artistes soul-funk comme Aretha Franklin, Chaka Khan ou Brian McKnight. J’ai donc grandi en écoutant ces musiques. « Superstition » est une des premières chansons funky que j’ai jouée en public. Je devais avoir douze, treize ans et c’était durant l’été, dans un camp de vacances. C’était aussi la première fois que je me produisais avec un groupe devant d’autres personnes. J’étais tétanisée, mais lorsque j’ai joué le premières notes de « Superstition » (elle chante la fameuse introduction de clavinet, ndr), mon trac s’est dissipé. Comment résister à une telle mélodie ?”.

Prince « Kiss »

(Elle chante en imitant le falsetto de Prince) « You don’t have to be beautiful… ». J’ai bien connu Prince. Il est entré en contact avec moi d’une manière totalement inattendue. J’avais posté sur YouTube une vidéo où je reprends « Stay With Me » de Sam Smith. Prince l’a vue, il a retweeté la vidéo et il m’a envoyé un message. Au début, j’ai cru à un canular, mais en relisant son message à la typographie si particulière avec des « EyE » à la place de « I » et des « 4 » pour « for », j’ai compris qu’il s’agissait bien de lui. Quelques heures plus tard, au cours de la même soirée, il m’a appelé pour m’inviter à venir jouer à Paisley Park en clôture du concert du 30ème anniversaire de Purple Rain. Ce soir-là, j’ai repris « The First Time I Saw Your Face » de Roberta Flack…”.

Prince « How Come U Don’t Call Me Anymore ? »

“Vous m’aviez demandé de sélectionner dix titres, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’en glisser cinq de Prince (rires) ! Bien sur, il y a « Purple Rain » et « When Doves Cry », mais il y a surtout « How Come U Don’t Call Me Anymore ? » : pour être franche, je pensais qu’« How Come U Don’t Call Me Anymore ? » était une chanson d’Alicia Keys avant de découvrir la version originale. Dans mon album, il y a une ballade qui s’appelle « Rain Falling ». Lorsque je l’ai fait écouter à Prince, il m’a dit que cette chanson pouvait être mon propre « How Come U Don’t Call Me Anymore ? ». Ça m’a beaucoup touchée… Je lui ai aussi envoyé en direct une mini-vidéo où je reprends « When Doves Cry » en conduisant. Ça l’a fait beaucoup fait rire, même si je sais qu’il ne faut jamais utiliser son téléphone quand on est au volant (rires) !”.

Prince « The Beautiful Ones »

“J’ai repris cette chanson dans une vidéo YouTube dans laquelle je dessine le portrait de Prince. On a envoyé cette vidéo à Prince et il m’a répondu en me disant qu’elle l’avait fait pleurer. Il a aussi demandé à obtenir le dessin de la vidéo. Je l’ai vu pour la dernière fois le jour de mon anniversaire, le 18 janvier dernier, et je lui ai offert le dessin ce jour-là. Il est toujours accroché à Paisley Park.”

                                Propos recueillis par SlyStoned. Photos : Sabrina Mariez pour www.funku.fr

Kandace Springs Soul Eyes (Blue Note/Decca/Universal) sortie le 30 septembre. En concert à Paris (Jazz Club Étoile) le 16 novembre.


Un nouvel album pour Gregory Porter en 2016

Gregory Porter, le crooner jazz-soul révélé en 2013 avec l’exceptionnel Liquid Spirit sera de retour en 2016 avec son quatrième album studio. Celui-ci sera disponible le 22 avril sur le label Decca/Universal et servira de support à une tournée française dont le point d’orgue aura lieu à Paris (Le Grand Rex) le 17 octobre.

L’album est disponible en CD, double vinyle et Amazon UK propose une version signée par Gregory Porter himself !


Kellylee evans

Interview : Kellylee Evans “Une envie de danser”

Habituée du circuit jazz hexagonal depuis Nina, son hommage remarqué à Nina Simone paru en 2010, Kellylee Evans augmente le curseur groove dans Come On, un cinquième album réalisé sous la conduite du pianiste/producteur Eric Legnini. Rencontre avec la chanteuse canadienne à la veille de sa nouvelle tournée française.

Funk★U : Avant de vous lancer dans la musique, vous avez étudié le droit et la littérature. Quand avez-vous décidé de tout abandonner pour la musique ?
Kellylee Evans : J’ai fait des études car j’aimais ça, mais c’était également pour faire plaisir à mes parents. C’était facile : si tu rentres dans les cases, si tu travailles, si tu es ponctuel en cours, tu peux atteindre tes objectifs beaucoup plus facilement que dans la musique.  Après la mort de ma mère, j’ai foncé. Je n’avais plus personne à décevoir si ça ne marchait pas…

Kellylee-Evans-330x320Sur ce nouvel album, vous explorez plus votre côté funk.
Au début de l’enregistrement de Come On, nous avons beaucoup écouté l’album Record Collection de Mark Ronson. Au final, l’influence première a été cette envie de danser. Sur ma dernière tournée, on finissait toujours les concerts sur des morceaux uptempo. Avec Eric Lignini, on a essayé de faire quelque chose moins jazz, plus electro, plus funky. Je suis aussi en train d’apprendre la basse depuis quelques mois, ça a également beaucoup joué. J’adore James Jamerson et Nick Movshon du Menahan Street Band, ils m’influencent vraiment. Come On possède également côté electro, notamment sur « Unbreakable ». Là, c’est plutôt Lorde et Lana Del Rey qui nous ont inspiré.

Quels sont les artistes qui ont influencé votre parcours ?
J’ai toujours adoré Michael Jackson, Whitney Houston et Mariah Carey, j’ai même le perfecto rouge de Michael Jackson dans Thriller (rires !). Plus récemment j’ai adoré la tournée de Jay-Z et Kanye West. Leur show m’a impressionné, et ça m’a certainement donné envie de créer une performance et un album plus dansant.

Il y a deux ans, vous avez vécu un tournant dans votre vie.  
C’est exact. J’habite dans l’Ontario, au Canada, en pleine campagne. Un jour, je faisais la vaisselle et la foudre est tombée sur la maison. J’ai été victime d’une commotion cérébrale. Toute la partie gauche de mon cerveau était hors-fonction. Mais avec beaucoup de rééducation, j’ai réussi a récupérer toutes mes facultés. Je n’aimais pas trop en parler, mais ça ne m’a pas empêché de chanter et de faire de scène pour autant !

Propos recueillis par Jim Zelechowski

Kellylee Evans Come On (Decca Records/Universal). Disponible le 6 novembre. Tournée française en décembre.


Kellylee evans

Vidéo : Kellylee Evans “Hands Up”

Entre soul, jazz et groove, Come On, le sixième album de la talentueuse Kellylee Evans, dispose d’excellents titres proposant une épatante revisitation de l’architecture Motown tout en flirtant avec l’electro-funk.

Découvrez ci-dessus “Hands Up”, le premier extrait d’un album à paraître le 30 octobre sur Decca/Universal.


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Robert Glasper “Covered”

Dix ans après son premier album chez Blue Note et après deux LPs nu-soul/R&B unanimement salués par la critique, Robert Glasper revient à ses racines en proposant un disque sans Fender Rhodes, Pads electroniques ou le moindre saxophone harmonisé. 100% instrumental, Covered a été enregistré en live et en public aux studios Capitol de Los Angeles en décembre dernier. En compagnie de Vincente Archer à la basse et Damion Reid à la batterie, le duo présent sur ses deux premiers albums Blue Note, Robert Glasper livre 12 titres jazz sans pour autant perdre le côté R&B cultivé avec son Experiment. Des reprises de thèmes existants jalonnent cette heure d’écoute : les univers de Radiohead, John Legend, Kendrick Lamar, Bilal, Joni Mitchell ou encore Musiq Soulchild s’entrechoquent. On retrouve même un clin d’œil à Cindy Lauper (“Time after Time”) sur « In Case You Forgot ».

Sentiment partagé à l’écoute de Covered. Le talent et la virtuosité du pianiste -et du trio en général- est indéniable. On retrouve ici et là la touche Glasperisante sur ces reprises Robert Glasper Experiment_Paris_19Nov14_2_800pixsélectionnées avec soin.  Les habitués aux productions plus léchées en compagnie des meilleurs vocalistes de la scène soul américaine pourront se retrouver quelque peu désarmés face à un album instrumental à l’exécution irréprochable. On s’ennuie parfois face aux démonstrations techniques du patron actuel des touches noires et blanches.  Avec un ou deux chanteurs (ou chanteuses), la copie aurait pu être bien meilleure d’un point de vue qualitatif.

Covered n’en reste pas moins très actuel : à l’image de Black Radio 2 et son « Jesus Children of America »,  Robert Glasper conclut son album avec deux titres engagés : Harry Belafonte raconte ainsi une journée dans la peau d’un citoyen noir aux Etats-Unis sur « Got Over », tandis que sur la reprise d’« I’m Dying of thirst”, le classique de Kendrick, on assiste à un appel des minorités tuées par la police.

Jim Zelechowski

Robert Glasper Covered (Blue Note/Decca/Universal). Disponible en CD et version digitale.


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Snarky Puppy “On joue pour les vibrations, pas pour la perfection”

Sylva, le nouvel album du talentueux collectif Snarky Puppy, propose la rencontre entre le groove et la symphonie en compagnie du Metropole Orkest. Michael League, bassiste et leader hyperactif de la formation, décrit à FunkU son approche de compositeur/producteur et le fonctionnement démocratique de son groupe multi-directionnel. “Depuis le début, je ne voulais pas faire de la branlette jazz”…

Funk★U : Comment s’est déroulé le processus d’écriture de Sylva ?

Michael League : J’ai tout écrit en tournée, dans des chambres d’hôtel et dans des avions sur petit clavier Midi. Beaucoup de choses ont été écrites une semaine et demie avant qu’on ne répète pour l’enregistrement. J’ai consacré deux jours à tout terminer. C’était assez compliqué d’écrire pour un orchestre juste avec un petit clavier, mais la technologie fait pas mal de miracles. C’est un album de voyage. J’étais tout seul devant mon ordinateur. Ce n’est pas la manière idéale d’écrire une symphonie, mais c’était la seule option que j’avais.

Aucun des morceau n’est né d’une jam ou d’une répétition ?

On ne répète jamais. Et nous étions en tournée donc nous n’avions pas l’occasion de jammer, on faisait juste des balances. Je travaillais sur les nouveaux morceaux après les concerts, dans ma chambre d’hôtel, dans le tour bus… dès que j’en avais l’occasion.

Le fait de ne jamais répéter est assez inhabituel, non ?

Je crois que ça le serait si nous ne jouions pas 170 concerts par an, mais quand on joue autant, on n’a plus besoin de répéter. Et puis on change la musique tous les soirs, on improvise beaucoup, on ne joue jamais un morceau deux fois de la même manière, donc pourquoi répéter si c’est pour tout changer au moment du concert ? Et puis ça fait 10 ans qu’on joue ensemble ! Si nous étions un groupe vocal, nous devrions nous assurer que nos voix s’accordent toujours bien, mais c’est une autre histoire. Si nous restions six mois sans jouer, je comprendrais qu’on répète, mais ça n’arrive jamais. On ne reste jamais plus de deux semaines sans se produire, donc tout est toujours frais.

La formule que vous avez adoptée – toi à la tête du groupe et beaucoup de live – avait-elle été réfléchie dès le début du groupe ?

Non, nous n’étions même pas sensés être un groupe. À la base, nous étions juste quelques amis qui jouaient ensemble. Mais il y a eu un effet boule de neige, les choses se sont accumulées.

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Considères-tu Snarky Puppy comme un groupe au sens traditionnel du terme ?

Oui, assurément. On est comme un groupe garage, comme n’importe quel groupe constitué d’amis qui écrivent de la musique ensemble, qui ont des groupes de merde, qui conduisent des heures pour jouer dans des clubs de merde, qui font tout par eux même. On ne voit pas souvent ça dans le jazz. C’est plutôt un truc de rock indé.

En même temps, vous avez une structure à géométrie variable et le groupe gravite autour de ton leadership.

OK, ça c’est différent de la définition d’un groupe traditionnel. La plupart des groupes sont composés d’un nombre de mecs, toujours les mêmes. Ce n’est pas notre cas, c’est très mouvant. Nous sommes comme un collectif. Dans ce sens, non, nous ne sommes pas traditionnels. Il y a certains éléments très normaux dans notre groupe, et d’autres qui sont vraiment bizarres. On va bientôt jouer notre premier concert sans moi aussi. Ce sera Tim Lefebvre à ma place.

Tu avais aussi évoqué Pino Palladino comme remplaçant idéal. Pourquoi eux ?

Parce qu’ils jouent incroyablement de la basse ! Ils savent de quoi ils parlent. J’aime les vrais bassistes, ceux qui jouent bas sur leur instrument, qui ont un super son, qui apporte du soutien à l’ensemble. C’est mon genre favori de bassiste. Je crois qu’en même temps qu’ils sont très impliqués dans la tradition de la basse électrique, son rôle fondamental et tout ça, ils sont très inventifs, ils prennent des risques et expérimentent. Et le son… surtout Tim, il arrive à sortir des sons que d’autres sont incapables de trouver. J’aime vraiment le mélange entre tradition et innovation.

Que penses-tu de Tal Wilkenfeld ? Son album solo avait la particularité, comme tu le fais dans Snarky Puppy, de ne ne pas mettre la basse en avant malgré de superbes lignes. Et ses musiciens (Wayne Krantz et Keith Carlock) ont aussi joué avec Tim Lefebvre.

J’adore Tal. On s’est rencontré à Los Angeles, on a fait une photo amusante ensemble, elle avait mis ses cheveux sur ma tête. C’est une bassiste et une chanteuse très douée. On a en commun qu’on parle de basse, tu vois ? Je veux dire, une basse ne doit pas remplacer un chanter et l’inverse ne doit pas arriver non plus. C’est ce que j’aime d’ailleurs dans cet instrument. Si j’avais voulu être sur le devant de la scène, attirer les regards, j’aurais choisi un autre instrument. Mais ce n’est pas ce que je veux.

Ça va même plus loin que ça : vous accordez plus d’importance à l’ensemble qu’aux passages solo.

Je crois que c’est de ma faute : j’essaie de trouver le ton qui nous va le mieux, quel va être le concept du groupe. J’avais des idées conceptuelles assez fortes depuis le début, je ne voulais pas que nous faisions de la branlette jazz, je voulais que le groove et que la texture prennent une place importante, je préférais les solos courts et concis, comme dans la pop. Une fois qu’on a eu établi ça, c’est devenu un leitmotiv pour les autres aussi. On s’est rendu compte que ça avait plus de sens que 15 minutes de branlette. Maintenant, c’est un fait accompli : ça marche. J’ai posé les bases, mais tout le monde l’a compris et l’a intégré.

Snarky Puppy 2013

Michael League (New Morning 2013)

Ta position de leader ne frustre pas les autres ?

Non ! La seule frustration, c’est quand je ne dirige pas assez. On peux me dire “il y a vraiment trop d’opinions là, c’est à toi de trancher”. La plupart des gars ont leur propre groupe, ils se retrouvent aussi à des moments où ils peuvent dire aux autre quoi faire. Et mon songwriting créé le son du groupe, je crois qu’ils respectent ça. Quand ils écrivent pour le groupe, ils le font de manière à ce que ça fonctionne soniquement. Je crois que dans ce sens, les autres membres me respectent. Je ne crois pas que quiconque soit frustré ou considère que sa créativité est étouffée. Je pense qu’ils aiment le fait qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent dans ce groupe.

Vous avez enregistré Sylva live, comme pour le précédent disque. Vous êtes plus à l’aise avec ce mode de fonctionnement ?

Oui, ça nous permet d’abandonner la possibilité de perfection. On a une opportunité : il faut jouer et on ne pourra pas retoucher. Il y aura des erreurs et on l’accepte. Donc on ne se soucie pas des erreurs. On se soucie de l’ambiance, des vibrations. Donc on joue pour les vibrations, pas pour la perfection. En studio, à force de tout vouloir faire parfaitement, on y parvient, mais il n’y a aucune âme. Je préfère cette manière, elle est plus naturelle, plus organique.

Donc, vous ne passez plus par la case enregistrement studio séparés ?

Je n’en sais rien. J’adore le studio ! Je produis des disques pour d’autres artistes avec qui on enregistre de manière traditionnelle et j’adore ça. Pour mon groupe, je trouve que l’enregistrement live marche mieux, mais on pourrait y revenir.

Comment as-tu vécu le fait d’enregistrer avec un orchestre ?

Ça donne le sentiment d’avoir vraiment une puissance derrière soi. Il y a une vrai émulation et il faut saisir l’instant, savoir utiliser le temps. Un orchestre peut sonner de manière énorme si on lui donne un espace où il se sent un peu à l’étroit. Créer ce contraste dynamique a été la partie la plus amusante pour moi. Je voulais amener des sons différents et d’autres facettes de l’instrumentation. Le Metropole Orkest était le seul orchestre au monde auquel je pouvais penser pour ce projet. Il a été conçu pour jouer ce genre de musique, car il groove.

Quels ont été les rapports entre les musiciens de l’orchestre et ceux du groupe ? Il y a parfois des tensions entre les musiciens classique et les musiciens de musique moderne.

C’était l’exact opposé. Tout le monde s’entendait très bien, ça a été très simple. Le chef d’orchestre était super cool. Il vient du classique, mais il n’en a pas les clichés. Il a juste quatre ans de plus que moi. L’orchestre est habitué à ce genre d’exercice, il a déjà joué avec Chaka Khan, Elvis Costello… et puis ils sont Allemands, donc il sont cool, ils ne bavassent pas. Il font de leur mieux pour mettre à exécution ce qu’on leur demande. C’est comme ça que ça doit se passer : pas de complaintes, pas de “c’est trop compliqué” ou de “ce n’est pas comme ça qu’on fait dans un orchestre”.  Le chef d’orchestre faisait en sorte que ses musiciens soient raccord avec nous. Ça m’a donné envie de monter un orchestre. Si je pouvais, je travaillerais avec un orchestre tout le temps. Si j’arrivais à monter un orchestre en tenant compte de la personnalité de chacun, en choisissant les bonnes personnes, je pourrais vraiment faire quelque chose qu’on n’a jamais entendu auparavant.

Snarky Puppy a un côté orchestre.

On est beaucoup dans Snarky Puppy, mais nous ne sommes pas 52 ! Sur scène, on n’est jamais plus de 14. On n’a pas la même puissance. On ne peut pas être tous sur scène, ce serait trop. Au delà de trois claviers, c’est trop. À quatre, ça deviendrait brouillon, quel que soit le musicien derrière, c’est juste une question de configuration. Pareil, trois guitares, c’est le nombre magique, on peut monter à six ou huit cuivres, pas plus de deux batteurs. Au delà de 21 ou 25 personnes, tout le monde est limité. Le meilleur chiffre est entre neuf et quatorze.

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Quand on écoute le nouvel album, on sent vite qu’il a quelque chose de très cinématographique. Et tu as également expliqué qu’il t’était inspiré par la forêt.

À la base, je devais faire un disque pour une chanteuse. Elle devait chanter avec un batteur et un orchestre. Elle voulait que le groupe s’appelle Dark Woods Orchestra, c’était un nom cool, ça m’a évoqué beaucoup de choses. Donc j’ai écris ce disque pour elle et puis finalement on ne l’a jamais fait. Un des morceaux du disque, “Gretel”, avait été écrit pour elle, ça devait être le morceau d’ouverture. Il parle de deux enfants perdus dans une forêt pleine de choses dangereuses. Ces images étaient vraiment fortes dans ma tête, quelque chose dans mon cerveau a directement connecté avec le son d’un orchestre. Et avec celui que j’ai choisi.J’ai du changer plusieurs instruments, j’ai ajouté des cuivres, j’en ai enlevé d’autres… J’avais cette image de la forêt, j’ai écris un autre titre en pensant à une autre forêt dans laquelle j’avais été. J’ai ensuite décidé de faire pareil pour les autres : choisir une forêt dans laquelle j’étais allé et écrire à ce propos.

“The Clearing” est vraiment un excellent morceau, très narratif, très nuancé, comment avez-vous travaillé ce titre ?

J’avais écrit l’intro à la guitare, en chantant la mélodie. Puis je ne trouvais pas la suite. J’ai alors décidé de ne plus y penser et de m’amuser à la guitare, j’ai trouvé quelque chose que j’ai pensé pouvoir exploiter un jour pour un nouveau titre. Le lendemain, j’ai écouté ce que j’avais enregistré et je me suis rendu compte qu’en adaptant la tonalité, les deux choses allaient ensemble. Quand j’étais au lycée, il y avait une clairière au milieu d’une forêt, c’est là où se rendaient les mauvais gamins, pour fumer et boire, écouter de la musique et faire des trucs avec leurs copines. C’était l’endroit où on pouvait faire ce qu’on voulait. J’ai voulu en quelques sortes résumer ma puberté dans ce morceau. Des émotions profondes mélangée à des trucs un peu fous. L’orchestre est dingue, il joue d’une manière que je n’ai jamais entendue avant.

Es-tu intéressé par les sonorités plus électro ?

J’adore Squarepusher, j’adore Aphex Twin, j’aime ces mecs. Mais pas ce qui passe à la télé ou à la radio. C’est un genre qui a énormément de potentiel, mais où il y a beaucoup de trucs très mauvais. J’aimerais faire des choses… On voulait faire un album house, mais entièrement live. Je voudrais le faire, mais pas juste histoire de dire que je l’ai fait, il me faut un concept, que j’ai des choses à dire. Comme pour ce disque. Mais oui, c’est vraiment le genre le plus intéressant en ce moment, mais ce qui se passe est déprimant : la perception du public sur ce que font certains artistes et ce qu’il font vraiment… Le fossé est si vaste. Où sont les mecs comme DJ Master Mike ? Pourquoi l’industrie ne travaille plus avec ces gens-là ? C’est la raison pour laquelle nous avons mis 10 ans à signer avec un label. J’ai l’impression que les mentalités sont en train de changer cela dit, et qu’on se rend compte que la bonne musique aussi peut rapporter de l’argent.

Propos recueillis par Noé Termine. Photo d’ouverture : Stella K.

Snarky Puppy & Metropole Orkest Sylva (Impulse!/Decca/Universal). CD/DVD disponible. En concert à Paris (L’Olympia) le 7 mai et au festival Jazz à Coutances le 8.


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Snarky Puppy & Metropole Orkest “Sylva”

Un an après We Like it Here, Snarky Puppy revient avec un nouvel album entièrement instrumental en compagnie du Metropole Orkest, un ensemble d’une cinquantaine de musiciens en prime.  Signé sur le label Impulse, une première pour une formation revendiquée indépendante, Sylva est une pépite fusion orchestrée de main de maître par Michael League, bassiste et leader du groupe.  À la première écoute, on se demande si l’on n’est pas en train d’écouter la bande originale d’une nouvelle saison de Game Of Thrones, tant la production et les arrangements cordes/cuivres, bien qu’empreints d’une modernité flagrante, sont imagés : « Sintra » et  « Gretel » abondent dans ce sens.

couv-snarky-puppyIl y en a pour tous les goûts : les amateurs des premiers succès du groupe adoreront à coup sûr « Flight » et « The Clearing ». Ces deux morceaux possèdent un côté fusion aux sonorités distordues et aux efficaces arrangements groove. La seconde partie de « The Clearing » délivre un gimmick récurrent repris d’abord par les cuivres, puis par le Moog dans un tempo légèrement plus élevé et qui reste très (trop) facilement en tête. La fusion est encore perceptible sur « The Curtain », avec une mention spéciale à son très bel outro de piano.  « Atchafalaya » est un titre très New-Orleans, un univers certainement véhiculé par l’omniprésence des cuivres du Metropole Orkest et l’arrangement chargé de la session rythmique couplé à celui de l’orgue.

Sylva est un album à part et réellement audacieux dans la discographie de Snarky Puppy. Pas étonnant que le projet ait intéressé Jean-Philippe Allard, le directeur du label Impulse. À quand une bande originale de cette qualité commandée par Hollywood ? Michael League, lui, en rêve secrètement.

Jim Zelechowski

Snarky Puppy & Metropole Orkest Sylva (Impulse!/Decca/Universal). CD/DVD disponible. En concert à Paris (L’Olympia) le 7 mai et au festival Jazz à Coutances le 8.


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Interview/blind-test avec Marcus Miller autour d’”Afrodeezia” 

Afrodeezia, le nouvel album de Marcus Miller (et son premier pour le label Blue Note), propose un voyage musical entre l’Afrique, l’Amérique latine, les Caraïbes et les États-Unis. Le bassiste légendaire dévoile son nouveau projet à FunkU tout en commentant une sélection groovy personnalisée (Robert Glasper, Prince, The Temptations, D’Angelo…). Interview/blind-test en compagnie d’un artiste aussi décontracté qu’engagé.

 

 

FunkU : Afrodeezia, votre nouvel album, marque vos débuts sur le label Blue Note. Qu’est ce que ça vous inspire ?

Marcus Miller : C’est génial. Blue Note est un label légendaire et c’est super de faire partie de la famille. Ils produisent des choses intéressantes aujourd’hui. Blue Note a le vent en poupe avec des artistes qui eux aussi sont géniaux et dont beaucoup sont des amis, comme Robert Glasper ou Gregory Porter. Don Was, le producteur de l’album, connaît très bien la musique et la basse. C’est vraiment super d’être capable de communiquer avec lui car il connaît bien les musiciens, on a bon très bon feeling tout les deux, on se connaît depuis 30 ans. Il avait un groupe qui s’appelait Was (Not Was), ils venaient de Detroit, j’ai d’ailleurs joué sur leur premier album…

Pouvez-vous décrire votre album en seulement deux mots ?

 Voyage musical. Mon album est l’histoire du voyage de mes ancêtres. Il commence en Afrique de l’Ouest, pour aller ensuite en Amérique Latine, aux Caraïbes, pour enfin se terminer aux Etats-Unis. D’abord le sud, puis les grandes villes du Nord des Etats-Unis. Du coup, c’est un vrai voyage. Je suis engagé, je suis aussi porte-parole du Slave Route Project de L’UNESCO. Il est question, avec ce projet, de raviver l’intérêt des gens sur l’histoire de l’esclavage et de célébrer la capacité de l’homme d’outrepasser l’esclavage. Je voulais faire une version musicale de ce programme. Donc, j’ai cherché des musiciens du Sénégal, du Mali, du Brésil, de la Trinité, de la Nouvelle Orleans, Detroit, Chicago et New York. C’est une belle histoire.

Marcus+Miller+Afrodeezia+Album

Marcus Miller « I Can’t Breathe » (Afrodeezia, Blue Note, 2015)

Avec ce titre, vous voyagez. Vous partez du Mali, puis au Maroc, vous traversez l’océan direction le Brésil. Vous avez une touche de musique caribéenne, et enfin le funk et le hip-hop américain. C’est la dernière chanson que j’ai enregistré pour Afrodeezia. J’étais supposé avoir fini l’album. En décembre, Blue Note m’appelle et me demande si l’album est terminé. Je leur réponds que je suis en plein mix. On avait une télé au studio, et un jour, en regardant les news, on tombe sur l’affaire Eric Garner et on se rend compte que la situation devient de plus en plus tendue pour les Afro-Américains. J’ai commencé à écrire cette chanson et j’ai appelé Chuck D. de Public Enemy. Il se trouve qu’il était sur l’autoroute qui passait juste à côté du studio. Il a pris la première sortie et nous a rejoint. On a enregistré la chanson en deux jours. Cette chanson est le reflet de la société américaine à ce moment-là. On a mis cette chanson en dernier dans le tracklisting, c’était comme une évidence, comme le point final de l’histoire, ou en tout cas le point final de l’histoire à ce moment présent. Car l’histoire continue sans cesse de s’écrire. Aujourd’hui, les Etats-Unis doivent faire face à leurs problèmes. Cette situation aux États-Unis n’est pas nouvelle. Quand j’étais gamin, mon père me répétait sans cesse « Fais gaffe avec la police, si tu es noir, tu peux avoir des problèmes ». La seule différence est qu’à l’époque, il n’y avait pas de téléphones portables, pas de caméra. Aujourd’hui, tout le monde à un smartphone, tout le monde est connecté. Dès qu’il y a une altercation, les gens autour dégainent leur portable, filment et mettent ça sur les réseaux sociaux, c’est instantané.

Robert Glasper « Ah Yeah » (Black Radio, Blue Note, 2012)

 Je ne connais pas cette chanson (rires) ! Non, c’est trop facile : Robert Glasper, Chris Dave, et… Musiqsoulchild. J’adore Musiqsoulchild et Robert Glasper. Ce type est génial, fou mais génial. Son projet Black Radio est fantastique : ramener le R&B sur le devant de la scène avec de très belles couleurs. J’aime beaucoup le titre avec Erykah Badu sur Black Radio 1, et aussi celui avec Lalah Hathaway, elle a d’ailleurs gagné un Grammy pour sa reprise de « Jesus Children of America » sur Black Radio 2.

Lalah Hathaway feat. Snarky Puppy « Something » (Family Diner Vol.1, Ropeadope, 2013)

Cette version-là est magique. J’adore quand Sput, le batteur, tombe de son siège lorsque Lalah fait son truc avec les trois voix à la fois (rires). C’est une grande collaboratrice. Elle a fait beaucoup de choses avec moi, avec Robert Glasper, Snarky Puppy… Elle comprend parfaitement les choses et peut faire tout ce qu’elle veut avec sa voix, c’est un ovni. Le fait qu’elle ait gagné deux Grammies pour des collaborations n’est pas anodin. Mais cela a pris du temps. Imaginez qu’elle a commencé en 1991, cette chanson-là figure sur son premier album. Il a fallu presque 25 ans pour que les gens comprennent le talent de cette chanteuse ! Mieux vaut tard que jamais… Les Snarky Puppy font aussi un superbe travail. Il remettent au gout du jour la fusion et la musique instrumentale, ce qui est cool car ils ont tellement de possibilités : ils combinent funk, jazz, rock… Je les adore car au fond, c’est un peu ce que je fais aussi (rires).

D’Angelo « The Charade » (Black Messiah, RCA, 2014)

Questlove à la batterie, Pino Palladino à la basse, D’Angelo au chant, le trio de choc. J’ai écouté l’album juste une fois. Je pense qu’il me faudra au moins 50 écoutes avant de me prononcer. À entendre les paroles, tout le monde est affecté par la situation actuelle. C’est le début d’une nouvelle ère. C’est bien, car tous les artistes commencent à s’unifier et à regarder dans la même direction… J’ai entendu parler de la performance de Pharrell Williams aux Grammies, une performance très engagée, avec les danseurs levant leurs mains en l’air comme s’ils étaient face aux forces de l’ordre. C’est comme dans les années 1960, et si cette musique avait un tel écho politique à l’époque, c’est parce que tout le monde se sentait concerné par la même chose. Dans les années 1980, les gens se sont concentrés sur d’autres choses plus futiles, l’argent, eux-mêmes. Mais aujourd’hui, nous sommes en train de nous concentrer sur quelque chose de plus créatif qui va se répercuter sur la musique. Ce nouvel album de D’Angelo sonne comme s’il avait été réalisé deux ans après Voodoo, à l’exception des paroles qui sont clairement actuelles. Ce type a changé la musique, il a changé le R&B avec juste un seul album. Tout le R&B produit après Voodoo a été influencé par cet album. Dans un certain sens, D’Angelo n’avait pas réellement besoin de sortir un autre album très rapidement. Black Messiah sonne déjà comme un futur classique !

Marcus Miller

 

Prince « Can I Play With U ? » (Unreleased, 1985)

(Étonné) Ou avez-vous trouvé ça (rires) ? Miles Davis, à cette époque, cherchait à collaborer avec Prince. Avant de faire Tutu, Miles venait de signer un gros deal avec Warner. Il voulait quelque chose de différent. Donc, il a bossé avec beaucoup de personnes et de producteurs différents, histoire de trouver quelque chose de nouveau. Il a réuni Larry Blackmon, George Duke etc. Ils m’ont appelé un jour et m’ont demandé si j’avais des idées pour Miles. Je suis arrivé en studio avec deux chansons, « Tutu » et « Portia ». Ils ont aimé les titres et m’ont rappelé pour me dire qu’ils voulaient que je termine et produise entièrement l’album et qu’ils aimaient ma direction artistique. Quand Prince nous a envoyé « Can I Play With U ? », j’ai halluciné. Quelques jours plus tôt, je venais d’écrire « Full Nelson », et « Can I Play With U ? »  devait être la transition. Miles m’a demandé de mixer le titre, mais Prince a trouvé que ce titre trop différent des autres morceaux de l’album, que cela manquait d’homogénéité. Donc Miles ne l’a finalement pas inclus dans l’album (« Can I Play With U » figure toujours sur le master d’origine de Tutu dans les coffres de Warner, ndlr.). Dans ce titre, on peut entendre le son caractéristique de Tutu avec les longues nappes de clavier, entres autres. Prince est un bassiste génial. Dès son premier album, j’ai beaucoup appris de lui. J’ai appris comment faire pour qu’une ligne de basse épouse parfaitement le mix d’un morceau en jouant avec beaucoup d’attitude, parfois laidback, parfois upfront, très funky en fait. Prince possède vraiment une patte personnelle à ce niveau-là, une « attitude ».

Plus de 30 ans après vos premiers enregistrements et après une carrière aussi longue, votre vision de l’industrie du disque a-t-elle changé ?

L’industrie de la musique a vraiment changé, ma vision aussi car son mode opératoire a également beaucoup changé. Avant le milieu des années 1990, tu jouais dans les clubs en espérant que les gens des maisons de disque viennent te chercher et te disent « je vais faire de toi une star, je vais investir sur toi ». Aujourd’hui, les gens des maisons de disque ne viennent plus te voir jouer, c’est toi qui va les démarcher dans leurs bureaux. Et quand tu décroches un rendez-vous, ils regardent le nombre de fans et de followers que tu as sur Facebook et Twitter et ils te demandent combien d’exemplaires de ton premier album as-tu vendu par toi-même. Si tu as la bonne réponse à ces questions, ils te signeront peut-être. L’artiste doit tout faire seul de nos jours.

The Temptations « Papa Was A Rolling Stone » (All Directions, Motown, 1972)

C’est la version longue ! Cette ligne de basse est vraiment une des lignes de basse les plus mémorables de l’histoire de la musique. Bob Babbitt joue cette ligne sur le titre original. Il avait commencé à bosser pour la Motown en 1970. J’ai choisi de reprendre ce titre dans mon album parce qu’il incarne réellement la ville de Detroit dans les années 1960-70. C’est une des mes chansons préférée du répertoire de la Motown, avec une atmosphère très particulière, très dramatique en fait. J’adore l’histoire que cette chanson raconte, celle d’un type qui veut en savoir plus sur son père très mystérieux et solitaire, qui file en douce le soir. Sur Afroddezia, je joue des lignes de basse funky, des lignes de basse africanisantes et aussi des choses plus New Orleans. Tout ce voyage musical devait se terminer avec « Papa Was a Rolling Stone » avant que je ne compose « I Can’t Breathe », car c’est le point final de l’histoire à l’heure où nous parlons. Pour combien de temps ? Je ne sais pas… Au fait, vous ne m’avez toujours pas dit où vous avez trouvé la chanson de Prince et Miles ?

Interview : Jim Zelechowski. Photos : Sabrina Mariez

Marcus Miller Afrodeezia (Blue Note/Decca/Universal). Sortie le 16 mars. Marcus Miller en concert à Paris (Olympia) le 13 avril.

Marcus Miller


Gainsbourg Cinéma

“Le cinéma de Serge Gainsbourg” en version Deluxe le 20 avril (updated)

Le 20 avril, la collection Écoutez le cinéma proposera une version enrichie comprenant 5-CDs du coffret Le cinéma de Serge Gainsbourg paru en 2002. Paru à l’époque en triple CD, cette anthologie regroupait les bandes originales cosignées par Alain Goraguer (L’eau à la bouche), Michel Colombier (Le pacha) et Jean-Claude Vannier (La horse). Cette nouvelle version révisée sera réalisée à partir des bandes 24-pistes.

Note : le tracklisting Amazon est erroné. La version finale du coffret comprendra 12 minutes d’une bande originale Gainsbourg/Vannier totalement inédite en disque (y compris en vinyle).

Tracklisting complet et interview du concepteur Stéphane Lerouge bientôt dans ces pages !

 

Gainsbourg Cinéma


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