manudibango-1050x700

Manu Dibango « La soul et le funk étaient une révolution »

Paru en décembre 2016, le coffret Merci Thank You ! permettait de (re)découvrir l’impressionnante discographie du légendaire saxophoniste entre jazz, funk, reggae et afrobeat. Dans cette interview exclusive, Manu Dibango, victime du coronavirus le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans, dévoilait à Funk★U ses influences soul-funk, son amour de la blaxploitation et son retour à l’Apollo Theater. Bien entendu, nous avions aussi (un peu) parlé de « Soul Makossa »…

★★★★★★★★★

 

Funk★U : On vous a récemment aperçu aux côtés des Nubians et Ben L’Oncle Soul sur la mythique scène de l’Apollo. Cela faisait 43 ans qu’on ne vous y avait pas vu…

ManuDibango120515wf6

Manu Dibango à l’Apollo (2015)

Manu Dibango : C’était une série d’émotions qui arrivent en rafale.  Quand tu remontes la 125ème rue, ça te rappelle forcément les années 1970, la blaxploitation, Shaft… Ça m’a aussi rappelé mon concert avec les Temptations et Edwin Starr et je me suis rendu compte que je n’avais plus jamais revécu des moments comme ceux-là. Tu reviens avec une nouvelle génération de musiciens et tu vois ton nom, plus de quarante ans après, sur la devanture de l’Apollo… C’était une formidable expérience, j’ai joué avec des jeunes que j’ai connus bébé. Une des Nubians avait quatre ans quand j’ai fait l’Olympia en 1977. A la fin du concert, elle était venue me remettre un bouquet sur scène. On ne s’était jamais retrouvés sur scène avec les Nubians, et pour la première fois, on se revoit à Harlem ! En 1972, il n’y avait pas encore d’immigration africaine aux États-Unis. 43 ans après, il y a un public africain à l’Apollo. Quand je jouais des morceaux à consonance africaine,  tous les africains se levaient, tandis que les afro-américains regardaient seulement, mais quand je jouais mes trucs plus funky – à consonance « américaine »- c’était le contraire ! (rires).

Vous dites : « je ne suis pas un jazzman, mais un amateur de jazz ».

Je fais du jazz parce que j’aime ça, mais je suis un touche-à-tout avant tout. Je n’aime pas me cantonner dans un style. Pour moi, la musique c’est du partage, c’est la circulation des genres. Si vous écoutez le coffret Merci Thank You !, vous verrez que j’ai essayé de ne pas me limiter et que pendant mes soixante années d’activité dans la musique, j’ai exploré presque tous les styles.

Vous avez travaillé avec Dick Rivers et surtout Nino Ferrer. À l’époque, Eddie Barclay lui ouvre un crédit illimité, et « il voulait absolument un noir »  dans son groupe. Pensez-vous que la France tenait là son premier soulman ?

J’ai fait du rock avec Dick. C’était vraiment l’Elvis français. Nino Ferrer était un soulman naturel, un vrai leader comme on les aime : il ne se reposait pas sur l’orchestre, il ne dormait pas derrière l’orchestre, il était l’orchestre !  Vous avez des mecs qui s’adossent sur le groupe, lui c’était un chanteur terrible, il avait du feeling, de la soul et en plus il était musicien. Il savait ce qu’il voulait harmoniquement et rythmiquement pour chaque instrument.  Nous devions faire le maximum : accompagnateur, c’est un métier formidable, tu fais tout pour mettre le leader au centre du show. Quand on s’est rencontrés, il ne savait pas que j’étais saxophoniste, il avait juste besoin d’un organiste. J’étais stressé au début, mais au final, j’ai tenu le truc. Un soir, il m’a vu dans un club jouer du sax et il me dit « Manu !  T’es saxophoniste ? Tu ne me l’avais pas dit ! ». Je lui ai répondu  « Tu ne m’as pas demandé ! » (Rires !)

À l’époque, vous étiez l’un des rares musiciens noirs dans le circuit français avec John William et Henri Salvador.

C’est vrai, à l’époque il n’y avait pas de personnalités noire dans la musique en France. Il y avait des américains de passage, mais des Francophones, non !

Quelles sont vos influences soul et funk ?

MANU

Manu Dibango en 1967

Il y en a beaucoup vous savez ! On peut remonter jusqu’à Armstrong (rires !). J’adore Ray Charles, mais j’avoue que celui qui m’a le plus impressionné, c’est James Brown. Jimmy Smith avait le groove, Booker T. était un sacré organiste aussi. Otis Redding m’a énormément apporté également. La soul et le funk étaient une sacrée révolution tant dans la composition que dans l’écriture. La plupart des trucs que les jeunes écoutent aujourd’hui  viennent de là et ils n’en ont même pas conscience.

Les Beatles aussi avaient de la soul en eux, écoutez « She Came In Through The Bathroom Window » ! Les années 1960-1970 ont été une période où il y avait beaucoup de créativité partout. Aujourd’hui, on a un savoir-faire, mais on est moins créatifs. Les machines ont pris le pouvoir. La boite à rythmes est omniprésente, il y a même des techniciens qui ne savent plus enregistrer une batterie ou comment placer les micros… L’époque a changé : on travaille plus le son que la musique.

Maurice White a disparu il y a peu. Un commentaire ?

J’adore Earth Wind & Fire et tout ce que ces gars ont pu apporter à la musique contemporaine. C’était le compromis entre le son Stax et le son Motown. C’était une nouvelle tendance que Kool & The Gang a su aussi capter. Je les avais rencontrés en 1974. Sur scène c’était un vrai show, je n’imagine même pas le boulot des ingés-son derrière !

Justement, Funk★U a eu la chance d’interviewer Maurice White en 2007. Il nous racontait qu’il y avait jusqu’à 28 micros sur scène.

C’est dingue ! Les ingés-son étaient vraiment partie intégrante du groupe. Sur la route, j’emmène toujours le même ingénieur depuis plus de trente ans.

Abordons votre discographie : en 1972, vous avez enregistré un titre pour la coupe d’Afrique des Nations.

Oui, je compose « Soul Makossa », une face-B qui ne connaît pas de gros succès en Afrique et qui ne devait même pas exister. Dans les quartiers en Afrique, les gamins en riaient. En revanche, le titre a explosé aux États-Unis en 1973. C’était un morceau rassembleur qui a parlé à un public particulier dans un contexte particulier, un contexte où les afro-américains avaient les yeux rivés vers l’Afrique, ils l’idéalisaient comme une terre promise. D’ailleurs, après « Soul Makossa », il n’y a plus eu de tube africain mondial comme celui-ci. Je crois que quand tu vas en studio, tu n’y vas pas pour faire un tube. Je pense que le tube te rencontre malgré toi.

Une dizaine d’année plus tard, vous découvrez avec étonnement que ce titre avait été échantillonné sur « Wanna Be Startin’ Somethin’ » de Michael Jackson dans Thriller, l’album le plus vendu de tous les temps.

Il n’avait pas samplé ! C’est une écriture, un arrangement, c’était une adaptation sans rien me demander. Les avocats ont fait leur travail par la suite (rires !). Rihanna ne m’avait pas non plus demandé mon autorisation pour utiliser « Soul Makossa » (dans « Don’t Stop the Music », 2007 ndr.)…

Vous avez aussi composé des bandes-originales de films, notamment celle de Kusini dans une veine très blaxploitation.

J’ai adoré composer cette B.O en 1975. Je l’ai enregistré cela à New-York, où j’habitais à l’époque. J’avais fait un casting de musiciens et j’avais retenu notamment Tony Williams, le batteur de Miles Davis. Le résultat était vraiment cool, ça swinguait à mort !


Cerrone a récemment sorti un single, « Funk Makossa ». Comment cette collaboration s’est-elle organisée ?

Il a samplé « Soul Makossa », mais en me demandant avant ! (rires). Il a parfumé un peu le tout, mais la majeure partie du morceau c’est « Soul Makossa ». Ca me rassure ! Quarante ans après, on continue à penser à « Soul Makossa », c’est vraiment un morceau qui a traversé les époques.

Propos recueillis par Jim Zelechowski, photo d’ouverture : Bojan Slavkovic.


Shaolin Motown

Shaolin Soul Plays Motown en décembre

À l’occasion du 60ème anniversaire de la création du légendaire label Motown, la collection Shaolin Soul s’enrichit d’un nouveau volume entièrement consacré au catalogue de l’enseigne de Berry Gordy.

À nouveau compilée par Uncle O, la sélection de Shaolin Soul Plays Motown aligne 21 “deep tracks” signées (entre autres) Michael Jackson, Eddy Kendricks, Willie Hutch, The Undisputed Truth, The Temptations, Marvin Gaye et Syreeta – tracklisting complet ci-dessous.

Shaolin Soul Plays Motown sera disponible le 6 décembre en éditions double-vinyle et CD (distribution Because Music).

Tracklisting

1. Switch « A Brighter Tomorrow  (Interlude)»
2. The Dynamic Superiors « If I Could Meet You »
3. Eddie Kendricks « My People… Hold On »
Shaolin Plays Motown4. Smokey Robinson & The Miracles « Who’s Gonna Take The Blame »
5. Willie Hutch « Sunshine Lady »
6. The Undisputed Truth « Walk On By »
7. The Temptations « Gonna Keep On Tryin’ Till I Win Your Love »
8. Diana Ross « Friend To Friend »
9. Michael Masser « My Hero Is A Gun »
10. Michael Jackson « People Make The World Go Round »
11. Yvonne Fair « It Should Have Been Me »
12. The Sisters Love « Give Me Your Love »
13. High Inergy « You Can’t Turn Me Off (In The Middle Of Turning Me On) »
14. Syreeta « I Love Every Little Thing About You »
15. Marvin Gaye « God Is Love » (Single Version)
16. Four Tops « Still Water (Love) »
17. Valerie Simpson « Silly Wasn’t I »
18. Gladys Knight & The Pips « And This Is Love »
19. Rose Banks « Darling Baby »
20. The Marvelettes « After All »
21. Smokey Robinson « Baby Come Close »


Quincy Jones Paris 2019

Vidéo : Quincy Jones Symphonique à l’AccorHotel Arena (27/06/2019)

Le 27 juin dernier, Quincy Jones donnait un concert-événement à l’AccorHotel Arena de Paris.

Accompagné d’un orchestre symphonique et de nombreux invités (dont Marcus Miller, Selah Sue et Richard Bona), le producteur Midas revisite son catalogue, de ses réalisations pour Michael Jackson (de nombreux extraits de la trilogie Off The Wall, Thriller et Bad avec la chanteuse Shelea) en passant par ses tubes solo (dont “Soul Bossa Nova” et “Ai No Corrida”). “Je t’aime Paris, c’est comme ça !”.

Une sélection de 90 minutes de ce concert exceptionnel est disponible via Arte TV. Lien ci-dessous.

Thanks Chris B. !


Quincy Michael 2019

Quincy Jones modifie son concert-hommage à Michael Jackson

Initialement annoncé comme une exclusivité mondiale, le concert-hommage de Quincy Jones à Michael Jackson à l’O2 de Londres le 23 juin sera finalement similaire à ceux de la tournée européenne* du producteur d’Off the Wall, Thriller et Bad.

Suite à la polémique engendrée par la diffusion du documentaire Leaving Neverland, la production du concert a préféré modifier son programme et son affiche en supprimant toute mention de Michael Jackson. Désormais sous-titré Soundtrack of the Eighties, celui-ci comportera néanmoins plusieurs titres du King of Pop repris en version symphonique en compagnie de quelques special guests.

* Selon nos sources, Quincy Jones ne devrait diriger que deux titres sur scène lors de ces concerts.

L’ancienne affiche du concert

Qunicy Jones - Michael Jackson - London O2 - 23 juin 2019

La nouvelle affiche du concert

QuincyJones_TheO2_950x440_New-f5a38a22b9

 


Forever Michael Jackson danse

Forever, le spectacle live sur Michael Jackson bientôt en France

À la veille du dixième anniversaire de la disparition de Michael Jackson, le spectacle alliant musique et danse Forever rendra hommage cet automne au King of Pop. Sous-titré « The Best show about the King of Pop », ce show arrive en France dès le 26 novembre 2019. Six représentations auront lieu au Casino de Paris du 28 novembre au 1er décembre, suivies de treize dates de France.

Accompagné par une formation live et près de 25 performers sur scène, ce spectacle est le seul approuvé par la famille Jackson, et respecte avec précision les chorégraphies du King of Pop. Au programme, un spectacle de plus de deux heures marqué par les plus grands titres de Michael Jackson, dont Billie Jean”, “Thriller” , “The Way You Make Me Feel”, “Smooth Criminal”, “Beat It” ou encore “Rock With You”. Infos et réservations

Dates de tournée :

  • 26 Novembre 2019: Niort
  • 28, 29, 30 Novembre 2019: Parisanzh_FOREVERPOSTERFRANCE2
  • 1er Décembre 2019: Paris
  • 02 Décembre 2019: Nantes
  • 03 Décembre 2019: Tours
  • 05 Décembre 2019: Lievin
  • 06 Décembre 2019: Lyon
  • 07 Décembre 2019: Montélimar
  • 10 Décembre 2019: Marseille
  • 11 Décembre 2019: Montpellier
  • 12 Décembre 2019: Perpignan
  • 13 Décembre 2019: Bordeaux
  • 15 Décembre 2019: Toulouse


Quincy Michael 2019

Quincy Jones et Michael Jackson réunis à Londres le 23 juin

L’espace d’une soirée unique organisée à la O2 Arena de Londres — où Michael Jackson devait effectuer sa dernière tournée — Quincy Jones prendra la tête d’un orchestre philharmonique, le 23 juin, pour un hommage à son protégé. Deux jours avant le dixième anniversaire de sa disparition, l’emblématique producteur du Roi de la Pop, ses musiciens et des invités suprise joueront dans la foulée Off The Wall, Thriller et Bad devant 20 000 personnes.

Quoiqu’il en advienne, cette soirée s’annonce comme l’un des événements musicaux de l’année par sa démesure et sa charge symbolique. En froid avec l’Estate de Michael Jackson, Q n’en demeure pas moins le seul à pouvoir honorer la mémoire d’un enfant star qu’il considère, sans doute encore aujourd’hui, comme le sien. This is it !

Les places seront mis en vente pour le grand public dès vendredi 15 février à 10h (heure française). Tarifs entre 80 et 600 euros - informations

Qunicy Jones - Michael Jackson - London O2 - 23 juin 2019


Thriller_Zimmerman

Interview : “Michael Jackson, la totale” par ses auteurs

Fans de Michael Jackson depuis 1983, François Allard et Richard Lecocq ont travaillé pendant 18 mois sur La Totale, un ouvrage compilant 263 chansons et 41 clips. Retour avec ses deux auteurs sur la genèse d’une œuvre titanesque.



Funk★U : Quel est le point de départ de Michael Jackson, La totale ?
Richard Lecocq : Depuis l’adolescence, nous avions constaté que les ouvrages sur la musique de Michael Jackson étaient quasiment inexistants. En français, le livre de Christian Perrot faisait référence, mais il datait de 1984. En anglais, Sequins & Shades: The Michael Jackson Reference Guide de Carol D. Terry, le plus complet en la matière, était sorti en 1987. Depuis, personne ne s’était sérieusement penché sur l’œuvre de Michael Jackson jusqu’au moment où Hachette m’a contacté pour réaliser un ouvrage sur ses chansons pour leur collection La Totale.

Comment expliquez-vous cette absence criante de livres sur la musique du Roi de la Pop ?


François Allard : À partir de Thriller, sa carrière s’inscrit en dehors des États-Unis, en Asie, mais surtout en Europe où il va largement peser à partir de la sortie de Bad, à la fin des années 80. La France devient d’ailleurs le réceptacle de toute cette culture européenne.

Richard Lecoq : Depuis son enfance chez Motown, Michael Jackson est présenté comme une icône. À partir de Thriller, il va entretenir et alimenter son personnage de méga-star, y compris pour une partie de ses fans. Cette icône finira par se retourner contre lui, alors même qu’il n’a cessé de composer depuis l’adolescence et qu’il écrira ses œuvres les plus personnelles au moment où il ne donne à montrer qu’une caricature de lui-même. Dès lors, il n’est pas étonnant que les médias et les éditeurs se soient pratiquement focalisés sur ses frasques plutôt que sur ses talents de songwriter.3DMJ copie

Comment votre travail s’est-il articulé ?

François Allard : Nous avons entamé l’écriture du livre au printemps 2017. Richard a commencé par “Beat It” et j’ai écrit mon premier texte sur « Say, Say, Say ». Nous avons d’ailleurs pesé de tout notre poids pour que les clips de Michael Jackson soient associés à son œuvre musicale, car les deux sont indissociables pour comprendre l’homme dans toute sa complexité et sa diversité. Pour autant, Hachette souhaitait que nous nous focalisions uniquement sur sa carrière solo. Mais rapidement, ils ont pris conscience qu’il n’était pas possible de faire l’impasse sur les albums des Jackson 5 et des Jacksons. Même s’il est moins pertinent, son parcours musical avec ses frères va poser les bases de son œuvre personnelle et la marquer durablement. Nous avons adoré travailler sur ces albums souvent oubliés du grand public. Jamais personne n’avait pris le temps d’écrire sur Forever Michael publié en 1975, par exemple.

Vous avez écrit 608 pages sur 263 chansons et 41 clips, comment avez-vous organisé votre travail ?


Richard Lecocq : L’un comme l’autre, nous avions déjà publié de nombreux articles sur la musique de Michael Jackson. Pour autant, il n’était pas question d’en faire une compilation. Nous sommes repartis de zéro ou presque, en confrontant nos acquis et nos certitudes, en croisant nos sources tout en poursuivant notre travail de recherche afin de proposer un contenu factuel, le plus précis possible, au regard de nos connaissances actuelles. Nous nous sommes entretenus avec des fidèles collaborateurs de l’ombre comme le pianiste John Barnes ou Christopher Currell, spécialiste du Synclavier, élément majeur du son de l’album Bad. 
Nous avons découpé ce projet en sections pour gagner en homogénéité. J’ai, par exemple, travaillé sur toutes les intros d’albums et François s’est penché sur toutes les collaborations. Jusqu’alors, elles étaient réduites à une simple liste reléguée à la fin des livres. Pour La Totale, nous avons voulu donner à ses collaborations la place qu’elles méritent, au cœur de l’œuvre de Michael Jackson. Au final, c’est un plus d’un an de travail, plus d’un million 600 mille signes et toute notre vie de fan depuis 1983 (rires).

81AIcbjRAzL

Michael Jackson, La totale est richement illustré avec des photographies rares. Quelle souplesse avez-vous eu pour faire votre sélection ?


Richard Lecocq : Nous avons eu carte blanche. A l’exception des photos inaccessibles du clip de “Say, Say, Say”, nous avons pu choisir des visuels qui apportaient du sens à nos propos. C’est une vraie chance.  Nous avons, par exemple, publié pour la première fois une image alternative de Thriller réalisé par le photographe Dick Zimmerman. Le chorégraphe Vincent Paterson nous a aussi offert des dessins préparatoires.

Votre ouvrage montre à quel point Stevie Wonder tient une place à part dans l’œuvre de Michael Jackson. Comment l’expliquez-vous ?

François Allard : L’emprunte musicale de Jackson, c’est Stevie Wonder. Il lui met le pied à l’étrier alors même qu’ils sont encore des enfants stars chez Motown. Il est à la fois un grand frère et une sorte de mère musicale. Avec lui, Michael Jackson apprend d’abord toute la mécanique de la production notamment lorsqu’il assiste aux sessions d’enregistrement de Songs In The Key of Life. Il lui en sera éternellement redevable et leur lien demeurera indéfectible du début à la fin, quand bien même leurs deux duos sur Bad et Characters sont ratés.

Richard Lecocq : Quand Michael parle de Stevie, il semble possédé. Au fond, il n’a jamais oublié ses racines. En rachetant les droits des Beatles, Michael Jackson a aussi rendu les siens à Little Richard, tout un symbole. Le jour des obsèques médiatisées de Michael Jackson, l’hommage de Stevie Wonder sauvera du naufrage une cérémonie indécente et indigne. 
L’autre fil rouge bienveillant de Michael, c’est l’arrangeur Tom Bähler. Présent de Rockin Robin’ (1972) jusqu’à Invincible (2001) en passant par The Wiz et “We Are The World”.



Qu’avez-vous découvert sur Michael Jackson en écrivant cet ouvrage ?

François Allard : Sans hésitation, l’influence de Christopher Currell sur Michael pendant l’enregistrement de Bad. Il va lui apprendre à gérer la musique assistée par ordinateur avec des samples via le Synclavier. Il va clairement l’émanciper de Quincy Jones en l’aidant à créer ses propres démos à la maison.

Richard Lecocq : Les tensions entre Michael Jackson et sa maison de disques sur le financement de ses vidéos sont anciennes alors même que les clips jouent une influence majeure dans le succès de son œuvre, comme chacun sait. En témoigne le court métrage de « Can You Feel It », un ovni tourné pendant neuf mois au lieu de trois et entièrement financé par Michael Jackson.

81lFptYTPgL

Si Michael Jackson était encore vivant, où en serait sa carrière musicale aujourd’hui ?

François Allard et Richard Lecocq : Nulle part. Michael Jackson savait qu’Invincible serait son dernier album. A cinquante ans, il n’avait vraisemblablement plus l’envie de repartir sur la route pendant des mois et il aurait, sans doute, voulu se recentrer sur un travail autour de l’humanitaire via l’image animé et le cinéma, s’il avait eu la liberté de le faire.

Votre ouvrage ne lève pas le voile sur les inédits d’ Off The Wall. Est-ce une légende urbaine ?

Richard Lecocq : L’album a été réalisé très rapidement, contrairement à Thriller. À notre connaissance, il existe seulement quelques inédits introuvables comme « Going To Rio » ou « Iowa », composés à cette époque semble t’il. Toutes les démos ont été testées en piano-voix. Ces versions devaient sortir en 2016 et nous avons eu un morceau de craie avec le CD à la place (rires) !

L’exposition sur Michael Jackson au Grand Palais à Paris se clôture le 14 février. Qu’en avez-vous pensé ? 

François Allard et Richard Lecocq : C’est une honte. Ça devient lassant ce genre de projet sans âme. C’est gênant même car on peut légitiment se demander ce qui va rester dans la mémoire collective, dix ans après sa disparition. Michael Jackson était un chanteur, un auteur, un artiste à part entière. Beaucoup de gens semblent l’avoir oublié.

Propos recueillis par Joachim Bertrand

Michael Jackson, La totale – Les 263 chansons et 41 clips expliqués de François Allard et Richard Lecocq (E/P/A – Hachette). 608 pages, 44,90 €. Disponible.


Lenny K low studio

Vidéo : Lenny Kravitz “Low (Studio Version)”

Paru le mois dernier, Raise Vibration, le nouvel album de Lenny Kravitz —voir chronique— fait l’objet d’une nouvelle vidéo emmenant le spectateur dans les coulisses de son enregistrement.

Le making-of de “Low” voit Lenny Kravitz endosser le rôle d’homme-orchestre en alternant les instruments (batterie, guitare, basse, percussions, voix…) dans son home-studio des Bahamas. Seul élément ajouté : un discret sample vocal de Michael Jackson, présent de manière virtuelle lors de la séance.

Découvrez ci-dessous la vidéo de “Low (Studio Version)”.

Lenny Kravitz en tournée française en 2019 – concerts à Lyon (Halle Tony Garnier) le 16 mai, Nice (Palais Nikaïa) le 17 mai, Toulouse (Zénith) le 19 mai, Nantes (Zénith) le 20 mai et à Paris (Accor Hotel Arena) le 5 juin.


thriller_spread600

Six albums cultes de Michael Jackson en picture vinyl

Surfant sur le retour en force du format vinyle, Sony Music publiera le 24 aout six albums solo de Michael Jackson en picture disc.

Chaque disque sera disponible à l’unité et l’ensemble sera également présenté au sein d’un luxueux coffret numéroté vendu 215 euros (sans les frais de port) sur le site officiel de Michael Jackson, disparu voici neuf ans.

Sont inclus : Off The Wall (1979), Thriller (1982), Bad (1987), Dangerous (1992, 2-LPs), HiStory (1995, 2-LPs) et Invicible (2001, 2-LPs).

mj_lp_box_set_1000_1024x1024


Michael+Jackson+BadTour

L’exposition “Michael Jackson : On the Wall” au Grand Palais

Neuf ans après la disparition de Michael Jackson, une exposition intitulée Michael Jackson : On the Wall aura lieu de novembre 2018 à février 2019 au Grand Palais, à Paris. La  National Portrait Gallery de Londres accueillera l’exposition en avant-première, du 28 juin au 21 octobre.

L’influence du King of Pop sur les artistes contemporains sera explorée à travers une série d’œuvres de 40 artistes, parmi lesquels David LaChapelle, Rashid Johnson, Andy Warhol, Maggi Hambling ou Marvin Gaye Chetwynd. Des essais de Nicholas Cullinan, Margo Jefferson et Zadie Smith seront également présentés.


Michael+Jackson+BadTour

“Michael Jackson, métamorphoses musicales” en livre/DVD

La musique, rien que la musique… Dans MichMetamorphoses-musicales-michael_jackson_olivier_cachinael Jackson, métamorphoses musicales, Olivier Cachin a choisi d’explorer les mutations musicales du roi de la pop, dont le monde entier célébrait la disparition en juin dernier. De son enfance en Indiana à son arrivée dans le label légendaire Motown ; des premiers hits funk avec les Jackson 5 à son chef-d’œuvre pop-rock Thriller avec Quincy Jones, et jusqu’à son dernier concert, l’auteur nous immerge dans le quotidien d’un génie de la musique, de la danse et de l’image. Un artiste excentrique qui s’est forgé un destin au mépris des conventions et des genres imposées du showbiz. Son film, Moonwalker, inséré dans le livre en DVD, en est une parfaite illustration.

Ce livre/DVD de plus de 192 pages illustrées de documents inédits et de photos rares de Claude Gassian, Michael Ochs & Bettmann contient également une discographie complète de Michael Jackson, des Jackson Five au King Of Pop.

Michael Jackson, métamorphoses musicales est disponible depuis le 17 octobre en exclusivité FNAC au prix de 19,99 €. Édition limitée à 3000 exemplaires (GM Éditions).

MJ Cachin 2017

 


Michael Jackson Scream

Une nouvelle compilation pour Michael Jackson

Le 29 septembre sortira Scream de Michael Jackson, une collection de 13 titres incluant “Ghosts”, “Torture”, “Thriller” et “Dirty Diana”. Scream contiendra le titre bonus “Blood on the Dance Floor X Dangerous”, un mash-up de cinq chansons réalisé par les remixeurs de The White Panda.

Scream sera disponible dans deux formats physiques, CD et vinyle phosphorescent (sortie du vinyle le 27 octobre). Le design de la pochette propose également une “expérience de réalité augmentée”.

En marge de cette parution, les fans du King of Pop seront invités cet automne à plusieurs soirées de sortie officielle à Paris, Londres, Sydney, Berlin, Los Angeles et Tokyo. Ces événements incluront les projections de sept court-métrages issus de Scream, incluant les 40 minutes du film Ghosts, rarement diffusé depuis sa première projection au Festival de Cannes en 1997.

Tracklisting

  1. This Place Hotelmj_scream
  2. Thriller
  3. Blood On The Dance Floor
  4. Somebody’s Watching Me
  5. Dirty Diana
  6. Torture
  7. Leave Me Alone
  8. Scream
  9. Dangerous
  10. Unbreakable
  11. Xscape
  12. Threatened
  13. Ghosts

Bonus Track:  Blood On The Dance Floor X Dangerous (The White Panda Mash-Up)

scream_vinyl-e1504705066705


Retour en haut ↑