Album Mark_Ronson_Uptown_Special_iTunes

Publié le 9 janvier 2015 | Par Funk-u

0

Mark Ronson “Uptown Special”

Mark Ronson “Uptown Special” Funk-u

Summary: Un casting impressionnant pour un séduisant exercice pop/funk, entre tradition et modernité.

3


Producteur, musicien, DJ et collectionneur, Mark Ronson fait partie des entremetteurs de “l’industrie” aux connexions étendues, de Paul McCartney aux Dap-Kings en passant par Nikka Costa, Macy Gray et Amy Winehouse. Réalisateur phare de Back To Black en 2006 et auteur de nombreux remixes remarqués pour (entre autres) Bob Dylan et Adele, le music-lover britannique a toujours su glisser une tranche de funk dans une discographie placée sous le signe des collaborations électro-chics.

Uptown Spécial, son quatrième album solo produit par Jeff Bhasker (Kanye West, Drake, Alicia Keys), ne se contente plus d’effleurer le genre. Il l’embrasse ouvertement en s’appuyant sur les grooves perpétuels de ses glorieux aînés. Et quoi de mieux que de rendre en hommage à un genre musical en s’entourant d’un aréopage de ses fiers artisans ? Si « Uptown Funk », jam imaginaire entre Roger Troutman et The Time et titre le plus streamé de tous les temps au Royaume-Unis avec plus de 4,5 millions d’écoute, valorise Bruno Mars, un coup d’oeil dans le livret de l’album signale la présence de Stevie Wonder, du légendaire Willie Weeks à la basse, du batteur Steve Jordan, du guitariste Carlos Alomar (directeur musical des grandes années soul-pop de David Bowie), de Trombone Shorty, des membres du Menahan Street Band -dont Thomas Brenneck et Neil Sugarman- et du regretté Teenie Hodges, guitariste des sessions historiques d’Hi Records. Real music by real musicians, et un casting à faire pâlir sous leur casque les Daft Punk pour un résultat aux ambitions autres.

Contrairement à Random Access Memory qui s’acharnait à reproduire le plus fidèlement les sonorités pré-boogie des late-70’s, Uptown Special préfère célébrer l’idiome funk en abordant sa façade pop et mélodique tout en l’inscrivant dans le présent. Si une poignée de titres, dont « Uptown Funk » en tête et « I Can’t Lose », interprété par Keyone Starr, radieuse chanteuse gospel 23 ans, respectent l’axe Linn Drum/Moog, la majorité des 11 plages divergent entre les rives ensoleillées du groove West Coast à l’aide de Kevin Parker (le chanteur à réverbe de Tame Impala) et le psychédélisme le plus sombre (« Crack in the Pearl » featuring Andrew Wyatt). Solide hybride hip-hop/funk, « Feel Right » organise la rencontre du flow abrasif du rappeur Mystikal, des cuivres de Trombone Shorty et de la section rythmique du Menahan Street Band. Malin et finement exécuté, « In Case of Fire » propose une bondissante mise à jour des uptempos Wonderiens. Stevie Wonder himself est invité sur le court instrumental d’ouverture « Uptown’s First Finale » (clin d’oeil !) et souffle également dans son harmonica diatonique  sur l’ascension finale de « Crack in the Pearl, Pt. II », conclusion d’un album qui, s’il ne devrait pas toucher les funkateers les plus endurcis, constitue un séduisant exercice pop/funk entre tradition et modernité.

Jacques Trémolin

Mark Ronson Uptown Special *** (Columbia/Sony Music). Disponible en CD, LP et version digitale le 12 janvier.





Les commentaires sont fermés

Retour en haut ↑