Fela 2021

Deux albums mythiques de Fela Kuti réédités en vinyle

L’année 2021 marque le cinquantième anniversaire de deux des enregistrements les plus appréciés de Fela Kuti : London Scene et l’album légendaire enregistré avec Ginger Baker, le batteur de Cream. Cet automne, les deux disques seront réédités en vinyles collectors colorés et splatter par Partisan Records (distribution française : PIAS). London Scene paraîtra le 5 novembre et Live! With Ginger Baker sera disponible le 25 février. Ce dernier bénéficiera d’un son remasterisé à Abbey Road, à partir des bandes masters originales.

De plus, un solo de batterie récemment découvert de Tony Allen et Ginger Baker provenant d’une performance d’Africa 70 au Festival de Jazz de Berlin en 1978, est d’ores et déjà disponible en streaming. Un solo de batterie d’Allen et Baker est apparu sur les versions précédentes de ‘Live! With Ginger Baker’, mais cette seconde partie était restée inédite. On peut l’écouter ici.
 

 


Tony Allen 2021

“There Is No End“, l’album posthume de Tony Allen

Disparu le 30 avril 2020, Tony Allen, le légendaire batteur afrobeat, effectuera son retour posthume avec l’album There Is No End.

Un an après jour pour jour, cet album inédit respecte une des dernières volontés de Tony Allen : collaborer avec une nouvelle génération de rappeurs afin de leur donner une voix dans une période de turbulence globale où la musique n’a jamais été aussi importante.

Co-produit par Damon Alban, “Cosmosis“ le premier extrait de l’album, comprend ainsi la participation du rappeur Skepta sur un texte du romancier Nigérien Ben Okri.

Découvrez ci-dessous “Cosmosis“ feat. Skepta. There Is No End sera disponible le 30 avril 2021 (distribution Decca/Universal)


Paris NY 2018

Bilal, Brian Jackson, Tony Allen et un hommage à Prince au Paris-New York Heritage Festival

Depuis ses débuts en 2016, le Paris New York Heritage Festival propose un voyage initiatique à la fois historique et actuel au cœur des arts Afro-Américains.

Entre concerts, showcases, expositions et masterclasses, la troisième édition du Paris New York Heritage Festival remonte dans le temps retracera les origines de la musique contemporaine comme le jazz-fusion et le hip-hop à travers une interprétation de la Génération Perdue, qui se référait dans les années 1920, en France, à l’absence de but ou de motivation résultant de l’horrible désillusion ressentie par les vingtenaires et trentenaires ayant vécu la guerre, et qui étaient alors dans la vingtaine et la trentaine. Souvent décriée, elle n’en demeure pas moins un moment très important dans l’histoire de la création comme le jazz en France. 2018 fêtera le centenaire de la Génération Perdue, l’occasion pour Paris New York de rendre hommage à toutes les «générations perdues » qui ont contribué à modéliser et à influencer la musique et les arts contemporains.

A Paris, le festival ouvre ses portes au Café de la Danse pour deux soirées inédites. Le 7 juin avec un trio exclusif entre Brian Jackson, le partenaire musical de Gil Scott-Heron, Ilhan Ersahin, saxophoniste aux multiples collaborations internationales et le trompettiste Erik Truffaz.

Le 8 juin, Tony Allen donnera le tempo pour un aller-simple aux origines de la Black Music. Le géant africain partagera son histoire à travers la musique africaine jusqu’au hip-hop en passant par l’afrobeat et le jazz. Le voyage se poursuit au Mona Bismarck–American Center pour une escale franco-américaine avec un DJ set d’Anders du Mellotron et le groupe Tortured Soul, venu tout droit de Brooklyn.

Pour clôturer sa saison printanière, le 9 juin, le New Morning accueillera la scène funk du festival avec un hommage à Prince par le groupe Echoes Of. Le 21 juillet, une soirée d’été exceptionnelle sera proposée au Mona Bismarck–American Center avec Bilal.

En marge des concerts, Paris New York Heritage Festival a concocté des « Afters » au Mob Hotel dont les places sont ultra limitées : Le 10 juin avec Brian Jackson en piano solo et Ilhan Ershain en DJ set et le 22 juillet pour un concert privé de Bilal.

Informations et réservations


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Le premier album Blue Note de Tony Allen en septembre

Le 8 septembre, Tony Allen, le légendaire batteur afrobeat (mais pas que) publiera The Source, un nouvel album de 11 titres instrumentaux et son premier sur le prestigieux label Blue Note.

The Source a été enregistré en compagnie du tromboniste Daniel Zimmermann, du saxophoniste Rémi Sciuto, du contrebassiste Mathias Allamane, du claviériste Vincent Taurelle, qui avec Bertrand Fresel a produit l’album. Parmi les autres invités figurent le guitariste camerounais Indy Dibongue et le fidèle Damon Albarn, qui intervient au clavier sur “Cool Cats”.

Tony Allen se produira à Paris le 9 septembre dans le cadre du festival Jazz à la Villette.

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Foley

De La Soul, Foley, Cory Henry et Gregory Porter au Festival Jazz à la Villette

Du 31 août au 13 septembre prochain, la nouvelle édition du Festival Jazz à la Villette accueillera une liste de groupe et d’artistes aux univers étendus vers la soul, le funk et le hip-hop.

La soirée d’ouverture verra se succéder sur la scène de la Grande halle de la Villette Cory Henry & The Funk Apostles et De La Soul en formation live. Deux jours plus tard, on retrouvera Fred Wesley et Omar au Cabaret sauvage. Le 3 septembre, une affiche exceptionnelle réunira Foley feat. Kenny Garrett, Larry Dunn, Darryl Jones & Bobby Sparks, puis Gregory Porter ravira la Grande halle en compagnie de Don Bryant, le vétéran soul dont l’excellent nouvel album a été récemment chroniqué dans nos pages. Enfin, Tony Allen, Sinkane et Curtis Harding seront présents au même endroit le samedi 9 septembre.

Programmation complète et informations


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Cerrone : “Mes racines, c’est la musique africaine”

En pleine promotion de son nouvel EP Afro, destiné à nous faire patienter avant un prochain album à paraître cet été, Cerrone reçoit Funk★U pour évoquer ses rencontres avec Nile Rodgers, Larry Dunn, Claude Nobs et Quincy Jones. Entretien exclusif avec le Parrain de la French Touch.

★★★★★★★★★

FunkU : Avant d’entamer votre carrière, vous vous destiniez au métier de coiffeur pour le cinéma. Finalement vous avez plus composé de bandes originales que coiffé d’acteurs. Comment êtes-vous entré dans le monde de la musique ?

Cerrone : J’avais des parents qui avaient les pieds sur terre. J’ai commencé la musique à l’âge de 12 ans, j’ai eu plein de groupes jusqu’à l’âge de 16 ans. Mais pour mon père, la musique, ce n’était pas un métier. Alors pour l’emmerder j’ai choisi une école de coiffure pour le cinéma assez chère. Je pensais qu’il allait me dire non et il a dit oui ! Il voulait que j’aie mon salon, mais moi je ne voulais pas. On s’est engueulés, j’ai cassé la vitre de chez moi et j’ai fugué.  Après ça, j’ai cherché des copines plus âgées qui avaient leurs piaules pour ne pas finir à la rue. J’ai rencontré une fille qui travaillait au Club Med. Grâce à elle, j’ai rencontré Gilbert Trigano et je lui ai proposé mon idée de jouer de la musique live dans les Club Med. C’était pas compliqué : « Tu fais répéter dix batteurs, dix bassistes, dix claviers, guitaristes etc. sur un répertoire… tu les envoie dans les clubs et l’affaire est réglée ». Il a adoré l’idée. A la base, c’était surtout pour suivre ma copine dans les clubs (rires). Quelques semaines après, je deviens directeur artistique du Club Med pendant un an et demi, ce qui m’a permis de vivre ma fugue. J’ai quitté le Club Med avant l’été 1972, car j’avais l’impression que j’allais devenir G.O !

Au cours de l’été 1972, vous rencontrez Eddie Barclay. A-t-il changé votre vie ?

Cet été-là, je suis descendu à Saint Tropez avec ma batterie pour faire la manche devant le Gorille et le Sénéquier. On gagnait bien notre vie !  Eddie Barclay est venu trois soirs de suite, il a mis un papier dans le chapeau avec un mot dessus : « Retrouve-moi à la fin de ton set ». Il m’a demandé si j’avais un groupe, je lui ai répondu que j’avais monté Congas. Les gars sont descendus et on a fait le Papagayo, qui était le gros club de Saint Trop’ à l’époque.  On a fait une audition au début du mois d’août, ensuite on a joué tous les soirs. Fin août, on a signé le contrat, avec un premier single trois semaines plus tard. Depuis, je n’ai plus jamais arrêté.

Quelles ont été vos principales influences soul et funk ? Avec quels artistes de ces courants avez-vous entretenu les plus belles relations ?

Mes influences de l’époque c’était Santana, Hendrix, toute cette scène rock, avec ce côté spectacle et groove aussi. Et puis après, la vie m’a donné la chance de faire une carrière d’abord aux Etats-Unis, de rencontrer Earth Wind And Fire, Nile RodgersLarry Dunn, Nile, ce sont des potes. J’ai fait Congas quatre ans. Barclay nous poussait à faire de la pop à la Martin Circus. Moi, c’était vraiment de l’afro-funk, de l’afrobeat. Je n’avais pas fait tout ça pour finir dans le populaire. J’ai arrêté, mais au bout d’un an, j’ai repris et j’ai produit Love In C Minor qui n’était pas fait pour passer en radio. Seize minutes de long, avec un côté lancinant… J’ai eu la chance de signer avec Ahmet Ertegun chez Atlantic à New York. J’étais le seul blanc du sous label Cotillion, j’avais l’impression d’être un intrus ! Ils m’ont fait faire plein de télé comme American Bandstand, Soul Train… J’avais mes trois-quatre ans de bagage avec Congas, donc je savais comment séduire les gens sur scène. C’est ça qui a fait que les Nile Rodgers et Earth Wind And Fire sont venus partager la scène avec moi, ce ne sont pas les millions de ventes de disques ! Soul Train, ce n’était pas comme un plateau de télé classique, là, tu avais tout le monde autour. En plus, j’étais arrivé avec « Lost in Paradise » et « Love in C Minor », des titres ultra-sexy. Du coup, ils m’avaient mis des nanas avec des shorts ultra courts… J’ai vécu deux grosses années de promo sans m’en rendre compte, en apprenant mon métier. C’était une belle base pour mes futures scènes européennes.

Vous aviez été précurseur de la musique électronique en France, au même titre que Jean-Michel Jarre. Pourquoi pensez-vous que votre musique a séduit la scène internationale ?

Celle-ci on, me l’avait jamais posée !  Enfin si, mais à l’envers. Je ne me suis jamais considéré comme un profond artiste ou musicien français. Mes racines, c’est la musique africaine ! J’ai fait des disques pour faire de la promo, avoir du contenu. Je pense que c’est ma façon de faire du live qui l’a séduite, et puis notre volonté extrême de s’exporter.

Vous avez aussi été précurseur du disco en France.  Et aussi le premier groupe français à signer sur Buddah Records aux Etats-Unis.

Avec Congas, on a été les premiers à signer un contrat à l’étranger. Dès le départ, on ne parlait de que de nous car nous nous exportions avec succès.

C’est quoi le son Cerrone ?

Rythmique, Festif, Sensuel. Pas sexy, ce n’est pas la même chose.

Aujourd’hui, vous sortez l’EP Afro, avec notamment une appropriation du « Soul Makossa » de Manu Dibango et également un titre avec Tony Allen. Comment s’est créée cette collaboration ?

Michel Duval de Because Music m’a parlé d’afrobeat et d’un duo avec Tony Allen. Ils ont loué un studio, avec deux batteries et on a fait un truc à deux, j’ai composé par-dessus. Avec Manu Dibango, on s’était rencontré à l’époque de Congas. Il sortait Soul Makossa quelques mois avant et commençait à cartonner aux Etats-Unis. Le manager de Manu est venu me voir car ils avaient pour projet de faire un album pour célébrer la carrière de Manu. En parlant, je lui demande s’il avait toujours les pistes séparées de « Soul Makossa ». Il m’a envoyé ça quelques jours après, il est venu écouter et a adoré. J’ai signé avec Emmanuel De Buretel dans la foulée. Tous les featurings que j’ai sur l’album (sortie cet été ou septembre !) sont vraiment cool. J’ai des titres avec Disclosure, Aloe Blacc et Nile Rodgers. C’est un album joué live, il y a du lourd ! Pour tous ceux qui aiment l’afrobeat funky, ils vont être servis et j’espère qu’ils vont être contents !

Nous avons assisté à un retour du funk dans les charts, notamment avec Daft Punk et plus récemment avec Mark Ronson et Bruno Mars. Croyez-vous à un retour similaire de l’Afrobeat ?

Je pense qu’il n’est jamais parti. Il est plus ou moins populaire par rapport aux artistes du moment qui se l’approprient. C’est comme le disco ! On l’a appelé groove, garage, house mais au final, même si les moyens de produire ont évolué, la base est la même.

Quelle est la différence fondamentale entre le funk et le disco ?

Le funk, c’est beaucoup plus rythmique, plus volontaire dans l’approche, plus engagé aussi. Le funk vient aussi de l’afrobeat aussi, qui était déjà auto-influencé.  Le disco, c’est un peu plus happy.

Pensez-vous que Chic sont un peu les Beatles du Disco ?

Non. Chic c’est vraiment du pur disco new-yorkais, rien de pop pour moi. Les Beatles, ça part de la tête. C’est plus les Stones du Disco pour moi (rires). Chez Chic, ça part du cœur.

Vous avez participé à de nombreux gros évènements (le Live8 en 2005 en Ecosse, ou encore  votre concert à Versailles). Quel est votre prochain défi ?

Je n’ai jamais organisé ma vie à plus d’un an, un an et demi. J’adore ce genre d’événement irréalisable. On avait prévu un magnifique concert avec Nile Rodgers et Beth Ditto le 11 décembre dernier, pour la clôture de la Cop 21. Nous devions faire ça sous l’Arc de Triomphe. Tout était ok, les autorisations, les financements… Malheureusement, le concert a été annulé suite aux attentats du 13 novembre. Celui aurait été costaud, il devait y avoir des images de Yann-Arthus Bertrand projetées sur l’Arc de Triomphe, un vrai show qui devait s’appeler Supernature. On avait répété ce truc là… On parle de le refaire quand même. Mais tant que les risques d’attentats seront présents, non.

Vous avez participé au Montreux jazz festival en 2012. Cette année, il fête ses 50 ans. Avez-vous une affection particulière avec ce festival et en aviez-vous une pour Claude Nobs ?

J’avais rencontré Claude Nobs à l’époque de « Love in C Minor », il était le représentant du label WEA en Suisse.  On s’est perdus de vue pendant longtemps. Un jour, Nile Rodgers m’appelle en me demandant si je ne voulais pas faire Montreux. Moi, j’ai boudé, en lui disant qu’il demande à Claude Nobs de m’appeler s’il voulait me voir en Suisse. Un an avant sa mort, il m’a appelé et il m’a programmé. On est resté dans sa loge pendant heures heures à refaire le monde pendant que Nile Rodgers jouait. Ce concert à Montreux en 2012 était vraiment top. Il y a un gars qui m’a toujours laissé penser qu’en étant musicien, il était possible de faire une carrière solo sans forcément être un musicien de jazz : Quincy Jones. C’est un modèle. Son album Back on The Block avec tous les featurings m’a donné envie d’en faire un à mon tour.  On attaque le show de Montreux 2012 et je remarque un gars sur le côté qui s’assoit, prend son temps, un papy. C’était Quincy ! Hallucinant ! A la fin, Nile Rodgers me demande si je suis allé voir Quincy, je lui ai répondu que je n’osais pas, un peu comme un gamin devant son idole. Je suis allé le voir, il m’a serré contre lui et il m’a dit : « Ca doit faire 40 ans que j’entends parler de Cerrone… Ca y est, ce soir je sais ce que c’est, bravo ! ». Pour moi, c’était mieux qu’un disque d’or !

Propos recueillis par Jim Zelechowski

Cerrone Afro (EP Because). Disponible. Nouvel album à paraître en été 2016.


Cerrone

Vidéo : Cerrone “Funk Makossa” feat. Manu Dibango

Après une campagne de rééditions de ses albums débutée en 2014, la légende du disco Cerrone est de retour avec Afro, un nouvel EP qui voit l’auteur de “Supernature” collaborer avec de grands noms de la musique africaine comme Manu Dibango et le batteur Tony Allen.

J’ai toujours été profondément influencé par la musique afro-rock” confesse le musicien, “à cause de la grande empreinte artistique de mon premier groupe Kongas avec lequel j’ai passé quatre ans avant de lancer ma carrière solo avec Love In C Minor.”

“”Soul Makossa” de Manu Dibango a toujours été une de mes chansons préférées. On s’est rencontré par hasard il y a un an et on a décidé de marier deux de nos créations.  C’est en fait un mélange d’un ancien titre que j’ai enregistré live il y a quelques années un soir avec Little Louie Vega qui s’appelait “Love & Dance Ritual”. On a utilisé des extraits de ce titre qu’on a mixé avec “Soul Makossa” en y ajoutant quelques éléments de production, et c’est devenu ”Funk Makossa”".

Afro sera disponible en téléchargement sur iTunes le 12 février prochain. En attendant, découvrez le clip de “Funk Makossa” ci-dessus, une version audio plus longue et l’excellent “2nd Chance” featuring Tony Allen dans le lecteur ci-dessous.

Cerrone+Afro+EP

Cerrone Afro EP (Because Music/Big Beat) :

1. 2nd Chance (feat. Tony Allen)
2. Funk Makossa (feat. Manu Dibango)
3. Bodytalk
4. Funk Makossa (feat. Manu Dibango) [Todd Edwards Remix]
5. 2nd Chance (feat. Tony Allen) [Mind Enterprises Remix]
6. 2nd Chance (feat. Tony Allen) [Extended Club Mix]


Tony Allen (photo : Bernard Benant)

Tony Allen, Yasiin Bey (Mos Def) et Minneapolis au 25ème festival Sons d’hiver

festival-sons-d-hiverDu 29 janvier au 21 février prochain, la 25ème édition du festival Sons d’hiver offrira une nouvelle affiche éclectique entre jazz, soul, funk, blues, hip-hop, rock et reggae. Cette année, le festival accueillera entre autres Naomi Shelton and the Gospel Queens et l’Hypnotic Brass Ensemble (le 20 février à Créteil) et Yasiin Bey (Mos Def) le 12 février à Fontenay sous/bois.

Le vendredi 19 février, une soirée spéciale au MAC de Créteil invitera également Tony Allen dans le cadre d’un concert hommage à Art Blakey et le projet Minneapolis de Michel Portal, qui, 15 ans après un concert dans les mêmes murs, retrouvera Sonny Thompson, Vernon Reid et Tony Hymas à l’occasion de son 80ème anniversaire. À noter que Michael Bland sera remplacé par Stokley Williams à la batterie pour ce concert.

Informations


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Tony Allen : « le funk n’est absolument pas la racine de l’afrobeat »

Tony Allen vient de nous quitter à l’âge de 79 ans. Fin 2014, le batteur de légende publiait Film of Life, un album teinté – évidemment – d’afrobeat, mais également de pop et autres musique actuelles. Nous avions rencontré Tony Allen pour évoquer ce nouveau disque, mais aussi son rapport à un genre qu’il a contribué à créé, au funk, et à Damon Albarn, son frère musical.

Funk★U : Votre nouvel album s’intitule Film of Life, c’est une sorte de biographie en musique ou un clin d’œil à tous les biopics qui sortent ces dernières années ?

Tony Allen : Ce disque s’intitule Film of Life pour les raisons suivantes : j’ai traversé beaucoup de choses, différents courants musicaux, mes albums solo ont été faits dans des genres différents, de manière différente. Le champ musical en lui-même, ce qu’il faut pour être musicien, ce que j’ai enduré, les hauts et les bas, les zig-zags et tout ça… ce n’est pas une situation stable. C’est comme un film. Mon livre est aussi à propos de cela. C’est un film. Je ne regarde pas les films musicaux, ça ne m’intéresse pas. Ce disque est à propos de ma propre vie. Ma vie est un film.

Le titre suggère que ce disque pourrait être votre dernier.

Non. Sur le disque, il y a un morceau intitulé « Movin’ On ». Comment cela peut être mon dernier ? Cela signifie que ça ne s’arrêtera pas. Il n’y a pas de fin. Tant que je serais là, je continuerai. Il faut évoluer : c’est ce que j’ai fait depuis mon premier album jusqu’à celui-ci. Et il y a encore plein de chemins à explorer.

Même si vous abordez plusieurs styles musicaux, l’afrobeat reste très présent dans votre travail. Pensez-vous que vous avez encore quelque chose à apporter à ce genre ?

Je n’ai plus rien à y apporter, si ce n’est d’apprendre aux autres comment le jouer. Beaucoup de groupes se revendiquent de ce style mais ne le jouent pas correctement. Il faut que je puisse le répandre pour qu’il y ait des gens capables de faire perdurer le genre. Il faut qu’ils comprennent comment la batterie fonctionne, qu’ils maîtrisent la technique. La batterie afrobeat ne ressemble à aucun autre genre de jeu. Je fais des masterclass avec des professionnels ; ils n’arrivent pas à  jouer le pattern basique – je ne parle pas de quelque chose de trop élevé – ce n’est pas simple pour eux. Il faut que je leur apprenne comment faire. Il y a deux patterns, si vous les maîtrisez, alors vous serez capable de jouer de l’afrobeat. Avec n’importe quel groupe. Car vous détiendrez les clés. Il y a énormément de batteurs qui veulent jouer de l’afrobeat. C’est une discipline complètement différente. Et il faut que je les rencontre, que je leur montre. La seule autre option possible serait un DVD. Mais il faut être attentif, on ne peut pas faire autrement.

Vous aviez la même démarche quand vous appreniez la batterie ? Vous essayiez de copier Art Blakey, par exemple ?

Oui. Mais le jazz n’a pas grand chose de compliqué pour moi. J’ai vite été capable de jouer comme lui. Il a juste fallu que je comprenne comment faire avec le charleston. J’étais surtout influencé par Max Roach, il m’a appris ça. J’ai appris différents pattern pour les appliquer à l’afrobeat. L’important est l’assimilation.

Vous avez travaillé dans plusieurs genres musicaux et notamment la pop. Comment avez-vous décidé de travailler avec des gens comme Sébastien Tellier ou Charlotte Gainsbourg ?

Je ne décide rien. Je ne choisis d’aller nulle part. Je reste assis et j’attends qu’on m’appelle. Je ne fais rien, ce sont les gens qui m’invitent. La question reste de savoir pourquoi on m’invite. On ne me dit pas ce que je dois jouer, c’est moi qui créé quelque chose qui va aller avec la musique. Si vous voulez quelqu’un à qui vous pourrez dire quoi jouer, allez chercher quelqu’un d’autre. Vous ne pouvez rien m’apprendre. Je saurais faire en sorte que les choses fonctionnent, je m’auto-discipline.

Tony Allen (photo : Bernard Benant)

Tony Allen (photo : Bernard Benant)

Pourrait-on dire que vous êtes le Bernard Purdie de l’afrobeat ?

Je ne sais pas. Je ne me compare à personne. J’ai rencontré Bernard Purdie, il a joué devant moi pendant un mois, à Lagos, au Nigeria. Je ne joue pas dans son style. Beaucoup de gens jouent dans le style de Bernard Purdie, beaucoup de batteurs américains. Je ne saurais dire si Bernard Purdie est le meilleur pour ceci ou cela.

Vous rappelez-vous quand James Brown est venu à Lagos ?

Je ne l’ai jamais vu.

Certains de ses musiciens évoquent pourtant vos concerts.

Ses musiciens, oui. Pas lui. Il a peut-être entendu la musique de Fela, mais alors sur disque, pas en vrai. Pas en face à face. Je connais ses musiciens qui venaient au club ; Bootsy Collins… ils venaient dans notre club, toutes les nuits. Ce sont des musiques différentes. Leur arrangeur (David Matthews, ndr) relevait mes patterns, les gens me disaient ‘regarde ce mec, il essaye de voler ton style, il prend des notes’. Je leur répondais ‘laissez-le écrire, j’attends le moment où je pourrais entendre ce qu’il a écrit’. Ça n’est jamais arrivé.

Ils ne sont jamais venus vous parler ?

Non. Ils venaient pour la musique, ils appréciaient le club. Ils venaient prendre du bon temps. J’ai rencontré Boosty, il m’a fait des compliments. On ne fait pas attention à ce genre de choses.

Que pensez-vous de cette guerre de primauté qui oppose le funk et l’afrobeat ?

Le funk et l’afrobeat sont différents. Je ne comprend pas vraiment d’où cette querelle vient. Il y a peut-être des influences mutuelles au niveau de certains patterns musicaux, mais le funk n’est absolument pas la racine de l’afrobeat. Si je joue du funk, je ne vais pas vraiment considérer que je suis un batteur de funk. J’ai un truc particulier, je ne peux pas jouer comme une machine toute la journée.

Damon Albarn a dit que vous étiez le meilleur batteur au monde. Qu’en pensez-vous ?

Damon Albarn et Brian Eno. Je n’en pense rien. Ils disent ce qu’ils savent, ce qu’il ressentent. Je ne leur ai jamais dit de dire ça. Il ont ressentit quelque chose qu’ils ont voulu exprimer. Je n’ai jamais dit ça de moi-même. Je n’ai jamais dit que j’étais le meilleur et je ne le dirais jamais. Je m’exprime à travers mon travail.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec Damon Albarn ?

Je l’ai invité à jouer sur un de mes albums, à chanter dessus, il y a longtemps. Plus tard, nous sommes allés en Afrique ensemble, on a enregistré, nous sommes rentré et nous n’avons jamais utilisé ce qu’on avait fait. Puis on a commencé un autre projet, The Good, The Bad & The Queen. On se fait avancer mutuellement. On a fait Rocket Juice, plein de choses. Il ne s’arrête jamais ! Il est très occupé, mais dès qu’il veut finir un projet, il revient et me demande. Mais nous sommes tous les deux occupés. A chaque fois qu’on est tranquilles, on commence un nouveau truc ensemble, c’est aussi simple que ça. Ce n’est pas un lien, c’est la famille. Il est blanc, je suis noir, mais ça ne compte pas.

Comment avez-vous décidé de le contacter ?

Avec Blur, ils chantaient « Tony Allen me fait danser » (sur « Music is my Radar »). Je me suis dit qu’il avait l’air de savoir de quoi il parlait. Je l’ai invité à chanter sur mon disque, il l’a fait. Ce fut notre point de rencontre. Depuis, tout se développe. Il avait une légitimité à se trouver là. Nous n’avons jamais arrêté de travailler ensemble.

Tony Allen film of life

Vous évoquez vos couleurs de peau. Ne pensez-vous pas que certains puristes de la musique noire auraient pu vous reprocher votre choix ?

Quelqu’un qui pense comme ça est juste insensé. Ce que j’ai essayé de prouver… quand la musique est jouée, a-t-elle une couleur ? Je ne connaît pas ces distinctions. Quand j’ai réuni mon groupe, quand j’ai cherché de qui il pouvait être constitué, je me suis rendu compte que je pouvais parfois demander à un type de la même couleur que moi de jouer quelque chose de catégorisé comme noir et qu’il trouve ça dur à jouer. Puis je le donne à un mec blanc et il y arrive dans la seconde. Qui dois-je choisir à ce moment-là ? Je prends celui qui n’y arrive pas, juste parce qu’il est de la même couleur que moi ? Non. La musique ne devrait vraiment pas subir ce genre de choses. Personne ne m’a jamais rien reproché et si c’était le cas je dirais ‘va créer ton propre groupe et mets-y qui tu veux‘.

En tant que batteur, comment écrivez-vous vos chansons ? Commencez-vous toujours pas le rythme ?

Si je veux faire quelque chose que je n’ai jamais fait auparavant, je dois écrire un nouveau pattern. Tout est sur ordinateur maintenant, je fais un croquis puis je ferme tout. J’attends le moment où je serais prêt à le jouer. Entre temps, peut-être qu’un autre va arriver. Je fais des croquis. Puis quand je décide de me mettre au boulot, je vais voir mon claviériste pour compléter ça, pour écrire le reste. Pour qu’on puisse le jouer live. Les machines, c’est différent. C’est comme dessiner un croquis d’un immeuble avant de le créer. Mais je commence toujours par la batterie.

Pour vous, qui est le meilleur musicien au monde ?

Damon Albarn probablement, car il est le genre de personne qui n’arrête jamais. Pour moi, c’est le meilleur. Il n’ennuie jamais les gens. On ne peut le comparer avec aucun autre artiste pop ou rock. Il y a beaucoup de groupes qui n’ont pas cette attention. Damon est un ‘non-stop guy‘. Il ne s’arrête jamais, il est intelligent, il travaille sur plein de projets, qui sont toujours bons.

Votre groupe est français et vous avez collaboré avec quelques artistes hexagonaux. Quels liens entretenez-vous avez la France ?

J’y vis cette année. Et les musiciens avec qui je joue depuis des années sont français. Ce sont des musiciens de studio, c’est avec eux que j’ai travaillé pour Sebastien Tellier et Charlotte Gainsbourg. Il ne sont pas nouveaux pour moi, ces Jazzgroovers ou je ne sais plus comment ils s’appellent (les Jazzbastards, ndr). Ici, on peut jouer de la musique très facilement. A Paris, ils encouragent la musique, ils créent des infrastructures. Ce n’est qu’en France que ça se passe comme ça – je ne sais pas pour l’Allemagne ou la Suisse. Autant que je sache, il n’y a qu’en France qu’on offre des pièces aux musiciens. C’est un très bon système très rassurant. Ça fait presque 13 ans que je travaille ici. La France respecte la musique. J’ai beaucoup d’amis ici.

Pour vous, quel est l’instrument le plus important après la batterie ?

Tous les instruments sont importants. Mais pour aller avec la batterie, je dirais la basse. Ce sont les fondations. Si vous voulez construire une maison, il faut commencer par les fondations. Si les fondations ne sont pas solides, alors la maison tombera. J’ai joué avec Flea, c’est un des meilleurs bassistes et un excellent musicien. Il joue de la trompette, il est très bon. J’aime le fait qu’il ait à la fois le côté mélodique et rythmique.

Ça vous dirait de reformer un supergroupe ?

Je ne veux rien. J’attends. Quand ils sentent qu’ils ont besoin de Tony, ils m’appellent.

Propos recueillis par Noé Termine

Tony Allen Film of Life (Jazz Village Music)
En concert le 6 février à La Source de Fontaine (38), le 28 mars à La Sirène de La Rochelle (17) et le 11 avril à La Gaïté Lyrique de Paris.


Soirée hommage à Fela le 16 mai à Paris (La Bellevilloise)

Pour célébrer la réédition en mai de 10 CDs comprenant 20 albums du Roi de l’afrobeat, Knitting Factory Records et La Bellevilloise organisent le jeudi 16 mai une soirée spéciale en hommage à Fela. Le casting de choc de cette soirée sous-titrée Saluting the Black President comprend Tony Allen, le Dele Sosimi’s Afrobeat Orchestra, Blak Twang, Rachid Taha et le légendaire batteur de Cream Ginger Baker !

Toutes les infos sur le site de La Bellevilloise


blackbasque2012 cl-9emec

Festival Black & Basque (Bayonne, 7-9 septembre) feat. Trombone Shorty, Sandra Nkaké, Manu Dibango, Tony Allen…

La deuxième édition du Festival Black & Basque parrainé et organisé par Jules-Édouard Moustic aura lieu à Bayonne (La Poterne) du 7 au 9 septembre prochain avec une affiche soul/funk/hip-hop de premier choix réunissant Trombone Shorty, Sandra Nkaké, Manu Dibango, Tony Allen, Chlorine Free, Angélique Kidjo, IAM et le collectif Pushup ! Des conférences, expositions, des séances de cinéma en plein air et un “Bal 2 vieux” (avec DJ Moustic et Laurent Garnier aux platines) auront lieu en marge d’un événement appelé à faire date dans le Sud-Ouest. Viendez !

Infos supplémentaires :  www.blackandbasque.com/


Nigerian Diasporama Jam Session (feat. Keziah Jones & Tony Allen) ce soir à Paris

Le théâtre des Trois baudets accueillera ce soir la Nigerian Diasporama Jam Session, un big band éphémère qui se produira dans quelques jours aux Jeux Olympiques de Londres. Keziah Jones et Tony Allen font partie d’un line-up qui comprendra quelques surprises. Entrée libre à partie de 20 heures. Jam session de 21 heures à 2 heures du matin !

Le communiqué officiel

mardi 3 juillet : NIGERIAN DIASPORAMA JAM SESSION DE 21H À 2H en entrée libre

KEZIAH JONES, TONY ALLEN, DELE SOSIMI et moult autres musiciens de renommée internationale viennent présenter leur NIGERIAN DIASPORAMA JAM SESSION en avant-première et en ENTREE LIBRE aux trois baudets !

Le public parisien aura donc la grande chance de découvrir ce big band éphémère avant qu’il ne s’envole aux Jeux Olympique de Londres 2012 !

- Keziah JONES (guitare, chant)
- Tony ALLEN (batterie, chant)
- Dele SOSIMI (clavier, chant)
- KUKU (guitare, chant)
- Nicolas GIRAUD (trompette)
- Yann JANKIELEWICZ (trombone)
- Edmond KOM (saxophone)
- Julien AGAZAR (claviers)
- Jean-Phi DARY (claviers)
- JAMBA (guitare)
- Jean DIBONGUÉ (guitare)
- Stephane CASTRY (basse
- Julien TEKEYAN (batterie)
- Guy NWOGANG (percussions)
- Audrey GDAGUIDI (choeurs)
- Cali KAMGA (choeurs)

Cette liste n’est pas exhaustive et nous ne sommes pas à l’abri de surprises !

Ouverture des portes 20H
JAM SESSION de 21H A 2H

 


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