Interview andy allo 5

Publié le 24 juin 2013 | Par Funk-u

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Andy Allo “Prince est mon mentor”

L’Afrique, Prince, le blues… Avant d’envouter Paris et la Maroquinerie le 1er juillet, Andy Allo évoque en exclusivité pour Funk★U les rencontres qui ont nourri son parcours musical, et fait d’elle une femme fatale, mais pas futile.

Funk★U : Andy Allo, vous avez dévoilé en début d’année votre deuxième album, Superconductor. Un titre assez énigmatique. Y-aurait-il un sens caché ?

Andy Allo : Superconductor, ce pourrait être un concentré d’énergie, une force qui vous guide, qui ne vous lâche pas, et qui vous pousse à vous dépasser. C’est ce qui habite ce disque.

On pourrait rapprocher cette définition de celle du funk, très présent dans votre album avec des titres comme « People Pleaser » ou « Yellow Gold ». Le groove, c’est votre Graal ?

La recherche du groove, c’est une quête de chaque instant. Quelque chose d’abstrait, de profond, qui vient de l’intérieur et qui vous transcende quand il surgit. Généralement, quand je compose, si je commence à taper du pied spontanément et à sourire, c’est que le groove est là. Et alors, pas question de le laisser filer !

Vous signez la plupart des titres de Superconductor. Comment naissent vos compositions ?

Très souvent, je prends ma guitare, et je commence par le refrain que je chante à partir de mots qui trottent dans ma tête. Le test imparable pour moi, c’est ma voix, une mélodie solide, et pas de fioriture. Si ça tourne, c’est gagné. Ce n’est qu’après que j’envisage les arrangements.

A l’image de « One Step Closer »? Un inédit que vous avez dévoilé récemment dans les studios du magazine américain Billboard

Oui, ce titre sera d’ailleurs dans mon prochain album que je suis en train d’écrire. Il représente parfaitement la direction vers laquelle je souhaite aller désormais. Des morceaux épurés, dans un esprit plus acoustique. Aujourd’hui, je m’ouvre davantage à d’autres styles, notamment le blues. Des artistes comme Otis Spann, Professor Longhair ou Joe Sample tournent en boucle dans mon iPod.

Vous semblez vous éloigner de l’Alter Hip Soul qui a marqué vos débuts en 2009…

A l’époque, je ne souhaitais pas être étiquetée dans telle ou telle catégorie, alors j’ai créé l’Alter Hip Soul. Un mélange alternatif de hip-hop et de soul. Depuis, ma musique a évolué et évoluera encore avec les années. Il me tarde de rencontrer la Andy Allo de 2015 !

Évoquons maintenant votre relation étroite avec Prince. Vous avez notamment fait partie de son NPG Band. Comment l’avez-vous rencontré ?

J’ai connu Prince grâce à des amis communs, qui me l’ont présenté lors d’un concert à Los Angeles. Il m’a fait monter sur scène, et la connexion s’est faite. Je crois bien que la première fois qu’il m’a vue, il m’a simplement demandé si j’étais mariée  (rires) !

Il a également produit et co-signé trois titres de Superconductor

Prince fait partie intégrante de cet album. Superconductor est né pendant l’une de nos tournées. On se retrouvait souvent après les concerts pour improviser autour de quelques accords que j’avais griffonnés le matin même. C’était naturel pour nous de jouer ensemble, et quand nous sommes arrivés en studio, la matière était déjà là. Il a réalisé la plupart des arrangements, et m’a permis de rencontrer Maceo Parker et Trombone Shorty, qui assurent la section de cuivres sur « People Pleaser » notamment. Je n’aurais pas pu faire cet album sans Prince.

Qu’avez-vous appris à ses côtés ?
Prince, c’est d’abord mon mentor. Il a une telle énergie en lui, il ne doute jamais. Il m’a appris à garder un cap, à ne jamais en dévier et à expérimenter sans cesse.

Vous avez sans doute entendu parlé de son dernier projet, 3rd Eye Girl. Un combo rock 100% féminin. Vous a-t-il proposé d’en faire-partie ?
J’aurais bien aimé mais j’étais trop occupée par la promotion de mon album. Avec 3rd Eye Girl, Je pense que les gens vont découvrir un Prince différent, plus direct. Peut-être seront-ils déroutés au début, mais de mon point de vue, son nouveau style de rockeur un peu canaille lui va comme un gant.

Revenons à vos racines, à vos influences. Vous êtes née à Bamenda, au nord-ouest du Cameroun. Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ?

Je le dois avant tout à ma famille. Ma mère est pianiste, mon père poète. Avec ma sœur, j’ai pu travailler le chant très jeune. C’est avec elle que j’ai appris à poser ma voix, à chanter en duo, et à travailler les harmonies. J’ai eu de bons gènes, on peut le dire.

La musique africaine occupe-t-elle une place importante dans votre éducation musicale ?

Absolument. En Afrique, j’ai appris la diversité, des sons, des arrangements, des rythmes, souvent très complexes. Pour l’instant, je n’ai pas réussi à exprimer toute cette richesse dans ma musique. J’attends le bon moment.

Quelle a été votre première émotion musicale au Cameroun ?

Je me souviens que chaque matin au réveil, un disque tournait sur les platines de la maison. J’ai découvert Dolly Parton, Miriam Makeba… « Pata Pata » est certainement le vinyle que j’ai le plus écouté quand je vivais au Cameroun.

Vous souvenez-vous du premier disque que vous avez acheté ?

Ma mémoire me joue des tours… Je crois qu’il s’agit d’un album des Backstreet Boys que j’ai acheté quand je suis arrivée aux Etats-Unis… C’est un peu embarrassant, je sais (rires).

Et parmi toutes ces influences, mêmes les plus embarrassantes, si vous ne deviez retenir que trois albums, ce serait…

Number 1′s de Marvin Gaye. C’est la bande-son idéale pour faire l’amour. Puis un disque de Miriam Makeba, indispensable pour moi. Enfin, je retiendrais l’album de Stan Getz & João Gilberto, Getz/Gilberto. Pour l’humeur et l’énergie.

Et la musique française dans tout ça ?

Plus jeune, j’ai eu ma période Mc Solaar, je l’avoue. J’ai beaucoup écouté Les Nubians aussi. Plus récemment, j’ai découvert Féfé, que je trouve très intéressant.

A ce propos, vous allez bientôt retrouver la France pour un concert parisien à la Maroquinerie, le 1er juillet. Impatiente ?

Excitée surtout ! La dernière fois que je suis venue à Paris, je n’ai vu que la Tour Eiffel. Un peu cliché, non ? Cette fois, je vais essayer de découvrir la ville dans ses moindres recoins cachés. Qui sait, vous pourriez peut-être me croiser après mon concert…

Propos recueillis par Mister Moon

Andy Allo Unfresh (CD Baby), Superconductor (NPG Records). En concert à Paris (La Maroquinerie) le 1er juillet.

alloevolution.com



2 Responses to Andy Allo “Prince est mon mentor”

  1. Impega says:

    je la suis depuis Unfresh et Superconductor est loin d’être un album “easy listenning” ou sans intérêt. People Pleaser, If I Was a King, Long Gone, c’est pas rien quand même. J’ai hâte d’entendre son prochain virage plus blues, si j’ai bien compris.

    Vous savez si c’est complet à la maroquinerie ?

  2. Funk-u says:

    Il reste encore des places.

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