Lianne une 2020

Lianne La Havas : “La scène m’a remotivée”

Lianne La Havas est de retour après cinq ans d’absence. Quelques jours après la sortie de son troisième album auto-titré, la singer-songwriter donne de ses nouvelles à Funk★U depuis son domicile londonien.

★★★★★★

Funk★U : En 2016, lors de votre dernier concert parisien, vous aviez annoncé que de nouvelles chansons étaient prêtes pour un prochain album. Que s’est-il passé au cours de ces dernières années ?

Lianne La Havas : En effet, plusieurs titres de ce nouvel album avaient déjà été écrits au cours de cette période, dont « Paper Thin ». J’avais aussi enregistré quelques instrumentaux à cette époque, mais les paroles ont réellement été écrites il y a deux ans environ car j’ai été victime d’une panne d’inspiration pendant plusieurs mois. J’avais des idées en tête, mais, une fois en studio, je n’arrivai pas à terminer un morceau, comme si j’étais victime d’un blocage. Heureusement, le fait de remonter sur scène l’an dernier m’a considérablement remotivée, entre autres choses. J’ai pu entendre à nouveau des mélodies, retrouver l’inspiration, et c’est de cette manière que j’ai pu terminer cet album.

Ces chansons forment un tout en racontant un cycle amoureux. Peut-on parler de concept-album ?

Je pense que oui, car dès le départ, j’avais une idée précise en tête : je savais que je voulais intituler cet album Lianne La Havas et qu’il devait comporter dix titres. Je voulais raconter une histoire avec un début, un milieu et une fin. Ces chansons sont très personnelles, et la musique traduit les divers sentiments que j’ai pu éprouver au cours de ces dernières années. « Bittersweet » introduit cette histoire, comme une sorte de bande-annonce, puis cette histoire débute avec « Read My Mind », qui raconte une rencontre amoureuse. « Weird Fishes » en est ensuite le milieu, puis « Sour Flower » la fin, comme une libération…

La production de cet album, où votre groupe est très présent, marque une évolution dans votre musique. Cette nouvelle direction est-elle délibérée ?

Oui, totalement. C’était un souhait. Pour la première fois, mon groupe a été très impliqué dans le processus créatif. Du coup, le résultat sonne plus live que d’habitude. Sur mes deux précédents albums, j’avais également fait appel à de nombreux intervenants extérieurs, alors que celui a été principalement réalisé avec deux co-producteurs (Beni Giles et Mura Masa, ndr.).

Contrairement à vos précédents enregistrements, la guitare semble moins au centre de la production.

Je ne suis pas tout à fait d’accord : ces nouvelles chansons sont principalement basées sur mon jeu de guitare et ma voix. Et encore plus que je ne l’aurais souhaité sur mes deux précédents albums, à mon avis…

Lianne La Havas comporte une reprise, « Weird Fishes » de Radiohead. Pourquoi avoir choisi ce titre en particulier ?

Radiohead est un de mes groupes préférés et j’adore cette chanson de leur album In Rainbows, un disque superbe et très mélodique. La suite d’accords de « Weird Fishes » est aussi très belle. Avec mon ancien groupe de scène, nous avions l’habitude de la reprendre de manière très libre, juste pour le fun, et c’était aussi particulièrement excitant de travailler sur une chanson que je n’avais pas écrite. J’ai décidé de l’enregistrer avec mon nouveau groupe, en respectant plus l’intention originale et j’adore le nouvel arrangement que nous avons créé.

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Pour commencer, je vais prendre des vacances dans le Sud de la France, où je fêterais mon anniversaire au mois d’août. Ce séjour sera aussi l’occasion de retrouver mes amis et ma famille après ces longs mois de confinement. Ensuite, je vais recommencer à écrire et à composer, tout en espérant pouvoir bientôt remonter sur scène. Mes fans français me manquent, j’espère aussi en accueillir de nouveaux qui découvriront ma musique grâce à ce nouvel album… J’ai presque envie de m’excuser d’avoir passé autant de temps entre celui-ci et le précédent, mais cette fois, je suis vraiment de retour.

Propos recueillis par Christophe Geudin

Lianne La Havas Lianne La Havas (Warner Records). Disponible.


Captain Sky

Le retour de Captain Sky en vinyle

En 1977, à l’âge de 21 ans, Daryl L. Cameron, alias Captain Sky, enregistre son premier album The Adventures of Captain Sky grâce à un prêt paternel de 5000$. Avec l’aide de l’arrangeur Eddie Thomas (Curtom Records), l’album paraît sur AVI Records en 1978.

Couronné de succès lors de sa sortie, The Adventures of Captain Sky, va rapidement faire du natif de Chicago un pionnier du funk cosmique aux côtés de George Clinton et Bootsy Collins. Plusieurs décennies plus tard, les producteurs hip-hop ne manqueront pas de saluer à nouveau le groove du Captain en samplant “Super Sporm” au profit du Wu-Tang Clan, de Public Enemy, 2Pac, De La Soul et bien d’autres…

The Adventures of Captain Sky et Pop Goes the Captain (1979) seront réédités pour la première fois en vinyle par Past Due Records, le label de Jerome Derradji. Annoncées pour septembre, ces éditions remasterisées et ultra-limitées contiennent un livret en deux parties retraçant l’histoire de Captain Sky et des photos inédites. Sing it again, Captain Sky !

Informations

 

 

 


Prince 87 SOTT

Audio : Prince “I Could Never Take the Place of Your Man (1979 Version)”

Après “Witness 4 The Prosecution (Version 1)”, l’édition Super Deluxe de Sign Of The Times, la réédition du double-album mythique de Prince attendue pour le 25 septembre, dévoile un nouveau titre inédit.

“I Could Never Take The Place Of Your Man (1979 Version)” a été enregistrée au Hollywood Sound Recorders (Studio A) le 23 mai 1979, avec l’ingénieur du son Bob Mockler. Il s’agit de l’enregistrement le plus ancien de l’édition Super Deluxe, qui remonte au séances de l’album Prince, enregistré en 1979. Son instrumentation est particulièrement minimaliste : batterie et claps live, basse, guitare, claviers et neuf pistes de voix de Prince.

Cette version a été exhumée du vault en juin 1986 avant d’être ré-enregistrée avec un nouveau solo ajouté par Prince et une remise à jour sonore de l’ensemble. Cette nouvelle version occupait une place de choix dans les albums inédits Dream Factory et Crystal Ball avant de finalement paraître sur Sign O’ The Times en 1987.

Découvrez “I Could Never Take The Place Of Your Man (1979 Version)” de Prince ci-dessous.

Photo ouverture : ⓒ The Prince Estate-Jeff Katz)

 

 


Peur Morriconne

“Peur sur la ville” d’Ennio Morricone en vinyle collector

Bonne nouvelle pour les diggers ! Dans le cadre du Disquaire Day 2020, le label spécialisé Wewantsounds rééditera le 28 août la bande originale culte de Peur sur la ville, réalisé en 1975 par Henri Verneuil.

Signée du regretté maestro Ennio Morricone, cette partition dominée par le célèbre thème sifflé par Alessandro Alessandroni habille le thriller urbain mettant en vedette Jean-Paul Belmondo. Les performances héliportées de l’as de la cascade rejoignent la fructueuse collaboration entre Morriconne et Verneuil, qui compte parmi ses réussites Le Clan des Siciliens (1969), Le Casse (1971), Le Serpent (1973) et I Comme Icare (1979).

Cette nouvelle édition de Peur sur la ville disponible exclusivement en double-vinyle gatefold est complétée par un disque complet de bonus et un livret incluant une discussion entre le producteur AM et Jean-Benoît Dunckel du groupe Air. Tremble, Minos !

Tracklisting

  • 1 Peur Sur La Ville 04:11
  • 2 Consideration Sur Un Homicide 03:13
  •  3 Avvertire la Polizia 01:58
  • 4 Dolcemente Ambigua 03:22Peur ennio
  • 5 Suspense 00:29
  • 6 Un Sursaut 00:08
  • 7 La Tension Monte 01:59
  • 8 Jukebox Psychédélique 03:08
  • 9 Peur Sur Paris 00:40
  • 10 Defense de Stationner 02:22
  • 11 Minaccia Telefonata N 1 02:26
  • 12 Sur Les Toits De Paris 01:45
  • 13 Mannequins 01:16
  • 14 Essere Preso Dal Panico 01:29
  • 15 Une Bouffee De Radio 05:54

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Audio : Marcos Valle, Adrian Younge & Ali Shaheed Muhammad “Viajando Por Aí”

Après Roy Ayers, c’est au tour de Marcos Valle de rejoindre la collection Jazz Is Dead initiée par les producteurs Adrian Younge et Ali Shaheed Muhammad (A Tribe Called Quest).

Véritable touche-à-tout de la musique brésilienne, affairé depuis cinq décennies à marier le patrimoine bossa nova et samba national au psychédélisme, au funk, à la soul ou à l’électro, selon les époques, le compositeur et chanteur Marcos Valle est de retour sur Jazz Is Dead. Aux côtés du duo maison Adrian Younge et Ali Shaheed Muhammad, Valle propose la quintessence de ce que cet outsider carioca sait faire : plonger l’héritage musical des pionniers brésiliens dans un bain de jouvence jamais hors-sol, préparé avec application par le brillant duo de producteur de Jazz Is Dead.

Le nom de Marcos Valle n’est pas inconnu à Los Angeles. Durant la deuxième moitié des années 60, Valle y a enregistré son album solo Samba ‘68 tout en étant membre à part entière d’un tout jeune groupe à l’existence éphémère aux côtés de Sergio Mendes, juste avant que ce dernier ne confirme son deal avec A&M Records pour l’éminent Brasil ‘66. Dix ans plus tard, Marcos Valle retourne aux États-Unis pour y séjourner six ans, principalement à Los Angeles donc. Là-bas, il se lie d’amitié avec de nombreux musiciens originaires de Chicago et développe une relation de travail profonde avec l’aventureux Leon Ware. Aussi étrange que cela puisse paraître, aucun enregistrement ne documente cette période de vie. Son travail aux côtés d’Ali Shaheed Muhammad (A Tribe Called Quest) et Adrian Younge, dévoilé le 21 août prochain par le label Jazz Is Dead, est ainsi la toute première musique qu’il enregistre aux Etats-Unis en 50 ans.

Marcos Valle Jazz

Ali Shaheed Muhammad, Marcos Valle et Adrian Younge

A l’instar de leur rencontre avec les musiciens brésiliens rassemblés pour une série de concerts à Los Angeles, sobrement nommée Jazz Està Morto, en juin 2019, Ali et Adrian rencontrent pour la première fois Joao DonatoArthur Verocai et Marcos Valle, à Rio de Janeiro un peu plus tôt courant 2019. Un mois avant Jazz Està Morto et les sessions d’enregistrements de l’album qui suivront aux côtés de Valle, Ali et Adrian reçoivent de la musique du Brésilien : “Dès qu’on a reçu ses premières pistes, on s’est dit que Marcos était vraiment sérieux. Ça nous a totalement boosté. On lui avait envoyé quelques débuts d’idées et, en une poignée d’heures, il revient vers nous avec les voix déjà posées de manière impeccable, c’était vraiment magique”.

L’approche développée par Ali et Adrian est la même pour l’ensemble des sessions Jazz Is Dead : les deux producteurs se sont appliqués à creuser dans le back catalog de Marcos Valle afin d’y trouver une direction précise, de l’inspiration. Pourtant, contrairement à la plupart des artistes enregistrés pour Jazz Is Dead, Valle est toujours très actif en studio. Un album est sorti plus tôt cette année, Cinzento, mais celui pour Jazz Is Dead est différent des autres.

Si l’improvisation et la spontanéité sont des marqueurs forts du jazz de manière générale, l’album de Marcos Valle pour JID est sûrement l’un de ceux qui se rapprochent le plus de cette dynamique là. Marcos a réellement impressionné Ali par son professionnalisme et sa confiance en lui, dans ce nouvel environnement, avec un temps limité pour enregistrer les morceaux : “Marcos est tellement concentré, afin d’aboutir à l’enregistrement juste. Pour certains morceaux, il a littéralement écrit les paroles à la volée, avec ce qu’il se passait autour de lui en studio. C’est un musicien vraiment libre”.

La voix mélodieuse de Marcos Valle orne sept des huits morceaux de l’album, aux côtés de Patricia Alvi, sa femme, qui vient ajouter quelques textures de voix sur “Viajando Po Aí”, une bossa nova luxuriante, aux allures de Stereolab en portugais. Loren Oden, du groupe The Midnight Hour, accompagne aussi Marcos pour un duo vocal très quiet storm sur “Gotta Love Again”. Sur “Não Saia da Praça”, Valle développe une bossa nova plus anguleuse, qui sonne comme un morceau tiré d’un de ses chef-d’oeuvre du début des années 70, Garra. Les deux derniers morceaux font explicitement référence à la collaboration de Marcos avec un autre nom du roster Jazz Is Dead, le groupe Azymuth, via l’album Previsao do Tempo en 1973.

Le long de l’album, Marcos Valle s’illustre avec ce style de chant très mélodique et percussif (“wa-di-do-bem, ba di da we da bem”), une approche résolument brésilienne s’il en est. Marcos Valle et les sommités brésiliennes, rassemblées pour les sessions Jazz Is Dead dans leur ensemble, parviennent d’un disque à l’autre à créer chacun un sentiment très différent tout en utilisant la même palette musicale. “Il est intéressant de voir comment ces musiciens parviennent à utiliser à chaque fois les mêmes instruments, à écouter la même musique tout en obtenant cette saveur brésilienne différente que nous admirons tellement”, admet Adrian Younge. “Et entendre nos influences se mélanger aux leurs afin d’ouvrir la porte vers quelque chose de complètement nouveau, c’est un vrai rêve devenu réalité pour nous”.

Découvrez ci-dessous “Viajando Por Aí”. L’album Jazz Is Dead 003 sera disponible le 21 août.


Charles Bradley au Montreux Jazz Festival

Des concerts inédits du Montreux Jazz Festival en streaming

Réduit au silence pour la première fois de son histoire, le Montreux Jazz Festival ne pouvait se résoudre à passer son 54ᵉ été sans musique. Labellisé «54th Summer of Music», cet événement numérique offrira une série de 16 performances iconiques à visionner sur la chaîne YouTube officielle du festival chaque soir à 20h30.

Parmi les concerts inédits à découvrir figurent ceux de John Lee Hooker (1983), Charles Bradley (2016), Nina Simone (1976), Etta James (1993), Charles Mingus (1975), Carlos Santana (2004) et Rag’n'Bone Man (2019). Découvrez le programme complet des concerts ci-dessous :

    • Vendredi 3 juillet : John Lee Hooker – 1983*
    • Samedi 4 juillet : Charles Bradley – 2016*
    • Dimanche 5 juillet : Dimeh, Slimka, Makala & Varnish la Piscine – 2016
    • Lundi 6 juillet :  Suzanne Vega – 2004
    • Mardi 7 juillet : Rory Gallagher – 1979
    • Mercredi 8 juillet : Charles Mingus – 1975
    • Jeudi 9 juillet : Carlos Santana – 2004
    • Vendredi 10 juillet : Bang Bang Romeo – 2019*
    • Samedi 11 juillet : Angelique Kidjo and friends – 2016*
    • Dimanche 12 juillet :  Nina Simone – 1976
    • Lundi 13 juillet : Deep Purple with Orchestra – 2011
    • Jeudi 14 juillet : Etta James – 1993
    • Vendredi 15 juillet : BB King – 1993
    • Jeudi 16 juillet : Kenny Wayne Shepherd – 2019*
    • Vendredi 17 juillet : Tom Misch – 2019*
    • Samedi 18 juillet : Rag’n’Bone Man – 2019* / Marvin Gaye – 1980

*Inédit


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